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[Interview] Walter : « J’essaie de rebondir sur des rimes que l’auditeur n’attend pas. »

Le choix te revenait ?
Sur ce projet, oui. C’est moi qui ai proposé les instrus.

22H-6H fonctionne sur le même principe ?
C’est un petit peu différent. J’ai rencontré Lomepal par le biais de Fixpen Sill. On faisait pas mal de sessions freestyle avec lui. J’avais un peu de matos, et un soir on s’est mis dans le délire. Peu importe le jour, on se réunissait le soir. Le vendredi soir souvent, on appelait des gars, on avait une playlist d’instrus entre Lumi, Goomar, Dooze. On choisissait une prod’, on écrivait et on enregistrait. Dans la nuit, le morceau était fait. C’est plus spontané, c’est sur l’instant. Un des morceaux le plus emblématique c’est Fait Maison. Pour le coup, Lo est arrivé avec sa MPC, ses platines et il a fait l’instru sur le moment. On a écrit et on l’a enregistré. Donc là, tout le morceau a été fait sur l’instant. On avait déjà la plupart des instrus mais ça n’a pas joué sur le concept, c’était juste différent. On a fait Laisse Faire avec Kéroué sur le même principe. C’était un autre jour, et Lo était aussi venu avec ses platines. Ce sont les deux plus emblématiques, pas forcément au niveau de l’ambiance, mais au niveau du délire.

Au final, tu en penses quoi de ses deux projets ?
Petits Meurtres est pour moi un bon pas en avant, une motivation pour la suite. Ça m’a vraiment donné envie de continuer à faire des projets et à rassembler des gens. 22h-6h aussi, c’est une visée à long terme. Après il faut voir ce qui est réalisable et ce qui ne l’est pas. Je me vois bien faire 22h-6h, 6h-14h, 14h-22h.  Mais c’est une idée à long terme.

Et Ol’Kameez dans tout ça ?
C’est une façon de travailler qui est plus introspective. L’effectif est resserré. Là, on se lâche plus dans nos délires. C’est un rap différent. C’est un peu délicat à expliquer. Ol’Kameez, c’est plus acerbe dans le contenu. Parfois, je me dis que c’est trop blasé. Mais en même temps, il y a de l’humour. C’est du second degré et c’est assez perché. Franchement, au niveau des thèmes, on s’en fout parfois. On n’a pas de thématique vraiment définie, on n’est pas dans une précision, dans une perfection. C’est assez spontané dans ce que l’on peut dire. On laisse notre inconscient s’exprimer. On va sortir un volume 1.5 et un volume 2. Après, on ne sait pas. Skyle, c’est mon gars sûr, un vrai tueur. On avait vraiment envie de se lancer dans un projet à deux volumes. Finalement, on va faire un petit intermède entre les deux. Lui aussi, il a beaucoup à faire tout seul, niveau personnage et univers. Mais je pense qu’il va préparer des trucs et qu’il a sérieusement de quoi se défendre. Skyle a sorti une mixtape d’ailleurs, Le Fou du Roi.

Et donc en solo, tu développeras tes propres thèmes, des univers différents ?
Oui. Je vais peut-être essayer de trouver quelque chose de plus franc. Je n’ai pas sorti beaucoup de morceaux solos cette année. Là, c’est en train de porter ses fruits. Je prends du recul sur ce que je fais. Ça fait du bien de travailler seul pour creuser son univers. Tu peaufines la façon dont tu construis un morceau, le refrain.

Comment tu qualifies ton rap, aussi bien dans le flow que dans l’écriture ?
Parfois j’abuse trop sur mon timbre. Pendant très longtemps, le délire de la multi-syllabe était étranger pour moi, je ne le prenais pas vraiment en compte dans l’écriture. Je m’en foutais, c’était assez spontané, je cherchais des rimes assez simples. Je n’allais pas au-dessus d’une syllabe. Et là, je me rends compte de la rigueur d’écriture, de ce qui se fait, du coup, j’essaie d’associer. Parfois, mes textes sont un peu trop denses, j’ai beaucoup de rimes et ça sème la confusion. Parfois, je vais essayer de faire plein de retour de rimes un peu partout. C’est, à la fois, précis et recherché, et je trouve le rendu trop cru. Mais en même temps, j’essaie de rebondir sur des rimes que l’auditeur n’attend pas forcément. C’est un peu dur à définir, mon rap. Personnellement, je n’y arrive pas. Je n’arrive pas trop à situer mon rap. Pourquoi ça parle à quelqu’un ? Pourquoi mon texte va toucher telle personne ? Pourquoi cette phase-là précisément ? Aucune idée.

Quels sont tes thèmes de prédilection ?
L’humour noir. Mais je n’ai pas envie de m’enfermer dans un type de thème, dans un type de délire. Je pense que je peux être assez hétéroclite. On va dire que, selon les groupes que j’ai, je peux avoir des thèmes plus légers ou plus pesants. Avec Ol’Kameez, on peut arriver avec des sujets un peu plus torturés, plus acerbes. Il faut exagérer, je trouve. J’aime bien les délires bizarres qui nécessitent plusieurs écoutes et qu’il y ait vraiment un tout musical entre l’instru et la voix du rappeur.

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One comment

  1. Yo! Il y a une petite erreur dans le 3ème paragraphe page 4 :

    « Je voyais qu’il y avait eu des concerts de PBM (…) » alors que c’est BPM.

    Merci pour l’article, une itw de plus de 30 lignes c’est plus si courant, surtout dans le rap !

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