Home / Chroniques / [Chronique] Alkpote & Butter Bullets : Ténébreuse Musique

[Chronique] Alkpote & Butter Bullets : Ténébreuse Musique

Ténébreuse Musique. L’exquise bande originale d’une journée en enfer. Avant d’aller plus loin, je tiens déjà à préciser qu’aucun animal n’a été blessé durant l’écoute de cet album (Brigitte si tu nous entends). Ensuite j’invite tout auditeur, ou même lecteur sensible, qui est arrivé ici involontairement, de fermer cet onglet et d’aller regarder un replay de Patrick Sébastien, vous verrez c’est fantastique.

Pour ceux qui sont restés, vous l’aurez compris : Ténébreuse Musique n’est pas un projet à mettre entre n’importe quelles mains, à moins de vouloir ruiner des enfances. Véritable univers musical parallèle, cet album vient captiver l’auditeur dès les premières secondes d’écoute. Avec des proses adoratrices adressées à la profession hôtelière, des tueries au piano et des grosses basses, l’introduction ferait battre le coeur de la belle Sophie Marceau elle-même. L’entrée de Sidisid sur le morceau est phénoménale, et la production de Dela vient définitivement installer l’ambiance qui nous accompagnera durant tout le projet : sombre, envoûtante, transcendante… L’aigle royal est maintenant prêt, c’est l’heure de la douche. Amoureux de jolis calibres et de transpalettes, le titre et le clip qui suivent, sont faits pour vous. Pour ceux qui ne sont pas au courant, « 32 PPK » est le nom d’une arme qui a fait fureur durant le Troisième Reich. On vous conseille tout de même de ne pas trop chantonner le refrain à la machine à café. C’est entêtant, certes, mais ce n’est pas le genre de musique qui plaît à la douce et prude Jennifer.

Un couplet dans lequel Alkpote fait rimer « Ardisson » avec « Chichons » est forcément marquant, et l’efficacité du refrain du troisième morceau est imparable. De quoi dépend la qualité du produit, selon vous ? La vérité est clairement ailleurs. La prod brutale de Dela alourdit un peu plus l’atmosphère déjà bien angoissante du titre (salope, salope). Bref, une belle lettre ouverte destinée à tous les Patrick du game. Le beat ralentit légèrement en fin de morceau pour laisser place au suivant, un peu plus léger, mais pas moins efficace. C’est maintenant clair, on a là une drôle d’équipe. Comme on dit, chacun ses goûts. En parlant de préférence, entre notre couleur préférée et notre position préférée, il me semble que nous sommes unanimes ; et ce n’est pas Caitlyn qui va nous contredire. Le morceau est court, le plus court de l’album d’ailleurs, mais le message est assez fort (tchin, tchin).

Viens ensuite le premier interlude(la) de l’album : une instrumentale profonde, venue de nulle part, qui nous glisse doucement dans les oreilles. Commençant par des notes sombres et longues, elle se termine sur des vocaux planants et des doux chants d’oiseaux. Agréable transition au tiers du projet, cet interlude aurait pu durer dix minutes supplémentaires, c’est vraiment très doux. Le calme avant la tempête comme on dit, parce qu’après cet interlude le public réclame son dû. C’est ce qui va arriver avec les premières notes du surprenant titre « No Limit » et la glaçante voix vocodée du phénomène belge Hamza, qui nous ramène rapidement à la réalité. Alk-putain-de-pote et Sidi-putain-de-Sid nous assènent quant à eux deux couplets plus que percutants. Il est encore une fois question de la fameuse bite à Patrick et d’une cuisine où des choses se mélangent, mais c’est diablement efficace.

Ça fait mal et on en redemande. Après ce titre, venu littéralement des bas fonds, on a du perdre pas mal de monde en route. Pour les autres, si vous n’êtes pas déjà morts, cela ne saurait tarder. Un autre phénomène est venu poser sa patte de loup sur Ténébreuse Musique, il s’agit de notre ami Jok’Air, membre incontournable de la MZ. Avec un couplet digne des plus belles références Gomorresques de notre ami SCH, il vient nous prouver que lui aussi maîtrise l’art de l’autotune et que les phrases malsaines à base de verges et d’inondations de cyprine n’ont pas de secret pour lui. Alyssa Milano en prend pour son grade avec Alkpote ; tandis que Sidisid s’éclipse, tel un jedi, en fin de morceau.

Place maintenant à la douceur. Après le ravage laissé par les titres précédents, on retrouve un monde en cendres, dans lequel K-Luv et Alkpote nous avouent ne plus réussir à jouir dans ce monde immonde (pute). Une douce mélancolie s’empare alors de nos amis, tandis que le fourbe Sidisid nous assène une contrepèterie des plus magnifique en début de couplet, à base de choix dans la date. Rien de plus beau. Viens l’heure du second interlude(la), qui n’arrive que quatre morceaux après le précédent, mais qui nous laisse le temps de faire une pause nécessaire avant d’accueillir le seigneur de la méga-puterie. Je n’ai pas compté exactement le nombre de fois où les jolis mots « pute » ou « salope » sont prononcés dans ce titre, mais ça frôle le syndrome de La Tourette ; même Columbo n’arriverait pas à tout compter. Si avec tout ça elle n’a toujours pas compris qu’il faut sucer, c’est qu’elle est sourde.

Jeune rappeur (et lecteur attentif de cet article), si tu découvres le Wu-Tang Clan seulement cette année… c’est embarrassant. Mais ce n’est pas grave tu sais, ça se soigne. Tu peux même consulter Sidisid. Bon samaritain comme il est, il te précise que son cabinet est ouvert même à heure tardive. C’est l’occasion ou jamais de te rattraper, de te refaire une santé et de percer avec ton premier EP (enfin). Il serait temps à 25 ans. Mais bon, c’est ton année on te dit… Après, si jamais tu es en panne d’inspiration, tu peux toujours écouter le titre suivant. Il y a une bonne doses de rimes atroces qui marqueront n’importe quel auditeur. Inspire-toi ! Après avoir maté ta femme sur Instagram et envoyé de la béchamel sur des grosses mamelles pendant plus de six minutes, Alkpote et Sidisid reviennent sur l’île de l’incantation pour clôturer le projet en beauté. Un morceau parfait pour rentrer en transe sur la piste de danse. Sully Sefil si tu nous entend, pas besoin de cotillons, juste de putes sympathiques, sarcastiques et shamaniques (exact, exact).

Voilà en résumé l’histoire de la Ténébreuse Musique de France. Certes, ce n’est pas à la portée de n’importe quel auditeur, mais si l’on prend le temps de plonger dans cet univers profond et malsain, on découvre un projet solide et plus que cohérent. Entrecoupé d’interludes magnifiques de Dela, chaque morceau trouve sa place, et les featurings de qualité collent parfaitement à l’esprit du disque. Si vous faîtes partie des quelques 400 fidèles qui ont participé au projet de financement de l’album, vous avez en votre possession un disque unique. Pour les autres, vous aurez sûrement l’occasion de vous le procurer en digital. Pour finir, si vous voulez approfondir votre écoute et découvrir l’univers visuel qui accompagne le projet, je vous invite à regarder le court-métrage profond de Ténébreuse Musique, ci-dessous. Quant à moi, je retourne trouver un job, je crois que je vais perdre ma place avec cet article… Pute. Bisous.

About Guillaume Simonin

N°1 de Genius France / Fondateur et CEO du site We Love Nancy / Chroniqueur pour Le Rap en France / Chroniqueur pour The Chemistry Magazine / Social Media Manager

Check Also

hyacouv

[Chronique] Hyacinthe – Sarah

Dans le rap, il y a les gros bonnets et les petites frappes, les éternels …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.