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[Interview] 2-zer : « Quand tu es tout seul, tu vas plus vite mais en équipe tu vas plus loin. »

Vous avez pas mal de fans, comment tu gères ça ?
En fait, je n’ai pas trop conscience de ça. Je me vois toujours comme le 2Zer d’il y a trois ans. Je me ballade, on parle à tout le monde. Dès que les gens m’arrêtent pour me dire qu’ils kiffent, on discute un peu. Je prends les choses. Je me dis que si les gens m’écoutent, c’est qu’ils comprennent ce que je dis. Donc forcément, on va s’entendre. On n’est pas des amis mais on est ensemble.

Tu penses qu’il faut de l’ouverture pour être artiste ?
Si tu es artiste et que tu n’es pas ouvert à ton public, c’est hypocrite. Ça veut dire quoi ? Que ton public est là juste pour entretenir ta musique ? C’est mauvais. Moi si j’ai un public, je veux que ce soit des gens qui me comprennent. Quelqu’un qui est là avec la mode, il ne va pas comprendre. Il s’en fout de ta vie, il n’a aucun feeling avec ta musique. Je n’aime pas ça.

Tu dis que le hip hop est à la mode dans un de tes textes. Ça te dérange ?
Oui, je dis « Depuis que le rap est à la mode, elles veulent toutes un bébé métisse ». Ce n’est pas une critique mais un constat. Je me dis que si tu n’es pas attiré par le rap de base, ce n’est pas une trahison mais c’est un mouvement. Ces gens-là ne vont pas faire long feu. Ils vont écouter du rap pendant deux ans et après ils vont nous lâcher. Moi, si j’ai un public, je veux que ce soit sur le long terme. Je veux évoluer en fonction de mon public, qu’il évolue avec moi et qu’il continue à aimer ce que je fais, même dans dix ans. Je ne veux pas de quelqu’un qui veut ça parce que ça passe à la radio, parce que tout le monde aime en ce moment et qu’il m’oublie dans deux ans. Ce n’est pas ce que je recherche.

Comment penses-tu avoir évolué ?
Ce qu’on a vécu dans notre parcours nous a formé direct. C’est à dire que toutes les galères sont arrivées d’un coup. On a voulu la jouer indépendant jusqu’au bout et on en a payé les frais. Ça a été comme une sorte de formation. C’est à dire que maintenant, on a beaucoup plus d’expérience mais on reste les mêmes. On a vraiment un pied dans le milieu rap et ça nous a appris le sens des affaires, de la négociation. Il ne faut jamais lâcher même s’il y a des difficultés. Il faut vraiment se battre pour ses idées. Avec le S-Crew, on a eu plein de galères. On avait signé avec un label qui nous a vraiment causé des soucis. Il nous avait vendu du rêve au début, il nous avait dit « Nous on travaille en famille, on est toujours indépendant, on ne va jamais vous imposer nos choix ». Au final, on s’est rendu compte que ce n’était que du blabla et que ces personnes voulaient nous imposer leur vision sans nous laisser faire notre musique donc on a coupé court avec eux. Maintenant ça s’est réglé et on est bien. On a réussi à signer un contrat de licence avec Polydor, ce qui nous permet de rester indépendant, de faire notre musique sans avoir à s’occuper de la distribution, de la promotion. On s’est battu et la persévérance paye toujours.

C’est une sacrée victoire d’avoir signé chez Polydor, non ?
On a gravi les échelons petit à petit et comme Nekfeu avait quelques relations grâce à son expérience avec 1995, il connaissait des personnes à qui il a fait écouter nos sons et ils ont aimé. Là aussi, on s’est battu pour le contrat, la négociation a été dure, mais on a réussi à garder notre indépendance. 1995 et S-Crew, c’est la même école, on a évolué ensemble. On a toujours été ensemble.

Entre Métamorphose et Seine Zoo, que s’est-il passé ?
Des métamorphoses ! En fait, Métamorphose, ce sont des sons qu’on avait décidé de garder. Seine Zoo c’est l’évolution de Métamorphose. On a recommencé Seine Zoo plusieurs fois suite à nos galères. Ça s’est étalé sur trois ans. On a eu des sons qu’on a recommencés, qu’on a refaits. Il y a des nouvelles versions des sons, des instrus, qui sont différentes de ce qui a été fait il y a trois ans. La structure c’était déjà ça. On a été en perpétuelle évolution, parce que dans le rap, on évolue toujours. Tu vois ce qu’il se passe autour de toi et tu t’adaptes. À la base, les sons de Métamorphose, c’est ce qui devait sortir en album, mais qui n’a pas vu le jour. On a décidé de les mettre gratuitement parce que les gens attendaient et on s’est reconcentré sur les sons que l’on pensait être meilleurs. On s’est dit que l’on allait les retravailler, les refaire et les sortir en album. On voulait que l’album du S-Crew soit vraiment bien. On a vraiment pris le temps de travailler dessus. On a refait des sons avec de la nouvelle inspiration, des nouvelles techniques d’écriture, notre évolution. On a pris notre temps pour la promotion, pour élargir notre public, que plein de gens nous découvrent. On a tout fait pour que l’album soit bien accueilli par le public.

Pourquoi Seine Zoo ?
On se disait à la base que Paris c’était comme un zoo. C’est plein d’origines et de cultures différentes. C’est très cosmopolite, c’est unique. Par exemple, au Brésil, que la personne soit noire, blanche ou jaune, elle est brésilienne. Mais à Paris, chacun a son origine, sa culture, sa mentalité. C’est comme si pleins d’animaux naviguaient ensemble avec la Seine pour fleuve. Seine Zoo c’est un jeu de mots entre la Seine et les petites dragées Dragon Ball Z, qui s’appelle aussi les senzu. Ils te donnent la force. On a tout lié, tout mis ensemble : nos influences, notre parcours.

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