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[Chronique] Sopico nous ouvre son coeur – Ëpisode 1

Les yeux rivés sur son avenir, un pied dans le passé, la tête ancrée dans le présent, c’est entre les aiguilles du temps et les synapses de son cerveau que Sopico nous fait voyager dans ce nouvel ep. Parcours à travers les récits de son enfance, les peines et joies de l’âge adulte et les ambitions qu’il construit chaque jour.

Couleur

Mûr, construit, cohérent, c’est un très bel EP de trois titres, Ëpisode 1,  que Sopico nous a livré ce Vendredi 24 novembre. Quelques subtiles indices disséminés sur la toile laissaient prédire l’arrivée d’une potentielle nouveauté, mais on ne s’attendait pas à un projet de cette couleur, quelques jours après nous avoir présenté le sombre et numérique Same Shit. Teintes bleutées, mauves, rose pale et beiges, c’est le visuel qu’a choisi So’ pour mettre en image chaque morceau, attitrées respectivement à Étrange enfant, Garance et La nuit. Un choix qui nous annonce la bipolarité du morceau Garance à travers ses deux couleurs , symbolisant les deux parties complémentaires du track, et permettant de délivrer une dimension visuelle aux morceaux, renforçant l’ambiance construite autour de ceux-ci.

Dans cet EP, tout est question d’ambiance, de couleur, de dégradé : plus de 15 minutes de musique nous immergent dans l’atmosphère qu’a confectionnée l’artiste, oscillant entre percussions vives et lentes mélodies acoustiques, samples aux échos mélancoliques et chants aériens, tristes émotions et vives passions. Les trois morceaux se complètent, et lorsque qu’Étrange enfant fait un complet bilan du présent à travers les moments marquants de son enfance, il démontre aussi grande technique sur une prod très travaillée aux allures trap, cuisinée par So’ lui-même. Contrastant avec le dernier morceau du projet, La Nuit est en rupture avec le premier track, comme complétant les différentes facettes de la musicalité de Sopico avec les airs nostalgiques de sa guitare, un refrain justement chanté et ses couplets d’exception, traduisant le potentiel sans limites de son écriture. Garance, quant à lui, est un morceau hybride, jonglant sur deux instrumentales différentes pour deux ambiances scindées par un long et nuageux refrain, faisant le pas entre basses puissantes et guitare résonnante. L’EP nous montre donc une vraie direction artistique qui structure le projet du début à la fin, lui donne une vraie identité reflétant un échantillon de l’univers musical de Sopico, aussi créatif derrière un micro que les touches d’un mpc.

Tous d’accord, on se déteste
J’ai vu l’temps d’un soupir les courants se défaire
Dis « je t’aime » comme on dit « merci »
Automatisme est roi, j’ai pris divers cibles

Emotions

Totalement introspectif, c’est avec cette façon si spéciale de chanter que Sopico nous partage ses peines, joies, désillusions, tristesses, rancoeur et amours, le tout sur ses propres instrumentales, renforçant d’autant plus le sentiment de sincérité de l’artiste. Car So’ chante pour lui, pour ses démons, ses proches, mais aussi pour les autres, en nous partageant son amour pour la musique et ses multiples visages, dont le sien est un reflet de ses pensées. Quand il cogite sur sa feuille, la qualité transparaît et ses écrits sont vrais : son quotidien nous est raconté au travers de chaque morceau, tant bien par le train de vie que mène l’artiste que les émotions qui se croisent dans son coeur. Son quartier est le théâtre de ses journées, son cerveau le script de ses ressentis, et nous les spectateurs de ses passions.

Seul sur la terre sale, l’ami y’a personne
Envie d’se laver de tout, comment faire ça ?
J’vois les plus tristes s’cacher quand mon père chiale
Dernier sourire se roule dans mon pers’

 

Si vous avez aimé cette chronique, n’hésitez pas à la partager sur les réseaux et à aller suivre, écouter ou ré-écouter les morceaux et le mini-ep de Sopico, Ëpisode 1, disponible sur toutes les plateformes de streaming et en téléchargement légal en cliquant ici

About Tim Levaché

Chaque jour mes tympans avalent des kilos de lyrics et de tapes pour le bien de mon cerveau.

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