Home / Interviews / [Interview] 2-zer : « Quand tu es tout seul, tu vas plus vite mais en équipe tu vas plus loin. »
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[Interview] 2-zer : « Quand tu es tout seul, tu vas plus vite mais en équipe tu vas plus loin. »

Quelle est votre mécanique de travail ?
On a la chance d’avoir DJ Elite qui nous accueille au studio. On peut se poser et développer ce qu’on fait. C’est ce dont on a toujours rêvé : avoir notre studio où on peut rester des semaines ensemble, où on peut créer. Ça nous permet de rester et d’écrire ensemble. Parfois, un mec va mettre plus de temps à écrire son couplet parce qu’il n’aura pas l’inspiration sur le moment. Là, avec L’Entourage, c’est pareil pour l’album. On s’est mis un coup de boost. On s’est dit qu’on allait prendre deux semaines. On a eu une proposition d’un tourneur qui nous a proposé de nous payer deux semaines une villa en Ardèche et en échange, on fait des concerts gratuits. On s’est dit que c’était l’occasion. Comme on est beaucoup dans L’Entourage, c’est difficile de se réunir. L’Ardèche était l’occasion de concrétiser ça. C’est ce qu’on a fait, et franchement, ça nous a vraiment inspiré. DJ Elite a ramené tout son matos de studio puisque c’est lui qui nous a enregistrés. Tout le monde avait des nouvelles inspirations, des nouvelles techniques, tout le monde a évolué de son côté. Ça a donné une nouvelle vague et c’est très différent de ce qu’on faisait avant. Là, il reste quelques trucs à faire. On avait tous écrits ensemble là bas, mais tout le monde n’avait pas forcément fini ses trucs, donc là, dès que quelqu’un a fini, il va en studio poser et c’est réglé. On ne sait pas trop quand il va sortir parce qu’on ne veut pas trop que les projets se croisent. Il y aussi la promo à faire, on ne peut pas sortir un album comme ça. Il faut qu’on ait de la matière à proposer aux fans.

Vous semblez savoir parfaitement utiliser les réseaux sociaux …
C’est notre force. C’est pendant l’époque des open-mics qu’on s’est formé. On n’était pas du tout connu. À chaque fois que l’un d’entre nous sortait un son, tous les potes de tout le monde partageaient le son. Ça élargissait l’impact. On continue encore et au final, ça a marché tout seul. Ça a porté ses fruits.

Par exemple sur Seine Zoo, vous avez fait un teasing incroyable, c’était travaillé ?
Oui, ça a été vachement taffé. C’est à dire que Nekfeu a vraiment développé un sens de la communication. Il sait parler avec les gens, développer des idées. Il l’a appris avec 1995 et tout seul. Il a tout fait carré. On a eu de la chance. On a mis tous les paramètres de notre côté.

Ça a crée une vraie attente autour de cet album.
Même il y a deux mois, on n’était pas aussi attendu que ça. Ça s’est vachement développé. Reporter la sortie, au début, on voyait ça comme un truc mauvais, on ne savait pas comment les gens allaient réagir. Pour nous, le 17 juin, c’était la date de Seine Zoo. Au final, on a eu une galère de production de CD, il n’a pas pu être pressé à temps. Ça a décalé. Au lieu de voir ça comme quelque chose de mauvais, on s’est dit que ça nous ferait deux mois de plus pour travailler notre promo, élargir notre public et faire en sorte qu’il soit bien reçu.

Qu’est ce qui te plait dans le rap ?
Quand je sens que le mec qui a fait ce son et écrit les paroles est passionné.

Et à l’inverse, qu’est que tu n’aimes pas ?
Les gens qui montrent un intérêt négatif, qui cherchent à profiter, qui s’improvisent rappeur ou ceux qui font des sons imposés par les maisons de disques. On le sent quand quelqu’un n’a pas fait vraiment ce qu’il aime et que c’est le directeur artistique qui a donné les conseils. Pour moi, c’est la passion qui parle avant tout.

On en a parlé, mais en quoi c’est important d’être entouré ?
Il y a plein de gens qui nous entourent. S’ils partagent notre passion et que l’on développe un feeling, tout le monde peut être avec nous. On va essayer de montrer notre musique, de monter ensemble, de médiatiser le rap. C’est comme si on avait plein d’âme sœur dans le monde. (Il rit) je vais peut-être un peu loin. Mais on a eu des vies différentes, des parcours différents et on se rejoint autour du rap et de la passion.

Avec qui tu préfères rapper ?
Franchement, le S-Crew parce que c’est vraiment un truc que l’on a en commun. On est influencé par les mêmes choses, on a à peu près le même style de vie, on a eu la même éducation. J’aime bien le délire de Georgio aussi, c’est quelqu’un avec qui je m’entends bien. De toute façon, ça se voit avec qui je préfère poser. Il y aussi Phénomène Bizness, des mecs de Vitry qui m’ont impressionnés. Ils font du bon son avec des bonnes influences. Ils ont leurs propres timbres de voix, c’est ça aussi qui est important dans le rap, si tu n’as pas ça, tu ne vas pas aller loin. Les gens qui font du rap que l’on n’aime pas, ils font toujours les mêmes sons. Toutes les personnes avec qui je traine, c’est des gens avec qui je vais aimer faire du son. On va créer des situations ensemble, on va se battre dans la rue ensemble, on va serrer des filles ensemble, fumer des spliffs ensemble, ça développe des thèmes, des trucs à dire. Même avec Yassi Yass (présent lors de l’interview et dans le freestyle Grunt de Georgio). Je l’ai invité sur un son qui s’appelle Mleh, une expression que l’on avait en commun. On a essayé de la démocratiser sur Twitter, mais à la base, ça vient vraiment de nous. C’est vraiment un délire, comme le son Mac Cain que l’on a fait avec le S-Crew.

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