Home / Interviews / [Interview] Walter : « J’essaie de rebondir sur des rimes que l’auditeur n’attend pas. »
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[Interview] Walter : « J’essaie de rebondir sur des rimes que l’auditeur n’attend pas. »

Qu’est ce qui t’inspire ?
J’aime bien parler de l’égo. C’est fou le nombre de fois où on va dire « je ». Il y a des moments où tu ne calcules pas, tu écris et tu te rends compte que tu as déjà utilisé six fois le mot « je » alors que tu n’as quasiment rien gratté. Tu te dis « mais c’est quoi le truc, je ne parle que de moi, c’est quoi le problème ? ». Je me suis rendu compte que le rappeur avait sûrement cette capacité d’analyse. Il écrit ce qu’il voit, il y glisse un message, des sensations etc… C’est comme si on était chacun un sujet d’expérience, tu te mets en scène. Un rappeur, ça peut être très égocentrique. C’est une généralité, je ne connais pas tous les rappeurs. Mais il y a beaucoup d’égo dans le rap c’est sûr. Il faut trouver un compromis entre ton égo et ce que tu as envie de partager avec les gens. Ce que l’auditeur va entendre lui parlera directement à lui, même si tu parles de toi. Le morceau est une passerelle. Il y a une bonne part d’inconscient dans ce que j’écris. Parfois je réalise après ce que j’ai vraiment voulu dire. Tu essaies de construire ton texte et après tu as un rendu général. Il y a des mecs qui savent très bien où ils vont. Ils écrivent direct. Il y a plusieurs types d’écriture. Parfois, tu ne peux pas tout capter.

Comment tu as commencé le rap ?
J’ai commencé tôt à écrire, au collège. J’aimais bien lire, je n’ai pas été un mordu pour autant. À la base, j’aimais aussi dessiner, ce que j’ai complètement lâché après. Mais depuis mes 6 ans, j’ai toujours écouté beaucoup de rap, bien que je sois passé par plein catégories de musique en même temps. C’est vraiment le phénomène musical qui m’a le plus touché et qui collait à notre époque. Comment retranscrire ce que tu vois à la télé, dans la rue, avec tes amis ? Le rap, c’est vraiment le truc qui me plaisait le plus au niveau de l’aspect sonore et dans ma volonté de reproduction. L’écriture est venue naturellement.

Comment ça se fait que tu écoutais du rap dès six ans ?
Mes parents m’avaient fait écouter les premiers albums de NTM, d’IAM, Assassin, MC Solaar. Mon grand frère écoutait aussi du rap, pleins de trucs, les Fugees, The Roots… J’ai beaucoup suivi ce qui s’est fait dans les années 90. J’ai vraiment été bercé dans le rap.  Quand j’ai eu envie de m’exprimer, c’est le rap qui est apparu comme une des passions les plus fortes, avec le cinéma. J’ai grandi dans un univers où l’Histoire et l’art ont des places vraiment importantes et enrichissantes pour l’épanouissement. La peinture, le cinéma, la littérature, la musique etc. sont très présents. J’ai longtemps acheté des CD par exemple, je kiffe le concept de l’objet. J’aime beaucoup la démarche des DJ, des diggers, qui vont chercher des vinyles dans les bacs Avant qu’Internet arrive et que le téléchargement soit facile, j’étais encore dans cette idée d’aller chercher ce qu’il se faisait, des découvertes. Je ne crache pas sur le net vu la quantité de perles que tu peux trouver grâce à ça. Ce qui est important, c’est la culture, l’éducation, la curiosité.

Tu parles beaucoup de culture, quelles sont tes références ?
Au niveau musical, je suis très ancré dans le rap même si je ne suis vraiment pas fermé. J’aime beaucoup le rock, l’univers punk m’a vraiment intéressé à un moment. J’aime bien la scène underground de la fin des années 80 au début des années 90. Toute cette partie-là, où il y avait des courants où le rap et le rock étaient assez proches au niveau des scènes. D’un côté, tu as les Beruriers Noirs, les Garçons Bouchers. Après tu as NTM, Assassin, tous ces crews. Ce n’est pas la même musique  mais ces scènes alternatives qui se développent, c’est un truc qui m’a vite fasciné.

Tu parlais aussi de cinéma et de peinture.
Oui, Kubrick, Hitchcock, Les frères Coen… La peinture, j’aime bien mais je trouve ça chiant. La scène graff m’interpelle beaucoup. Il y a un DVD qui est pas mal foutu qui s’appelle Writers qui montre un peu les courants, les crews, qui se sont formés en Europe. Tu vois vraiment la scène graff, jusqu’où les mecs sont allés. J’ai voulu faire du graffiti, j’ai commencé à tagguer, j’ai vu un peu le truc mais j’ai vite arrêté.

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One comment

  1. Yo! Il y a une petite erreur dans le 3ème paragraphe page 4 :

    « Je voyais qu’il y avait eu des concerts de PBM (…) » alors que c’est BPM.

    Merci pour l’article, une itw de plus de 30 lignes c’est plus si courant, surtout dans le rap !

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