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	<description>Les Cahiers Du Rap Français.</description>
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		<title>Anton Serra &#8211; Frandjos.</title>
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		<pubDate>Wed, 22 May 2013 15:15:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Abder</dc:creator>
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		<category><![CDATA[anton serra]]></category>
		<category><![CDATA[chronique]]></category>
		<category><![CDATA[frandjos]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Premiers souvenirs floutés, éclaircis par quelques diapos, une collection de sourires figés sur un paquet de photos&#160;&#187;. Jaquette en noir et blanc, illustrée des clichés des proches d&#8217;Anton Serra, on ouvre la boîte de Frandjos comme si le Mc de L&#8217;Animalerie nous faisait découvrir son propre album photos. Car c&#8217;est au travers de douze titres (et deux remix) que le rappeur lyonnais nous propose de découvrir sa vie, parfois teintée de mélancolie, mais souvent embellie par l&#8217;amitié. Celle-ci occupe d&#8217;ailleurs une place prépondérante dans cet opus, tant les différents titres de l&#8217;album semblent comporter à chaque fois un clin d&#8217;œil, une dédicace, ou une révérence. Le seul morceau clippé en est d&#8217;ailleurs le meilleur exemple. Sur un beat pourtant énergique, presque dansant, produit par Bonetrips (qui a longtemps sévi au côté des Gourmets, autre crew Lyonnais) Anton fait honneur à Karim Dib, dit Zaïro, proche décédé en 2011 et graffeur lui aussi. A la manière de l&#8217;hommage magnifique rendu par Rocé à Dj Mehdi dans Magic, Anton Serra opte ici pour la subtilité puisqu&#8217;il nous narre à travers sa passion pour le graffiti, ses moments partagés avec son ami défunt, prenant ainsi à contre-pied l&#8217;auditeur, qui s&#8217;attendait sûrement à une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/image226.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2260" title="image226" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/image226.jpg" alt="" width="700" height="631" /></a></p>
<p><strong><em>&laquo;&nbsp;Premiers souvenirs floutés, éclaircis par quelques diapos, une collection de sourires figés sur un paquet de photos&nbsp;&raquo;.</em></strong></p>
<p>Jaquette en noir et blanc, illustrée des clichés des proches d&#8217;<strong>Anton Serra</strong>, on ouvre la boîte de <strong>Frandjos</strong> comme si le Mc de <strong>L&#8217;Animalerie</strong> nous faisait découvrir son propre album photos. Car c&#8217;est au travers de douze titres (et deux remix) que le rappeur lyonnais nous propose de découvrir sa vie, parfois teintée de mélancolie, mais souvent embellie par l&#8217;amitié.</p>
<p>Celle-ci occupe d&#8217;ailleurs une place prépondérante dans cet opus, tant les différents titres de l&#8217;album semblent comporter à chaque fois un clin d&#8217;œil, une dédicace, ou une révérence. Le seul morceau clippé en est d&#8217;ailleurs le meilleur exemple. Sur un beat pourtant énergique, presque dansant, produit par <strong>Bonetrips</strong> (qui a longtemps sévi au côté des <strong>Gourmets</strong>, autre crew Lyonnais) <strong>Anton</strong> fait honneur à <strong>Karim Dib</strong>, dit <strong>Zaïro</strong>, proche décédé en 2011 et graffeur lui aussi.</p>
<p>A la manière de l&#8217;hommage magnifique rendu par<strong> Rocé</strong> à <strong>Dj Mehdi</strong> dans <strong><span style="text-decoration: underline;">Magic</span></strong>, <strong>Anton Serra</strong> opte ici pour la subtilité puisqu&#8217;il nous narre à travers sa passion pour le graffiti, ses moments partagés avec son ami défunt, prenant ainsi à contre-pied l&#8217;auditeur, qui s&#8217;attendait sûrement à une instru agrémentée de violons.</p>
<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/anto1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2269" title="anto1" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/anto1.jpg" alt="" width="1920" height="860" /></a></p>
<p>Ce contraste, entre énergie et tristesse, est d&#8217;ailleurs entretenu durant tout l&#8217;album. Le phrasé dynamique et ardent de <strong>Serra</strong> se conjuguant souvent avec mélancolie et regrets. Tantôt blasé dans <strong><span style="text-decoration: underline;">Toujours Le Même Thème</span></strong> sur les attitudes policières ; tantôt morose dans <strong><span style="text-decoration: underline;">Sans Toi</span></strong></p>
<p>(<strong><em>J&#8217;porte ma souffrance comme le moustique transporte le palu</em></strong>), morceau peut-être le plus intime de <strong>Frandjos</strong>; souvent désabusé comme en témoigne le morceau <strong><span style="text-decoration: underline;">Navigator</span></strong> (<strong><em>J&#8217;m'amuse sur cette croisière, j&#8217;m'efforce de garder le sourire/ de triste moussaillons se demandent pourquoi son rafiot chavire/ pas de sauvetage sans bouée le moral a mis les voiles/ insensible, blasé d&#8217;s'assoupir sous mille étoiles</em></strong>).</p>
<p>Nous interpellant même de manière provocatrice sur l&#8217;amour dans <strong><span style="text-decoration: underline;">Aimer tue</span></strong> <strong><em>(Hein, aimer tue? Je te pose la question</em></strong>), sentiment sur lequel il ne semble avoir que peu d&#8217;illusions, <strong>Anton Serra</strong> ne paraît accorder de crédit qu&#8217;à sa famille et, bien sûr, à l&#8217;amitié. Pourtant celle-ci semble elle aussi en proie à la méfiance en toute fin d&#8217;album dans l&#8217;excellent morceau <strong><span style="text-decoration: underline;">La Carte De L&#8217;Ignorance</span></strong> (&laquo;&nbsp;<strong><em>J&#8217;ai plus confiance en l&#8217;amitié les potes sont aussi putes/ Y&#8217;a qu&#8217;une lettre de différence, et pour un différend tu pourrais crever sous leur nez ils seront indifférents&nbsp;&raquo;</em></strong>). A la fin de <strong>Frandjos</strong>, on sent <strong>Serra</strong> déçu, mais réaliste. Réaliste sur le monde qui l&#8217;entoure (<strong><em>la vie est bien plus belle quand elle est romancée</em></strong>), mais surtout sur lui-même (<strong><em>j&#8217;ai fait l&#8217;effort pour être ainsi comme un espèce de tremplin/ pour ma vie j&#8217;garde le sourire et la carapace de Franklin</em></strong>&laquo;&nbsp;).</p>
<p><iframe width="659" height="371" src="http://www.youtube.com/embed/hcZPivl1_c0?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>L&#8217;auditeur quant à lui, est loin, très loin d&#8217;être déçu à la sortie de ce diaporama. La technique d<strong>&#8216;Anton Serra</strong> est toujours impeccable, mais surtout son écriture s&#8217;est encore enrichie depuis <strong>Sale Gones</strong>, son premier album. On ne saurait que trop vous conseiller d&#8217;écouter attentivement les métaphores filées de <strong><span style="text-decoration: underline;">Navigator</span></strong> et <strong><span style="text-decoration: underline;">Aimer tue</span></strong> pour voir à quel point le <strong><em>vandale</em></strong> n&#8217;a pas à rougir devant son pote <strong><em>poète</em></strong> – <strong>Lucio Bukowski</strong> -  tant chaque phase est réfléchie et travaillée. Ce dernier accompagne d&#8217;ailleurs<strong> Anton Serra</strong> sur le morceau <strong><span style="text-decoration: underline;">Not Ville</span></strong>, visite guidée  (rappelant fortement le morceau <strong><span style="text-decoration: underline;">Ma Ville</span></strong> de<strong> Psykick Lyrikah</strong>),  retranscrivant parfaitement l&#8217;ambiance de la capitale des Gaules. Quelques morceaux plus légers viennent bien évidemment ponctuer l&#8217;album, notamment le déroutant <strong><span style="text-decoration: underline;">Why Not Groove</span></strong> aux sonorités reggae qui ne feront pas l&#8217;unanimité, et le désormais habituel morceau <strong><span style="text-decoration: underline;">J&#8217;Voulais Pas</span></strong> faisant écho à <strong><span style="text-decoration: underline;">J&#8217;Voulais</span></strong> du premier opus, et à <strong><span style="text-decoration: underline;">J&#8217;Voudrais (Pas)</span></strong> du récent<strong> Antoster Lapwasserra</strong>.</p>
<p>Au niveau des prods, outre <strong>Bonetrips</strong>, on retrouve notamment <strong>Tcheep</strong> son autre acolyte des <strong>Gourmets</strong>, et naturellement l&#8217;inépuisable duo <strong>Oster Lapwass</strong> – <strong>Dj Fly</strong>. En ce qui concerne les featurings, on est ravi de retrouver <strong>Dico</strong> et <strong>Petit Nadir</strong> pour ce qui reste sûrement l&#8217;un des meilleurs morceaux de l&#8217;album (<strong><span style="text-decoration: underline;">La Carte De L&#8217;Ignorance</span></strong>), l&#8217;habitué <strong>Enapoinka</strong>, et surtout <strong>Missak</strong> qui nous livre un très bon couplet sur le titre <strong><span style="text-decoration: underline;">Hé oui</span></strong>, et dont l&#8217;Ep <strong>L&#8217;Adultère Est Un Jeu D&#8217;Enfant</strong> se fait toujours attendre.</p>
<p>Plus intime que son prédecesseur, <strong>Frandjos</strong> dévoile l&#8217;artiste lyonnais sous un autre aspect. Sans jamais tomber dans un pessimisme stérile, <strong>Anton Serra</strong> nous conte une partie de sa vie, et de sa construction à travers les gens qui l&#8217;entourent. Certes les thèmes abordés ne sont pas révolutionnaires, mais l&#8217;habilité du Mc et l&#8217;efficacité des prods font que l&#8217;auditeur se retrouve lui aussi dans cette introspection. Et pour ceux qui ne souhaiteraient pas se poser sur le canapé avec une bière devant le retroprojecteur d&#8217;<strong>Anton Serra</strong>, on vous conseille vivement de choper <strong>Antoster Lapwasserra</strong>, maxi sorti le même jour que l&#8217;album, et tout aussi rafraîchissant.</p>
<p><strong>Abder</strong></p>
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		<title>Entretien avec Georgio : &#171;&#160;Je puise mon inspiration dans tout ce que je vois.&#160;&#187;</title>
		<link>http://lerapenfrance.fr/2013/05/21/entretien-avec-georgio/</link>
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		<pubDate>Tue, 21 May 2013 16:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mandarine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Georgio]]></category>

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		<description><![CDATA[Georgio est un jeune rappeur du 18e. À tout juste 20 ans, ce MC a déjà imposé ces textes justement écrits et son énergie dans deux EP et sort cette semaine sa nouvelle tape Soleil d’Hiver en collaboration avec Hologram Lo’. Sa plume incisive raconte sa vie avec simplicité et poésie, parce qu’il l’aime ce Saleté de Rap. Et nous aussi. Qui es-tu ? Georgio : Je suis Georges, le fils de mes parents, d’origine guadeloupéenne. J’ai vingt ans. Je rappe et j’habite dans le 18e arrondissement de Paris. Comment es-tu arrivé au rap ? Georgio : Je suis arrivé au rap parce que depuis tout petit, c’était un peu la musique à la mode. J’ai toujours plus ou moins écouté du rap. À partir de là, j’ai eu très vite envie d’écrire pour moi-même faire du rap. Quel est l’élément qui t’a, justement, donné l’envie d’écrire ? Georgio : Personne en particulier, et surtout pas les cours. C’est le rap qui m’a donné envie d’écrire. C’est le fait d’écrire des morceaux, la musique, tout simplement. Comment définirais-tu ton style ? Georgio : C’est du rap très introverti, sur ma vie. C’est à partir de là que les autres peuvent s’identifier. Quand j’écris, il peut y avoir un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/Georgio1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2251" title="Georgio1" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/Georgio1.jpg" alt="" width="1920" height="1080" /></a></p>
<p><strong>Georgio est un jeune rappeur du 18<sup>e</sup>. À tout juste 20 ans, ce MC a déjà imposé ces textes justement écrits et son énergie dans deux EP et sort cette semaine sa nouvelle tape Soleil d’Hiver en collaboration avec Hologram Lo’. Sa plume incisive raconte sa vie avec simplicité et poésie, parce qu’il l’aime ce <span style="text-decoration: underline;">Saleté de Rap</span>. Et nous aussi. </strong></p>
<p><strong>Qui es-tu ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Je suis <strong>Georges</strong>, le fils de mes parents, d’origine guadeloupéenne. J’ai vingt ans. Je rappe et j’habite dans le 18<sup>e</sup> arrondissement de Paris.</p>
<p><strong>Comment es-tu arrivé au rap ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Je suis arrivé au rap parce que depuis tout petit, c’était un peu la musique à la mode. J’ai toujours plus ou moins écouté du rap. À partir de là, j’ai eu très vite envie d’écrire pour moi-même faire du rap.</p>
<p><strong>Quel est l’élément qui t’a, justement, donné l’envie d’écrire ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Personne en particulier, et surtout pas les cours. C’est le rap qui m’a donné envie d’écrire. C’est le fait d’écrire des morceaux, la musique, tout simplement.</p>
<p><strong>Comment définirais-tu ton style ?</strong><br />
<strong>Georgio :</strong> C’est du rap très introverti, sur ma vie. C’est à partir de là que les autres peuvent s’identifier. Quand j’écris, il peut y avoir un côté très égoïste, à raconter ma vie, mes problèmes, ma vision des choses, mais au final, il y a du monde qui arrive à se retrouver là-dedans. C’est pour ça que ça marche un minimum. Mon univers, c’est celui d’un jeune mec de Paris Nord,  qui vit dans son quartier. Je ne suis pas le plus gros trafiquant de crack de <strong>Marx Dormoy</strong>, ni la plus grosse baltringue du 16<sup>e</sup>. C’est le monde d’un mec qui mène sa petite vie avec ses aléas.</p>
<p><strong>Quelle est ta technique, ta mécanique d’écriture ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Je fais tourner une prod’ en boucle, ou plusieurs quand il y en a une qui ne m’inspire plus. J’écris en roue libre le plus possible. Après, je structure les couplets, je reviens. Je retourne sur d’autres textes que j’ai écrit avant, je récupère des mesures à droite à gauche. Pour un morceau, généralement, j’aime bien écrire sur les prods que je kicke. Parfois, j’ai des petites mesures qui me viennent, je les écris sur mon téléphone. Je les note quand je rentre chez moi. Il y a en qui ressortent dans des textes parce que je les ai encore dans la tête. Quand je n’ai plus vraiment d’inspiration, je fouille un peu partout et je retrouve ces petites notes. C’est là que la partie puzzle rentre en compte dans mon écriture.</p>
<p><strong>Est-ce que tu puises ton inspiration principalement dans ta vie, dans ton quartier ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Je puise mon inspiration dans tout ce que je vois, ce que je vis. Je lis beaucoup, et la lecture m’aide à réfléchir, à percevoir les choses différemment. Du coup, ça va m’aider à écrire. Je m’inspire de tout. Je suis un peu une éponge. Dès que je sors, je regarde.</p>
<p><strong>Quel genre de livre lis-tu ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Ça dépend. Des romans. J’aime beaucoup <strong>Romain Gary</strong> comme auteur. Il a écrit <strong><em>La vie devant soi</em></strong> (ndlr : écrit sous le pseudonyme <strong>Émile Ajar</strong>) et <strong><em>Chien blanc</em></strong>. C’est le dernier livre que j’ai lu d’ailleurs. J’aime beaucoup la philosophie aussi. Je lis <strong>Épictète</strong>, <strong>Marc Aurèle</strong>, <strong><em>Pensées pour moi-même</em></strong>.</p>
<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/cover.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2252" title="cover" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/cover.jpg" alt="" width="450" height="450" /></a></p>
<p><strong>Tu as arrêté l’école jeune, est-ce que tu penses que tu compenses cette éducation en la faisant par toi-même ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Ça m’aide à compenser. Avec ça, mon cerveau travaille toujours, mais c’est par plaisir. Je ne me dis pas du tout qu’il faut que je compense. Comme j’ai pas mal de temps libre, je l’occupe et du coup, je ne m’ennuie jamais.</p>
<p><strong>Qui sont tes modèles ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Mes premiers modèles sont mes parents. Je pense qu’on se calque sur ses parents au départ, sur son éducation. Après, dans le rap, mes plus grosses influences sont <strong>Hugo TSR </strong>et <strong>Lino </strong>d’<strong>Ärsenik</strong>.</p>
<p><strong>Après <em>Une Nuit Blanche pour des Idées Noires</em> et <em>Mon Prisme</em>, qu’attends-tu de <em>Soleil d’Hiver</em> ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> J’attends, comme pour chaque projet, de monter une marche, d’avoir le plus de visibilité possible. De plaire le plus possible aussi. J’aimerai aussi faire plus de concerts.</p>
<p><strong>Tu restes encore un peu méconnu, est-ce que tu penses que ce projet va jouer ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Clairement. Du coup, avec ce projet, je commence à atteindre des sites auquel je n’avais pas accès. Comme Booska-P par exemple, avec qui j’ai fait un freestyle qui va sortir bientôt. D’autres médias du rap commencent à s’intéresser un peu à moi, je commence à être un peu partout. On me joue dans la nocturne sur Sky depuis <strong><span style="text-decoration: underline;">Mon Prisme</span></strong>. À chaque fois, on monte des étapes et je deviens de plus en plus connu.</p>
<p><strong>Est-ce que la suite logique est un album ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Oui, c’est la suite, mais ça prendra le temps. Il y aura peut-être d’autres EP, une mixtape entre-temps, mais c’est sûr que c’est dans les prochains projets.</p>
<p><strong>Tu as attendu un an avant Soleil d’Hiver, qu’as-tu fait entre-temps ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> J’ai fait ce projet. J’ai mené ma petite vie, j’ai un peu travaillé, beaucoup lu, passer du temps avec mes potes.</p>
<p><strong>Que retiens-tu aujourd’hui de ton parcours dans le rap ? Des erreurs, des réussites ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Je suis un humain ! Je fais des erreurs. Quelques erreurs, mais qui sont humaines, donc aucun regret. Chaque jour, je monte une nouvelle marche, petit à petit. Je les construis, je me construis. Il n’y a aucun morceau que je n’assume plus aujourd’hui.</p>
<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/georgio-hologram-lo-soleil-dhiver.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2253" title="georgio-hologram-lo-soleil-dhiver" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/georgio-hologram-lo-soleil-dhiver.jpg" alt="" width="960" height="960" /></a></p>
<p><strong>Tes titres sont très sombres, pourquoi ? C’est là-dessus que tu préfères écrire ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Je suis assez sombre dans mes pensées, même si ça ne se voit pas. La vie n’est pas tout le temps rose.  En fait, j’écris par rapport à des états d’âme, des moments. Mon écriture vient souvent de la colère, de la rage que je transforme positivement dans l’écriture. Par exemple, mon freestyle Daymolition qui est sorti il y a quelques jours, je l’ai écrit parce que j’ai eu des galères d’électricité pendant trois jours.  Il n’y avait rien à faire, le soir je ne pouvais pas écrire et la journée je ne pouvais pas bouger. Ça part d’un sentiment de haine, d’énervement et je le transforme. C’est ce que je fais beaucoup. Ce n’est pas tout le temps sombre, c’est aussi des choses plus impersonnelles. Elles sont peut-être plus importantes que certains autres trucs. Je fais des soirées avec mes potes, mais est-ce c’est pour autant que je vais faire un morceau sur tous mes samedis soirs ? Pas forcément. Ce n’est pas assez intéressant.</p>
<p><strong>Comment choisis-tu tes prods ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Généralement, je contacte les beatmakers avec qui j’ai envie de travailler parce que j’ai entendu des prods sur d’autres projets ou parce que j’aime ce qu’ils m’ont envoyé. On parle de ce dont j’ai envie, le style etc. ou je leur demande simplement d’envoyer des trucs qu’ils ont. Je trie par rapport à mes préférences.</p>
<p><strong>Quel lien entretiens-tu avec la 75<sup>e</sup> session ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Ce sont des super potes. On s’entraide, on passe énormément de temps ensemble. On a monté un studio donc j’y suis souvent. En plus, pas mal de membres sont en coloc’ à Saint-Denis, donc on est souvent posés là-bas. C’est une grande bande de potes, tous plus ou moins artistes.</p>
<p><strong>D’où vient la nécessité pour un MC Solo de se rattacher à un collectif ? Est-ce que c’est trop difficile d’y arriver seul ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Non, je ne pense pas que ce soit ça. C’est totalement différent. Moi je rappe solo. Mes deux premiers projets sont en solo. Là, c’est plus un collectif d’aide pour le studio, la pochette, les clips. Il y a des photographes, donc d’un côté, je vais l’aider parce que je vais lui donner du travail, un peu de visibilité, et lui il va m’aider parce qu’il va me permettre d’avoir un beau graphisme pour le projet. Et pareil, via les clips etc. Ce n’est pas obligé, mais au final, quand je les ai connu, je me suis retrouvé à un moment de ma vie où on était souvent ensemble parce qu’on était potes. En plus, on se servait dans le rap, donc ça s’est fait tout seul, je suis rentré dans le collectif. <strong>Rooster</strong>, par exemple, quand il a fait les scratchs sur <strong><span style="text-decoration: underline;">L’Homme de l’Ombre</span></strong>, il n’était pas encore vraiment de la <strong>75<sup>e</sup> session</strong>. À force de faire des scratchs pour aider à gauche à droite, il roule avec moi pour les concerts, et au final, il en fait partie aujourd’hui.</p>
<p><strong>Et quels sont tes rapports avec le milieu ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Je ne suis dans aucune guerre. Je n’aime pas tous les rappeurs, ça serait mentir de le dire. C’est un milieu un peu hypocrite. Je suis dans le rap, mais pas tellement dans le rap game. Je fais ma musique et le reste, à côté, je ne calcule pas trop. Si tu me vois en feat avec un mec, c’est que j’apprécie ce qu’il fait et aussi humainement. Les autres, ils font leur truc. Après, il y a des gens que j’écoute qui ne se doutent peut-être pas que je les écoute et vice versa. D’autres ne m’intéressent pas.</p>
<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/Georgio2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2254" title="Georgio2" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/Georgio2.jpg" alt="" width="1920" height="1080" /></a></p>
<p><strong>Tu penses pouvoir vivre du rap bientôt ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Survivre du rap, pourquoi pas. Vivre bien, je ne sais pas. C’est super aléatoire, un peu compliqué de prédire ça. Je vais me donner les moyens pour que mon truc marche le plus possible. Si je peux en vivre, c’est super. Sinon, je continuerai.</p>
<p><strong>Un plan B au cas où ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Oui. Depuis le départ, je n’ai jamais voulu miser ma vie sur le rap, parce que comme je dis, c’est trop aléatoire. Ce n’est même plus le talent qui compte, il y a trop d’autres choses qui rentrent en jeu. Je ne peux même pas te dire <strong><em>j’ai un restaurant, je vais être cuisinier</em></strong>. Je suis un peu comme un chat, quoi que je fasse, je retombe toujours sur mes pattes. Ça peut paraître super prétentieux. Tu vois, j’ai arrêté les cours, mais je savais que même sans les cours, j’allais réussir à faire quelque chose. Le rap, ça marche bien. Quoi que je fasse, je n’ai pas peur de l’avenir.</p>
<p><strong>Quelles sont les difficultés pour se faire connaître quand on est indépendant ?</strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Je crois que tout le monde les connaît. Les majors ne signent plus d’artistes pour les faire monter et les faire devenir des icônes. Si tu es indépendant, tu fais ton buzz, et dès que tu marches, ils viennent à toi. Je matraque Internet de freestyle, de clips, de sons, de projets. Il faut donner beaucoup de temps, il faut être patient. Et avoir de l’argent aussi, pour payer les studios. J’ai la chance d’être bien entouré pour ça, au niveau des prods, des mixs, des clips. Je ne paye quasiment à rien, on s’arrange à coup de service. Tout le monde n’a pas ma chance</p>
<p><strong>Serais-tu prêt à signer chez une major ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Tout dépend le contrat, mais si on ne bafoue pas ma musique et qu’on ne change pas mon image ni mes principes, je suis ouvert. Je trouve que c’est de la connerie de rester fermé. Mais s’il faut changer ma musique, ça ne m’intéresse pas. J’ai la chance depuis le départ de me dire que je n’ai pas besoin de faire de la musique pour vivre, je vais me débrouiller autrement. À partir de là, tu peux faire vraiment la musique que tu aimes. Je ne suis pas en train de me dire : <strong><em>Là, il me faut de l’argent, il faut que je fasse un tube donc on va mettre une petite meuf blonde qui va faire un refrain</em></strong> et au final, ça ne me plaît pas du tout. J’ai cette liberté artistique, et si une major ne me l’enlève pas, et au contraire, m’aide à promouvoir cette liberté, je suis totalement ouvert.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qu’on pourrait te souhaiter aujourd’hui ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> On pourrait me souhaiter d’avoir le meilleur succès d’estime possible, que le plus de personnes découvre ma musique, l’aime et achète mon EP avec <strong>Lo’</strong> <strong>Soleil d’Hiver</strong>.</p>
<p><strong>Qu’est ce qui tourne dans ton Ipod ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> En ce moment, ce qui tourne le plus c’est <strong>Ali Farka Touré</strong>, un musicien Malien si je ne me trompe pas, décédé il y a quelques années maintenant, super musicien africain et j’adore ce style. Il n’y a pas longtemps, j’étais à Angers et j’ai passé une heure et demi de train à écouter un album, ça m’a reposé. Sinon, la mixtape de <strong>Kaaris</strong>, <strong>Z.E.R.O.</strong> qui tourne beaucoup. C’est un peu du rap Entertainment, mais ça me plait beaucoup. Et <strong>Lino</strong> aussi, l’album <strong>Radio Bitume</strong>.</p>
<p><strong>Enfin, qu’est-ce que tu penses du rap français et est-ce que tu es fier d’en faire partie ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Je suis fier de cette musique, sinon je n’en ferais pas, tout simplement. Je suis fier d’en faire. C’est un rap qui a bien évolué, qui a des trucs superbes et des trucs un peu moins bons, il faut trier. De toute façon, il y a plein d’artistes et il y a moyen d’écouter du super bon rap. Après ce sont les goûts et les couleurs. C’est un mouvement qui évolue bien avec le temps, surtout ses derniers temps.</p>
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		<title>Entretien avec Pumpkin (2/2) : &#171;&#160;Homme ou femme, l&#8217;essentiel est d&#8217;être bon.&#160;&#187;</title>
		<link>http://lerapenfrance.fr/2013/05/16/entretien-avec-pumpkin-22/</link>
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		<pubDate>Thu, 16 May 2013 15:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Pumpkin]]></category>

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		<description><![CDATA[La première partie cette interview est à lire ici. Pour poursuivre nos investigations dans le rap féminin, nous avons décidé d&#8217;aller à la rencontre de Pumpkin. Ses textes laissaient présager d&#8217;un propos intéressant et d&#8217;une discussion enrichissante. C&#8217;est dans une pièce toute blanche que l&#8217;entretien a été réalisé, en toute simplicité. Plongée dans l&#8217;univers orange de la rappeuse. Qu’attends-tu de ce projet-là ? En fait, ça a été un investissement énorme, à tous les points de vue. Tu te prends à ton propre jeu. Tu commences par faire tes morceaux, mais, après, il faut les sortir, les défendre, les distribuer. Ça se met en marche donc tout implique une exigence. Donc, comme tous les artistes, j’en attends un peu de reconnaissance de mes congénères, déjà, et, ensuite, bien sûr, de me faire connaître un peu. Tu es donc prête à défendre ton projet ? Oui, ça y est ! Je me suis décoincé le fion (rires) et puis on y va ! Mais, tu vois, au début, ce projet je ne voulais que le sortir en vinyle. Puis, des personnes nous ont conseillé d’aller plus loin, en CD. Ça implique plein de choses, mais on l’a fait. Je me suis retrouvée au chômage au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/Pumpkin-par-Ben-Lorph-copie-web_2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2199" title="Pumpkin par Ben Lorph copie web_2" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/Pumpkin-par-Ben-Lorph-copie-web_2.jpg" alt="" width="1181" height="786" /></a></p>
<p><a href="http://lerapenfrance.fr/2013/04/29/entretien-avec-pumpkin-12-silence-radio-cest-une-prise-de-confiance/">La première partie cette interview est à lire ici.</a><a href="http://lerapenfrance.fr/2013/04/29/entretien-avec-pumpkin-12-silence-radio-cest-une-prise-de-confiance/"></a></p>
<p><strong>Pour poursuivre nos investigations dans le rap féminin, nous avons décidé d&#8217;aller à la rencontre de Pumpkin.  Ses textes laissaient présager d&#8217;un propos intéressant et d&#8217;une  discussion enrichissante. C&#8217;est dans une pièce toute blanche que  l&#8217;entretien a été réalisé, en toute simplicité. Plongée dans l&#8217;univers  orange de la rappeuse.</strong></p>
<p><strong>Qu’attends-tu de ce projet-là ?</strong><br />
En fait, ça a été un investissement énorme, à tous les points de vue. Tu te prends à ton propre jeu. Tu commences par faire tes morceaux, mais, après, il faut les sortir, les défendre, les distribuer. Ça se met en marche donc tout implique une exigence. Donc, comme tous les artistes, j’en attends un peu de reconnaissance de mes congénères, déjà, et, ensuite, bien sûr, de me faire connaître un peu.</p>
<p><strong>Tu es donc prête à défendre ton projet ?</strong><br />
Oui, ça y est ! Je me suis décoincé le fion (rires) et puis on y va ! Mais, tu vois, au début, ce projet je ne voulais que le sortir en vinyle. Puis, des personnes nous ont conseillé d’aller plus loin, en CD. Ça implique plein de choses, mais on l’a fait. Je me suis retrouvée au chômage au mois de juin. J’ai interprété ça comme un signe du Destin. J’ai vu une lumière blanche (rires). Du coup, je me suis dit que si ce n’était pas maintenant, ça ne le serait pas dans quarante piges.</p>
<p><strong>Du coup, tu as eu des entretiens avec la presse ?</strong><br />
En fait, on a commencé tout seuls, parce qu’on avait très peu de budget. Tu sais, on a tendance à se focaliser sur ce qu’on n’a pas et pas forcément à creuser ce que l’on a. Du coup, on était à fond dedans, mais on s’est rendu compte qu’on avait vite épuisé notre réseau. Et puis, des fois, ça plaît, mais il faut être <em>validé</em>, en quelque sorte. C’est compliqué alors que parfois tu peux avoir un coup de cœur sur une personne qui fonce tête baissée. Tu peux aussi en avoir qui attendent les réactions des autres, et c’est super lourd. Par contre, on a eu de très bons retours de la part de plein de gens. Après, il y a eu plein de gens du milieu de la musique, que j’aime bien, que j’admire, qui sont venus me féliciter. <strong>Grems</strong>, par exemple, que je ne connaissais ni d’Eve, ni d’Adam, qui m’a contacté sur Facebook. <strong>Sly Johnson</strong>, aussi. Il y en a d’autres, et ce n’est quand même pas énorme, mais c’est gratifiant. Même si ce n’est pas quelque chose que j’attends, nécessairement.</p>
<p><strong>Penses-tu que le fait d’être une femme te pénalise dans le rap français ?</strong><br />
Je pense que c’est tout à fait l’inverse. Ça ne m’a jamais créé de problèmes, et ça m’a même toujours apporté du positif. Parce que ça éveille la curiosité, tout simplement. En plus, souvent, on me dit : <strong><em>Je n’aime pas le rap, mais j’aime bien ce que tu fais.</em></strong> Et, souvent, ça vient du fait que je sois une femme, donc les gens sont curieux et ont envie d’écouter. Homme ou femme, l&#8217;essentiel est d&#8217;être bon et d&#8217;avoir des trucs à dire.</p>
<p><strong>Ça change des clichés.</strong><br />
Exactement. Tu vois, on me pose souvent cette question. J’y répondais la dernière fois que c’est parce qu’on me pose cette question que j’analyse et que je fais l’effort d’y penser. Sinon, ça n’est vraiment pas quelque chose auquel je pense. J’ai toujours été à l’aise à être entouré de mecs – parce que c’est vrai qu’il y a beaucoup d’hommes, c’est sûr.</p>
<p><strong>Je te pose cette question parce qu’on a vraiment une image de misogynie dans le rap français et dans l’opinion publique.</strong><br />
Je ne me suis jamais retrouvée dans ces mouvances-là. Là où j’ai grandi et vécu, je n’ai jamais eu ces rapports-là  avec les gens autour de moi qui faisaient du rap. J’ai eu cette chance de me retrouver avec des gens qui ne sont pas cons mais je sais très bien que ça existe.</p>
<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/Pumpkin-cover-Silence-Radio.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2200" title="Pumpkin cover Silence Radio" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/Pumpkin-cover-Silence-Radio.jpg" alt="" width="1653" height="1474" /></a></p>
<p><strong>Après, est-ce que ça a un rapport avec le rap français ou la société en général ?</strong><br />
Moi, je pense que c’est avec la société en général. Si je m’entoure des gens que je côtoie, c’est qu’il y a un minimum de respect. Ce qui se passait, par contre, c’est que quand j’étais avec mon copain, les gens s’adressaient à lui. Quand on parlait de musique, ou de mon projet, il est souvent arrivé qu’il y ait une espèce de malaise. Comme si, du fait que ce soit un homme, et qu’il soit avec moi, on sous-entendrait qu’il faille passer par lui.</p>
<p><strong>Est-ce que tu connais Pand’Or ?</strong><br />
Oui, mais alors pas hyper bien ou même personnellement.</p>
<p><strong>On la ramène constamment à son apparence.</strong><br />
C’est vrai ? Dans quel sens, tu veux dire ?</p>
<p><strong>On la critiquait du fait qu’elle ressemble à un mec, qu’elle ne soit pas féminine du tout, et elle se défend en disant que si elle avait été ultra féminine, on dirait qu’elle n’était qu’une salope qui avait réussi comme ça.</strong><br />
C’est toujours très délicat. Moi, ce qui me plaît, chez les gens, c’est qu’ils soient eux. Ce qui m’embêterait, c’est que <strong>Pand’Or</strong>, ou autre, adopte un style par rapport aux critiques des autres. Quand tu vois <strong>Casey</strong>, est-ce que tu crois qu’on l’emmerde parce qu’elle a l’air d’un bonhomme ? Elle est comme elle est. Elle est authentique, elle fait les choses comme elle en a envie. C’est ça, l’important. Le truc, c’est que quand on voit des meufs qui s’habillent comme des biatches, c’est aussi une posture. Donc si <strong>Pand’Or</strong> est authentique et naturelle, c’est ça qui est important. Et je pense qu’elle doit continuer à faire ce qu’elle veut comme elle veut, même si je n’ai aucune leçon à donner à personne.</p>
<p><strong>Pour changer de sujet, j’ai noté une évolution dans ton flow : il est beaucoup plus incisif. Est-ce que c’est voulu ? Est-ce que c’est travaillé ?</strong><br />
Bien sûr, mais c’est à cause des blocages. Ce manque de confiance en moi que j’avais, il se traduisait dans ma musique. Quand tu es à l’aise, tu es capable de t’exprimer derrière un micro, tu t’amuses. Tu n’as pas forcément peur ou honte. Tu essayes des choses, et, à force d’essayer, tu trouves un juste milieu. Par contre, je suis dans la perpétuelle recherche de l’évolution. Je pense que je m’en approche, parce que je commence vraiment à prendre du plaisir, mais, ceci dit, j’ai encore du chemin à faire. Et puis, je pense qu’on s’emmerde aussi si on n’est pas dans cette démarche-là.</p>
<p><strong>On ressent beaucoup l’influence de Mc Solaar dans tes textes. Est-ce que c’est voulu ou, au contraire, est-ce que c’est plus inconscient ?</strong><br />
Pour le coup, c’est vraiment inconscient. Je n’analyse pas du tout cela, je ne calcule vraiment pas du tout.</p>
<p><iframe width="659" height="371" src="http://www.youtube.com/embed/eLoTYkoIwH8?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong>As-tu d’autres influences dans le rap français ?</strong><br />
Le mot <strong><em>influence</em></strong> est toujours assez délicat, parce que je pense qu’on a beaucoup d’influences qui sont inconscientes. J’ai des influences artistiques et non-artistiques. C’est-à-dire que, par exemple, <strong>Hocus Pocus</strong> ou le label <strong>On And On</strong> représentent des influences dans la manière de gérer des projets. Ce sont des gens que j’admire, que j’observe, et je pense que beaucoup de gens auraient intérêt à s’inspirer de leurs manières de faire. Après, je ne parle pas du tout d’artistique. Il y a un truc vraiment intéressant en France, c’est cette manière de faire très pro, très carrée, qui me plaît beaucoup. Par contre, dans mes influences artistiques françaises, sincèrement… Tu penses à des choses, toi, quand tu m’écoutes ?</p>
<p><strong>Après Solaar, j’ai noté que ça faisait très années 90’.</strong><br />
Oui, il y a <strong>Melaaz</strong>, que je mets dans la même case, parce que c’était vraiment ma première influence. Je la regardais beaucoup parce que je pensais qu’elle avait une attitude qui était chouette.</p>
<p><strong>Quels artistes admires-tu ?</strong><br />
<strong>Grems</strong>, par exemple. Je l’aime bien dans sa manière de voir les choses. C’est trop rare, les mecs comme ça, en France. Il s’en fout. Il est totalement décomplexé, à l’anglaise. Il y va, c’est tout, et je trouve ça super rafraîchissant. J’avais beaucoup de mal avec sa musique, au départ. Je suis plus dans la valve de son album <strong><em>Algèbre 2.0.</em></strong>, qui est sorti l’année dernière. Il collabore avec plein de monde, à droite, à gauche. Il est différent, il va où on ne l’attend pas. Il dit toujours que la musique, c’est son hobby, qu’il s’amuse, parce qu’il a un métier à côté. Donc, dès le départ, il ne se met pas cette pression de la réussite. Ça enlève ce poids que vachement de gars se mettent. La plupart des gens qui font de la musique sont indés, et, malgré nous, on arrive à s’enfermer dans des schémas qui sont imposés par des gens qu’on critique et que l’on n’aime pas. Il y a très peu de gens qui osent ou qui, finalement, sont capables – peut-être – de sortir de ça.</p>
<p><strong>Peut-être parce que derrière ils ont une stabilité financière qui leur permet de faire ces choses-là.</strong><br />
Ça n’est pas tellement au niveau de la thune, mais dans la manière de faire les projets. De les penser. De les défendre. Il y a plein de choses à faire. Et puis c’est cool de s’exporter, d’aller voir ailleurs, de voyager, juste histoire de voir comment on gère les projets à l’étranger. Quand le <strong>Saïan</strong> a débarqué au <strong>Chili</strong> en 1999, <strong>ça</strong> a été la meilleure évolution. Je suis allé les voir en concert dans une ferme au fin fond de la Bretagne, dans une salle à <strong>Barcelone</strong>, avec des foules de dingues. D’ailleurs, sur certains concerts on est accompagné par l’ingé-son qui a tourné au <strong>Chili</strong> avec eux. En fait, j’ai l’impression qu’on se restreint à beaucoup de chose alors qu’il y a vraiment des possibilités.</p>
<p><strong>A l’heure actuelle, on se pose la question de savoir si notre musique marcherait ailleurs alors qu’on devrait foncer.</strong><br />
On m’a proposé, via un projet, de tourner avec des MC féminines. On me l’a proposé, mais on m’a dit clairement que ce serait juste sur les dates francophones, parce que je suis francophone. Ils se sont dit que ça ne marcherait pas ou que ça les empêcherait de booker le show.</p>
<p><strong>Avec des rappeuses d’autres nationalités ?</strong><br />
Anglophones, en tout cas. Je trouve que c’est un peu con. On me présente souvent comme un problème, en fait, alors que je voudrais transformer ça en un atout. C’est pour ça que nous, français, sommes complexés : on part déjà perdants. Il y a tellement d’exemples qui prouvent le contraire. Et puis le Français, avec un F majuscule, ça vend. On vend des baguettes dans le monde entier, <strong>Gainsbourg</strong>, <strong>Mylène Farmer</strong>…</p>
<p><strong>C’est une piste, pour toi, les concerts à l’étranger ?</strong><br />
Oui, il y a <strong>Berlin</strong>, en mai. <strong>Barcelone</strong>, à la fin de l’année, aussi. On vient tout juste de faire Londres. La difficulté, c’est que, pour l’instant, on n’a pas de tourneur, donc c’est un peu compliqué. Mais il est clair, que, dès le départ, on regardait international, bien sûr sans renier la <strong>France</strong>.</p>
<p><strong>Entretien réalisé par Stéphane Fortems.</strong></p>
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		<title>Grands classiques : Opéra Puccino.</title>
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		<pubDate>Wed, 15 May 2013 16:00:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Simon aka Micropalo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Grands Classiques]]></category>
		<category><![CDATA[Opera Puccino]]></category>
		<category><![CDATA[Oxmo]]></category>

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		<description><![CDATA[Oxmo Puccino n’a pas attendu son premier album pour faire parler de lui et montrer toute l’étendue  de son talent. Il a déjà une place de choix au sein de l’écurie Time Bomb, venant se mêler à l’école prometteuse du rap français (Booba, X-Men , Ali…) et à de nombreux freestyles d’anthologie. Deux  collaborations marquent les esprits : le morceau Pucc Fiction avec le jeune premier Booba sur la  compilation L432 et le morceau Mama Lova sur la compilation Sad Hill de Kheops, le DJ d’IAM. Le rappeur du 19ème arrondissement de Paris se paye le luxe de naviguer entre l’underground de la  capitale et la planète Mars, son flow et sa plume étant aussi demandés par les siens que dans le sud. Alors que les talents commencent à quitter le nid du collectif et après une signature Chez Virgin, Oxmo Puccino prend son envol pour sa première aventure discographique en solo. La pochette Le charismatique Puccino apparaît de profil, son regard perdu dans le vide. Pourtant, son oeil,  toujours lucide, semble nous suivre du regard ou du moins, se doute qu’il se trame quelque chose  dans son dos. Ses émotions contradictoires, la joie et la peine, symbolisées par deux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/oxmo_puccino_opera_puccino_front.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2215" title="oxmo_puccino_opera_puccino_front" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/oxmo_puccino_opera_puccino_front.jpg" alt="" width="948" height="940" /></a></p>
<p><strong>Oxmo Puccino</strong> n’a pas attendu son premier album pour faire parler de lui et montrer toute l’étendue  de son talent. Il a déjà une place de choix au sein de l’écurie <strong>Time Bomb</strong>, venant se mêler à l’école prometteuse du rap français (<strong>Booba</strong>, <strong>X-Men</strong> , <strong>Ali</strong>…) et à de nombreux freestyles d’anthologie. Deux  collaborations marquent les esprits : le morceau <strong>Pucc Fiction</strong> avec le jeune premier <strong>Booba</strong> sur la  compilation <strong>L432</strong> et le morceau <strong>Mama Lova</strong> sur la compilation <strong>Sad Hill</strong> de <strong>Kheops</strong>, le DJ d’<strong>IAM</strong>. Le rappeur du 19ème arrondissement de <strong>Paris</strong> se paye le luxe de naviguer entre l’underground de la  capitale et la planète <strong>Mars</strong>, son flow et sa plume étant aussi demandés par les siens que dans le sud. Alors que les talents commencent à quitter le nid du collectif et après une signature Chez Virgin, <strong>Oxmo Puccino</strong> prend son envol pour sa première aventure discographique en solo.</p>
<p><strong>La pochette</strong></p>
<p>Le charismatique <strong>Puccino</strong> apparaît de profil, son regard perdu dans le vide. Pourtant, son oeil,  toujours lucide, semble nous suivre du regard ou du moins, se doute qu’il se trame quelque chose  dans son dos. Ses émotions contradictoires, la joie et la peine, symbolisées par deux masques, se  rappellent à lui dans la lumière rougeâtre d’une supposée nuit parisienne. Si la couleur des lueurs est  courante, une ombre plane sur son oeil, toujours vif.</p>
<p><strong>Le flow</strong></p>
<p><strong>Oxmo</strong>, c’est l’art de la diction, un cuisinier de la littérature qui tranche, cisaille, découpe les syllabes et les mots avec délectation. Son articulation parfaite nous fait savourer les rimes et les punchlines, douceurs à l’oreille, intenses à la compréhension. Le flow qu’il nous présente est d’une telle musicalité que le maestro pourrait se permettre de rapper acapella, le son devenant accessoire. Il va même jusqu’à s’arrêter de rapper pour mieux nous parler droit dans les yeux dans le titre <strong><span style="text-decoration: underline;">Peu de gens le savent</span></strong>.</p>
<p><strong>Les textes</strong></p>
<p>Si son album porte le nom d’<strong>Opéra Puccino</strong>, <strong>Puccino</strong>, la filmographie aurait pu lui aller à ravir au regard de l’intensité du scénario de chaque morceau comme autant de longs-métrages. Les pistes s’enchaînent et les images défilent devant nos yeux. On imagine les acteurs patibulaires, les décors urbains, les lumières sombres. Le black <strong>Jacques Brel</strong> enfile les métaphores, les oxymores et les descriptions saisissantes de réalisme comme des perles. <strong><span style="text-decoration: underline;">L’enfant seul</span></strong>, le sommet de l’album, est  une magnifique réussite, nous laissant jongler entre universalité et autobiographie.</p>
<p>L’album se clôture sur <strong><span style="text-decoration: underline;">Mourir 1000 fois</span></strong>, un testament musical mélancolique d’une noirceur  intense. Le morceau s’imprègne dans l’esprit de l’auditeur pour ne jamais repartir. Les aventures du  superhéros <strong>Jon Smoke</strong> et du <strong>Black Mafioso</strong> ne pouvaient se terminer autrement, six pieds sous terre,   entre quatre planches, à se demander si l’amour est mort par la même occasion.</p>
<p><strong>« J&#8217;ai peur de la mort, je le sais, je l&#8217;ai vue épeler mon nom appeler des amis, jamais, je les ai revus »</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p>En cette année 1998 où l’art urbain hexagonal est à son apogée, le magazine <strong>Groove</strong> (RIP) désigne <strong>Opéra Puccino</strong> comme l’album français de l’année. Une belle reconnaissance du milieu même si celle du public se fera attendre. Il lui faudra 8 ans pour décrocher une certification Disque d’or. Osons le dire, <strong>Puccino</strong> n’est pas un rappeur. Après ce premier opus, devenu un classique du rap français, il est un artiste. On sent déjà que le rap ne lui suffira pas, comme un besoin de voir plus large, plus loin, de toucher l’horizon. Un être à part entière parfois incompris, l’enfant seul, un cactus de Sibérie, un Roi sans carrosse…</p>
<p><strong><a href="http://www.mediasandco.overblog.com/">Simon aka Micropalo</a><br />
</strong></p>
<p><strong><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/Oxmo_Puccino_Opera_Puccino_back.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2216" title="Oxmo_Puccino_Opera_Puccino_back" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/Oxmo_Puccino_Opera_Puccino_back.jpg" alt="" width="1793" height="1373" /></a></strong><br />
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		<title>Sur les traces d&#8217;un petit artiste local.</title>
		<link>http://lerapenfrance.fr/2013/05/13/sur-les-traces-dun-petit-artiste-local/</link>
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		<pubDate>Mon, 13 May 2013 16:00:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jibé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sorties récentes.]]></category>
		<category><![CDATA[chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Def au mic]]></category>
		<category><![CDATA[petit artiste local]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans la masse des artistes indépendants du rap français, difficile parfois de faire le tri entre les beatmakers Fruity loops, les voix saisies au micro de karaoké d&#8217;occasion et les lyrics tellement hardcores qu&#8217;elles en perdent tout impact. Alors quand on tombe sur une pépite du genre de l&#8217;album de DEF au mic, sorti en Décembre dernier, à l’esthétique travaillée, aux paroles intelligentes et au Mcing juste et équilibré, forcément ça tourne en boucle. Débarquant du Havre, ville peinte et dépeinte par des artistes aussi divers que Claude Monet, Léo Ferré ou encore Médine, DEF revendique son identité normande en exposant les travers de cette ville, entre grisaille des murs, du ciel et de la vie et en fait l&#8217;étendard de son rap, comme un art de prolétaire ambitieux. Tout le paradoxe d&#8217;une ville neuve sans être moderne, l&#8217;album de DEF sent le boum-bap à l&#8217;ancienne, sans pour autant tomber dans l&#8217;obsession du old school. Le petit artiste local ne reste pas pour autant prostré dans sa ville ou son quartier mais sait aussi extrapoler et livre un regard incisif avec une plume qui fait mouche. Du producteur au consommateur Parce que DEF est indépendant, Havrais, prolétaire et fier de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/1233615466-1.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-2211" title="1233615466-1" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/1233615466-1.png" alt="" width="488" height="484" /></a></p>
<p>Dans la masse des artistes indépendants du rap français, difficile parfois de faire le tri entre les beatmakers Fruity loops, les voix saisies au micro de karaoké d&#8217;occasion et les lyrics tellement hardcores qu&#8217;elles en perdent tout impact. Alors quand on tombe sur une pépite du genre de l&#8217;album de <strong>DEF au mic</strong>, sorti en Décembre dernier, à l’esthétique travaillée, aux paroles intelligentes et au Mcing juste et équilibré, forcément ça tourne en boucle.</p>
<p>Débarquant du Havre, ville peinte et dépeinte par des artistes aussi divers que <strong>Claude Monet</strong>, <strong>Léo Ferré</strong> ou encore <strong>Médine</strong>, <strong>DEF</strong> revendique son identité normande en exposant les travers de cette ville, entre grisaille des murs, du ciel et de la vie et en fait l&#8217;étendard de son rap, comme un art de prolétaire ambitieux. Tout le paradoxe d&#8217;une ville neuve sans être moderne, l&#8217;album de <strong>DEF</strong> sent le boum-bap à l&#8217;ancienne, sans pour autant tomber dans l&#8217;obsession du old school. Le <strong><em>petit artiste local</em></strong> ne reste pas pour autant prostré dans sa ville ou son quartier mais sait aussi extrapoler et livre un regard incisif avec une plume qui fait mouche.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Du producteur au consommateur </span></strong></p>
<p>Parce que <strong>DEF</strong> est indépendant, Havrais, prolétaire et fier de tout ça à la fois, il expose son statut dans le titre de son album. Si l&#8217;intro pose les thèmes et les grandes lignes de la suite, la piste suivante présente l&#8217;art, voire même l&#8217;artisanat, redéfinie par l&#8217;artiste. <a href="http://defaumic.bandcamp.com/track/les-mots-mon-essence"><strong><span style="text-decoration: underline;">Les mots mon essence</span></strong></a>, le titre est évocateur et s’il « <strong><em>s&#8217;y retrouve plus dans l&#8217;argot que dans le latin</em></strong> », c&#8217;est pour mieux plier le matériau de base à sa volonté, le tout sur une boucle de piano posée par son compère <strong>Efdy</strong>, dont le rôle dépasse celui du simple assistant d&#8217;atelier. Même sur des morceaux plus personnels tels que <a href="http://defaumic.bandcamp.com/track/trois-lettres"><strong><span style="text-decoration: underline;">Trois lettres</span></strong></a> (<strong><em>ma plume me rend unique au monde</em></strong>), le beatmaker et le MC semblent en parfaite osmose, à l&#8217;image des grands binômes du rap.</p>
<p>Si les premières pistes de l&#8217;album sonnent comme une quête d&#8217;identité à travers l&#8217;art et la création, la suite explore un peu plus le personnage, son histoire et ses aspirations. <strong>DEF</strong>, citoyen de la <strong><em>dernière ville communiste du pays</em></strong> (<a href="http://defaumic.bandcamp.com/track/vague-l-me"><strong><span style="text-decoration: underline;">Vague à l&#8217;âme</span></strong></a>), refuse son destin prolétarien et tente de s&#8217;en défaire par le rap (<strong><em>sans le rap je ne s&#8217;rais qu&#8217;un autre</em></strong>, <span style="text-decoration: underline;"><strong><a href="http://defaumic.bandcamp.com/track/je-peins-des-maux">Je peins des maux</a></strong></span>) ou s&#8217;en sortir par d&#8217;autres moyens (<strong><em>en attendant c&#8217;est les barrettes et les skeuds que j&#8217;vends,</em></strong> <a href="http://defaumic.bandcamp.com/track/les-pieds-dans-la-flaque"><strong><span style="text-decoration: underline;">Les pieds dans la flaque</span></strong></a>).</p>
<p>Le succès pas vraiment au rendez-vous vire alors à la mélancolie plus fortement sur  Les cordes, performance lyricale sur le thème de l&#8217;intitulé et ses variations. Exprimant ce sentiment complexe qu&#8217;est le spleen, le MC explore les tréfonds d&#8217;un champ lexical et convoque toute la richesse et l’ambiguïté de la langue française. En réaction, l&#8217;égotrip de <a href="http://defaumic.bandcamp.com/track/z-tes-trop-marrants"><strong><span style="text-decoration: underline;">Z&#8217;étes trop marrant</span></strong></a> permet de relever la tête en se réinventant (<strong><em>dans le rap, j&#8217;suis pas le patron mais je me suis embauché</em></strong>).</p>
<p>Mais <strong>DEF</strong> ne vire pas à la mégalomanie pour autant et reste local comme peuvent l&#8217;attester les phases <strong><em>p&#8217;têtre qu&#8217;on a fumé le même shit dans une même caisse</em></strong> ou encore <strong><em>j&#8217;écris pour la populace que j&#8217;connais pas non plus</em></strong> dans <a href="http://defaumic.bandcamp.com/track/beatmaker-mc"><strong><span style="text-decoration: underline;">Beatmaker MC</span></strong></a>, ode old school méta-rapique ; citons aussi simplement le titre <a href="http://defaumic.bandcamp.com/track/accent-franchouillard"><strong><span style="text-decoration: underline;">Accent franchouillard</span></strong></a>, assumant l&#8217;héritage populaire de sa condition.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Du local au global </span></strong></p>
<p>Dans tout cela, <strong>DEF</strong> n&#8217;oublie pas de s&#8217;indigner et de nous offrir son point de vue sur le monde et ses travers toujours avec cette rage. Si on peut émettre quelques réserves sur l&#8217;anti-américanisme un peu primaire de <a href="http://defaumic.bandcamp.com/track/et-maintenant"><strong><span style="text-decoration: underline;">Et maintenant ?</span></strong></a>, les réflexions se font plus intéressantes sur par exemple <a href="http://defaumic.bandcamp.com/track/controverse"><strong><span style="text-decoration: underline;">Controverse</span></strong></a>, faisant l&#8217;analogie entre les sentiments contradictoires qui l&#8217;anime et les travers du monde qui l&#8217;entoure (<strong><em>Adorer ou haïr ce monde et ces controverses ?</em></strong>). L&#8217;artiste-artisan met en lumière les sous-entendus et ambiguïtés du discours politique et moral de référence dans nos sociétés. Le tout agrémenté d&#8217;instrus énervées, parsemées de guitares saturées et de caisses claires aux allures de fouet.</p>
<p>Il nous invite alors à la pensée individuelle libre sur <a href="http://defaumic.bandcamp.com/track/libre-arbitre"><strong><span style="text-decoration: underline;">Libre arbitre</span></strong></a>, <strong><em>un thème en béton</em></strong>. Morceau existentialiste qui pousse à nous projeter et penser qu&#8217; <strong><em>avec des si l&#8217;homme coupe des arbres et ne refait plus le monde</em></strong>.</p>
<p>Le morceau <a href="http://defaumic.bandcamp.com/track/premier-abord-feat-tiers-monde"><strong><span style="text-decoration: underline;">Premier abord</span></strong></a> enfonce le clou, clamant qu&#8217;au milieu de ce marasme, il est encore possible d&#8217;être bon si on le veut, en s&nbsp;&raquo;affranchissant des slogans imposés : <strong><em>c&#8217;est nous le futur ? Nan, mais c&#8217;est à nous de le faire</em></strong>. Comme on est plus fort ensemble, cette track est la seule à accueillir un invité, qui tombe à pic. On retrouve donc ainsi <strong>Tiers Monde</strong> (un featuring bien local lui aussi), sorti du <strong>Mont-Gaillard</strong> pour un couplet abattant préjugés et divisions à coup de haches lyricales.</p>
<p>En conclusion, il suffit d&#8217;évoquer la piste <a href="http://defaumic.bandcamp.com/track/vague-l-me"><strong><span style="text-decoration: underline;">Vague à l&#8217;âme</span></strong></a> qui condense très bien l&#8217;état d&#8217;esprit de cet album. Entre l&#8217;étau du système et la fierté d&#8217;être indépendant, <strong>DEF</strong> au mic se livre et délivre un disque aux allures artisanales mais abouti et taillé comme le diamant. Et si la drogue et l&#8217;alcool lui <strong><em>[évitent] d&#8217;éclater sa tête à coups de pourquoi ?</em></strong>, l&#8217;écriture semble un échappatoire voire un exutoire pour ce <strong><em>p&#8217;tit artiste local qui fuck la télé</em></strong> (<a href="http://defaumic.bandcamp.com/track/accent-franchouillard"><strong><span style="text-decoration: underline;">Accent franchouillard</span></strong></a>). Le rap devient ainsi le principal repère culturel et fait du Havre <strong><em>la Californie à deux heures d&#8217;Paris</em></strong>.</p>
<p><strong>Jibé</strong>.</p>
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		<title>Entretien avec Hologram Lo&#8217; : &#171;&#160;C&#8217;est par passion avant tout.&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 10 May 2013 14:11:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mandarine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Hologram Lo]]></category>

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		<description><![CDATA[Hologram Lo’ fait partie des beatmakers sur lesquels il faut miser aujourd’hui. Exigeant et modeste, le producteur attitré de 1995 est un hyperactif de la MPC. Il compose également pour d’autres projets comme sa collaboration avec Lomepal et Caballero sur le Singe Fume sa Cigarette ou sa récente actualité, son EP commun avec Georgio. Entretien. Comment t’es-tu mis au beatmaking ? Lo : Depuis longtemps avec les logiciels DJ. Quand j’étais au collège, on m’avait prêté ça. J’ai testé tranquillement la version gratuite, je ne m’y étais jamais mis réellement. Et, en 2010, j’ai acheté ma MPC d’occasion et je m’y suis mis. Donc, ça fait trois ans que je suis dedans réellement. Il n’y a pas vraiment eu de manière, je me suis mis les mains dedans à fond et voilà. Le rap a-t-il toujours été l’idée ? Lo : Oui, parce que, au final, quand tu es beatmaker, c’est plus facile d’accès. Et surtout, parce que depuis que je suis gamin, je suis un grand amateur de rap. C’est par passion avant tout. Je voulais rentrer dans ce milieu-là. Quelles sont tes inspirations ? Ton univers de prédilection ? Lo : J’écoute plein de trucs. Principalement du rap, mais j’écoute aussi beaucoup d’électro, d’Allemagne par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/tumblr_mm51m2BSfa1rqd7uco1_1280.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-2229" title="tumblr_mm51m2BSfa1rqd7uco1_1280" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/tumblr_mm51m2BSfa1rqd7uco1_1280.png" alt="" width="949" height="717" /></a></p>
<p><strong>Hologram Lo’ fait partie des beatmakers sur lesquels il faut miser aujourd’hui. Exigeant et modeste, le producteur attitré de 1995 est un hyperactif de la MPC. Il compose également pour d’autres projets comme sa collaboration avec Lomepal et Caballero sur le Singe Fume sa Cigarette ou sa récente actualité, son EP commun avec Georgio. Entretien. </strong></p>
<p><strong>Comment t’es-tu mis au beatmaking ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> Depuis longtemps avec les logiciels DJ. Quand j’étais au collège, on m’avait prêté ça. J’ai testé tranquillement la version gratuite, je ne m’y étais jamais mis réellement. Et, en 2010, j’ai acheté ma MPC d’occasion et je m’y suis mis. Donc, ça fait trois ans que je suis dedans réellement. Il n’y a pas vraiment eu de manière, je me suis mis les mains dedans à fond et voilà.</p>
<p><strong>Le rap a-t-il toujours été l’idée ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> Oui, parce que, au final, quand tu es beatmaker, c’est plus facile d’accès. Et surtout, parce que depuis que je suis gamin, je suis un grand amateur de rap. C’est par passion avant tout. Je voulais rentrer dans ce milieu-là.</p>
<p><strong>Quelles sont tes inspirations ? Ton univers de prédilection ?</strong><br />
<strong>Lo : </strong>J’écoute plein de trucs. Principalement du rap, mais j’écoute aussi beaucoup d’électro, d’Allemagne par exemple, de la scène française, du rock, de la soul. Vu que je fais du sample, je suis obligé de taper dans tous les univers, même de la musique latine … Sinon, les beatmakers qui me gifleront toujours c’est <strong>Alchemist</strong>, <strong>Marco Polo</strong>, <strong>J Dilla</strong>, <strong>Premier</strong>, <strong>Pete Rock</strong>. Beaucoup de mecs. <strong>20 Syl</strong> en France, <strong>Dj Sek</strong>.</p>
<p><strong>Comment travailles-tu d’un point de vue matériel et technique ? </strong><br />
<strong>Lo : </strong>C’est au feeling, de l’écoute. J’ai un disquaire, j’y vais une fois par semaine ou toutes les deux semaines. Dès que j’ai le temps j’y vais, je me pose pendant une heure. Je prends une pile de vinyle. Ça peut être tout et n’importe quoi. Je retiens, je note, je les achète. Et je bosse direct à la maison. Il n’y a pas vraiment de trucs. Parfois, tu as un pet de folie et tu te dis <strong><em>Non, ça, je ne vais pas le mettre là</em></strong><em> </em>et ça fait des trucs. Ce n’est pas vraiment explicable.</p>
<p><strong>Un de tes derniers coups de folie par exemple ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> Il date d’il y a une semaine et c’est un truc qui sera sur mon EP. Elle sonne électro et franchement, pour le coup, c’est de la folie.</p>
<p><iframe width="659" height="371" src="http://www.youtube.com/embed/qH0BJmIlxig?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong>Comment définirais-tu tes prods, leur sonorité ? J’ai lu le mot aquatique. </strong><br />
<strong>Lo : </strong>Je n’en ai pas. En fait, le problème, c’est que je n’excelle pas dans un truc. Je peux toucher à tout, mais je ne serai jamais une pointure dans un truc. Oui, l’univers marin me fait rire, mais c’était un peu une connerie.</p>
<p><strong>Ça fait longtemps qu’on entend parler de ton EP. Es-tu exigeant envers ce que tu fais ? Est-ce la raison pour laquelle il n’est pas encore sorti ou par manque de temps ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> C’est les deux. J’ai eu une première version de prête. Je l’avais fait écouter à plein de gens, ils me disaient que c’était cool, donc je me suis dit que j’allais le faire écouter à des professionnels de la musique. Je suis parti voir mon éditeur, qui lui écoute de la musique tous les jours. Il m’a dit que ce n’était pas assez équilibré. Ce rendez-vous m’a permis de prendre du recul là-dessus et de me rendre compte que ce n’était pas ce que je voulais. J’ai tout viré et j’ai recommencé. Là, j’arrive encore à quelque chose, j’espère que ce sera la bonne. J’espère le sortir en septembre-octobre, mais bon… Je n’en ai vraiment aucune idée.</p>
<p><strong>Est-ce que tu te vois continuer dans le rap ou t’ouvrir vers l’électro ou autres ?</strong><br />
<strong>Lo :</strong> Je veux continuer dans le rap, à fond. Mais bosser avec un groupe de pop, de rock, bosser avec un artiste électro … Le jour où ça va se présenter, il ne faudra pas s’étonner de voir Hologram Lo’ avec un groupe de pop. Le rap, ce n’est pas la seule musique que j’écoute, et donc, ce n’est pas la seule musique que je vais faire.</p>
<p><strong>Vas-tu te mettre à rapper ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> Non ! C’est simple, clair, net et précis.</p>
<p><strong>Mais tu aimes écrire ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> Oui et encore. En fait, j’ai vu des commentaires et des analyses de ce que j’avais écrit et ils m’ont dégouté. Depuis que j’ai vu ça, je n’ai plus gratté une rime. J’ai vu un site, dont je ne citerai pas le nom, qui analyse. Ça dénature tout ton truc. « <em>Ha, c’est ça que j’ai voulu dire, bon, bah autant ne pas rapper »</em>. C’était plus des commentaires aussi, sur Youtube.</p>
<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/576614_425590174200404_1537892418_n.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2230" title="576614_425590174200404_1537892418_n" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/576614_425590174200404_1537892418_n.jpg" alt="" width="960" height="960" /></a></p>
<p><strong>Te verrais-tu t’exporter à l’international ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> Vu que je fais de la musique, il n’y a pas de frontières. Tu vois des français comme <strong>Onra</strong>, qui joue à l’international. <strong>C2C</strong>, c’est le meilleur exemple actuel.</p>
<p><strong>As-tu déjà eu des contacts ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> Oui. Je suis un gros fan de <strong>Joey Bada$$</strong> et des <strong>Pro Era</strong>, un crew de <strong>Brooklyn</strong>, qui commence à bien prendre du poids. Je leur ai envoyé des trucs et ils ont tous kiffé, même le manager, et voilà, ils ne te donnent pas de nouvelles. Ils te laissent en chien. C’est un truc que je déteste, sachant que j’ai plein de potes qui rappent et qui n’attendent qu’une chose, c’est avoir des prods.</p>
<p><strong>Et donc, dans l’idéal, tu aimerais produire pour qui ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> En 2012, il y énormément d’Américains qui sont arrivés et qui ont remonté le rap. Des grosses têtes : <strong>Action Bronson</strong>, <strong>2 Chainz</strong>, les A<strong>$</strong>AP. Avec <strong>Flav</strong> à New York, on a eu la chance de rencontrer un des mecs des <strong>Asap</strong>. <strong>Danny Brown</strong> défonce. <strong>Mac Miller</strong> aussi. Il y en a plein.</p>
<p><strong>Et en France ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> Il y a des gens que j’écoute depuis leur premier truc et leur dernier album, j’écoute encore : <strong>Lino</strong>. C’est <strong>Georgio</strong> qui m’a remis dessus. J’étais un fan <strong>d’Ärsenik</strong> et il m’a poussé à réécouter. <strong>Joke</strong>, je kiffe son délire. <strong>3010</strong>. Je ne cite pas les gars de mon entourage, parce que je pourrais travailler avec eux. <strong>Nemir</strong>, je sais qu’il travaille vraiment avec ses gars. C’est cool, parce que ça lui donne vraiment un univers. Je le connais très bien, c’est un pote. Le jour où je vais prévoir un truc pour <strong>Némir</strong>, il faudra vraiment que ce soit parfait, qu’il n’y ait rien à redire, parce que c’est vraiment un mec avec qui j’ai envie de bosser.</p>
<p><strong>Combien de temps ça te prend de faire une prod’ ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> Ça dépend. <strong><span style="text-decoration: underline;">Saleté de rap</span></strong>, je l’ai faite en une demi-heure, 3/4 d’heure. Des prods comme <strong><span style="text-decoration: underline;">Soleil d’Hiver</span></strong> ou l’intro de l’EP, ça m’a pris des jours. Je ne fais pas que ça, mais genre je me mets 4-5 heures dessus et puis j’écoute, je rajoute un synthé, j’enlève ça… Ça peut prendre énormément de temps.</p>
<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/564308_278782522214504_1532034182_n1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2231" title="564308_278782522214504_1532034182_n" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/564308_278782522214504_1532034182_n1.jpg" alt="" width="800" height="641" /></a></p>
<p><strong>Est-ce que tu fais les mix aussi ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> Je m’y suis mis. Sur mes prods, je commence tout juste à pré-mixer. Je ne viens pas du tout du son, moi, à la base. J’ai commencé avec cet EP, à faire mon propre truc. Mais, après c’est <strong>La Rue du Bon Son</strong> qui a mixé tout le projet.</p>
<p><strong>Joues-tu d’un instrument ? Tu aimerais ? </strong><br />
<strong>Lo : </strong>Non, je n’en joue pas. J’aimerais bien apprendre, mais je suis incapable. J’ai un gros problème d’attention et de concentration. J’aimerais apprendre la guitare. C’est bien pour les filles. Moi, je n’ai pas besoin, je dis que je suis <strong>DJ Lo</strong> de <strong>1995</strong> et ça marche direct (<em>rires</em>).</p>
<p><strong>Et où en es-tu dans le scratch ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> Ohlala ! C’est pour ça que je ne m’appelle plus <strong>DJ Lo</strong>. J’ai lâché l’affaire. Je valide le scratch. C’est un pratique monstrueuse, trop chaude, c’est spectaculaire, mais c’est pareil, ça demande un apprentissage de longue haleine. Je n’ai pas la flemme. Pendant deux-trois ans, je m’y mettais, j’essayais de travailler, mais je suis nul. (<strong><em>Georgio</em></strong><em> précise que <strong>Lo</strong> a fait les scratch de </em><strong><span style="text-decoration: underline;">Saleté de rap</span></strong>). C’est rien. Ils sont à leur place, mais techniquement, ils ne valent rien. La phase des mecs du <strong>113</strong> qu’on a samplé, ça défonce à la fin du morceau, mais ce n’est pas fou.</p>
<p><strong>Es-tu toujours dans Jihelcee entreprise ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> Oui, oui, j’y suis toujours. C’est le label de <strong>Areno Jaz</strong>, moi je fais partie de l’équipe. C’est à dire qu’il produit des rappeurs avec <strong>La Rue du Bon Son</strong>, des mecs de Paris Sud. On a comme projet de sortir une mixtape <strong>Hologram Lo’ 100 %</strong>, avec uniquement des beats. Je fais mon truc en solo. Je vais peut-être monter mon propre label, je ne sais pas, mais en tout cas, je fais partie de la team de <strong>Jihelcee</strong>.</p>
<p><strong>Tu ne mixes pas trop dans les soirées, pourquoi ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> C’est parce que je me suis retrouvé à des soirées, même si au final, je voyais que les gens kiffaient, ils me remerciaient à la fin du set, je rentrais chez moi, j’étais déprimé. En fait, ça me soûle. Je kiffe être en soirée avec des potes, avoir un bon Dj qui mixe, mais moi ça ne me va pas. Mais, actuellement, je travaille un live solo de beatmaker, que ce soit moi à 100 %. Si tu montes derrière les platines, essaies de faire des trucs, des scratch. Ça c’est bon, ce n’est pas pour moi. Je reste là où je suis bien.</p>
<p><strong>Quels sont les sons dont tu es le plus fier ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> <strong><span style="text-decoration: underline;">Flingue Dessus</span></strong> de <strong>1995</strong>, <strong><span style="text-decoration: underline;">Saleté de Rap</span></strong> de <strong>Georgio</strong>, parce qu’on a un bon clip aussi. <span style="text-decoration: underline;">Ma Réussite</span> de <strong>Lomepal</strong> et <strong>Caballero</strong>. <strong><span style="text-decoration: underline;">Renegats</span></strong> de <strong>1995</strong>, l’instru tue, mais au final, le morceau a un problème. On a eu un souci au mix, c’est à dire que le début du couplet de <strong>Sneaz</strong>, on ne l’entend pas, ça a un peu tout cassé, mais c’était de notre faute.</p>
<p><strong>1995 reste ta priorité ?</strong><br />
<strong>Lo :</strong> On travaille sur un deuxième album, tout doucement. Histoire que chacun s’aère l’esprit, qu’il aille voir un peu à droite, à gauche. 2014, je pense qu’on essaiera de sortir un nouveau truc.</p>
<p><strong>Quelles ont tes références culturelles ? </strong><br />
J’aime beaucoup le cinéma : <strong>Spike Lee</strong>, <strong>Wes Anderson</strong> et j’aime aussi des gros blockbuster. Je vais voir <strong>Iron Man 3</strong>, je kiffe les <strong>Marvel</strong> en général. <strong>Koutrajmé</strong>, <strong>Kim Chapiron</strong>, <strong>Mathieu Kassovitz</strong>. J’ai arrêté de lire avec l’école. Je ne le cache pas. Beaucoup de séries télé, beaucoup de magazines, mais pas de livres malheureusement. J’étais un gros lecteur en plus au lycée. Je lisais beaucoup.</p>
<p><strong>Entretien réalisé par Mandarine.</strong></p>
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		<title>Georgio &amp; Lo&#8217; : &#171;&#160;Un morceau, c’est 50 % de rap et 50 % d’instru&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Mon, 06 May 2013 07:53:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mandarine</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Soleil d'hiver]]></category>

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		<description><![CDATA[Soleil D’Hiver est certainement un des projets les plus attendus en ce printemps. Georgio, un des rappeurs les plus prometteurs de sa génération, gratte les couplets alors qu’à la prod, c’est Hologram Lo’ qui prodigue tout son savoir-faire. Le premier extrait, Saleté de Rap, est un parfait exemple de ce que cette collaboration peut apporter de meilleur. En attendant la sortie de l’EP le 6 mai, Le Rap en France est allé à leur rencontre. D’où est venue l’envie de collaborer ensemble ? Lo : Je connaissais Georgio de vue. Il roulait plus ou moins avec des mecs avec qui je bossais à savoir Lomepal, Walter etc., des gens de notre entourage au sens large. On a enregistré un premier freestyle avec Alpha, Caballero et tout. On a kiffé. J’ai aimé comment il rappait. Je lui ai proposé de faire un cinq titres. Georgio en voulait plus, donc on est parti sur un neuf titres. C’est comme ça qu’est né Soleil d’Hiver. Donc, c’est toi qui a fait le premier pas vers Georgio ? Georgio : Non, c’est moi qui lui ait demandé des prods, c’était plus pour un projet comme ça. Mais, c’est lui qui m’a proposé que l’on fasse les cinq titres [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/16422242894552719326.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2186" title="16422242894552719326" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/16422242894552719326.jpg" alt="" width="720" height="420" /></a></p>
<p><strong>Soleil D’Hiver est certainement un des projets les plus attendus en ce printemps. Georgio, un des rappeurs les plus prometteurs de sa génération, gratte les couplets alors qu’à la prod, c’est Hologram Lo’ qui prodigue tout son savoir-faire. Le premier extrait, Saleté de Rap, est un parfait exemple de ce que cette collaboration peut apporter de meilleur. En attendant la sortie de l’EP le 6 mai, Le Rap en France est allé à leur rencontre. </strong></p>
<p><strong>D’où est venue l’envie de collaborer ensemble ? </strong><br />
<strong>Lo : </strong>Je connaissais <strong>Georgio</strong> de vue. Il roulait plus ou moins avec des mecs avec qui je bossais à savoir <strong>Lomepal</strong>, <strong>Walter</strong> etc., des gens de notre entourage au sens large. On a enregistré un premier freestyle avec <strong>Alpha</strong>, <strong>Caballero</strong> et tout. On a kiffé. J’ai aimé comment il rappait. Je lui ai proposé de faire un cinq titres. <strong>Georgio</strong> en voulait plus, donc on est parti sur un neuf titres. C’est comme ça qu’est né <strong>Soleil d’Hiver</strong>.</p>
<p><strong>Donc, c’est toi qui a fait le premier pas vers Georgio ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Non, c’est moi qui lui ait demandé des prods, c’était plus pour un projet comme ça. Mais, c’est lui qui m’a proposé que l’on fasse les cinq titres ensemble.</p>
<p><strong>En fait, Lo, tu aimes faire des projets avec des MC, comme tu as pu faire avec Le Singe Fume ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> C’est ça. Vu que je me considère comme un artiste en tant que beatmaker, autant qu’un rappeur est un artiste. Donc, je me dis que quitte à faire un projet autant que ce soit autant son projet que le mien. Il y a autant son empreinte avec sa voix que la mienne avec mes beats.</p>
<p><strong>Tu as composé en pensant à Georgio ou c’était des prods que tu avais déjà ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Les deux.<br />
<strong>Lo :</strong> Oui, il y a les deux. Il est venu à la maison plusieurs fois. Il a écouté des trucs. Je lui en ai envoyé d’autres … <strong><span style="text-decoration: underline;">Saleté de Rap</span></strong> par exemple, il est venu à la maison, il y avait une soirée. Je faisais une prod et je ne savais pas ce que j’allais en faire. Il m’a dit qu’il avait gratté un mille mesures la veille. Il gratte toujours des textes de fou. (<strong><em>Georgio</em></strong><em> rit</em>). Il a kické le truc et je me suis pris le texte en pleine gueule. Il m’a annoncé que c’était pour un freestyle qu’il allait enregistrer. Je lui dis <strong><em>non, ce n’est pas pour un freestyle, tu vas le faire sur cette prod là</em></strong>. Il a avoué que ça pouvait sonner pas mal.<br />
<strong>Georgio </strong>: Autre exemple, l’intro. On était en studio, on venait de finir un son. Il m’a montré d’autres prods qu’il avait fait et pour lesquelles il n’avait pas eu de réponse. J’ai écouté et j’ai grave kiffé. Et pour le son avec <strong>Koma</strong> et <strong>C. Sen</strong>, c’est moi qui lui avais dit que j’aimerais bien une ambiance un peu 18<sup>e</sup> avec un piano etc. J’avais plus ou moins mis les idées que je voulais et il l’a fait. Donc ça dépend vraiment. C’est au feeling à chaque fois.</p>
<p><strong>Est-ce que vous échangiez pendant vos phases de création ?</strong><br />
<strong>Lo :</strong> Non pas trop. Nous, notre école, c’est vraiment ça. Les beatmakers font leurs beat tranquille d’un côté, les rappeurs aussi. Toi tu kiffes gratter tout seul, non ?<br />
<strong>Georgio :</strong> J’écris que quand je suis seul. <strong>Lo</strong>, ça lui arrivait de faire des prods devant moi, je lui disais rien, ou peut-être un ou deux trucs, des petits détails. Et c’est arrivé que je sois dans la cabine et qu’il me dise <strong><em>au lieu de ce mot-là, tu mets ce synonyme, ce sera mieux, ou plus dans les temps, ça va taper sur le beat</em></strong><em>. </em>Mais j’écris tout seul et il fait ses prods tout seul. C’est normal de se conseiller un petit peu.<br />
<strong>Lo :</strong> Pour ce qui est de la réalisation du morceau, là on échange vraiment. Comme il a dit, changer un mot, <strong><em>recule-le un peu, ça tapera sur la caisse claire</em></strong>.</p>
<p><strong>Ce n’était pas trop dur, avec vos emplois du temps, de vous caler ? Quand l’EP a-t-il commencé à se faire ?</strong><br />
<strong>Lo :</strong> Franchement, si. On a mis un peu moins d’un an.<br />
<strong>Georgio : </strong>Ça a commencé l’été dernier. Entre tous les concerts <strong>1995</strong> etc, on a beaucoup arrêté, beaucoup repris.</p>
<p><strong>Qui le produit ? </strong><br />
<strong>Lo : </strong>C’est une structure que <strong>Fonky Flav</strong> a monté pour ses projets personnels. Il était super intéressé par notre projet et du coup, comme il est très organisé, super professionnel, il s’est rattaché au projet il y a deux mois pour finaliser la paperasse, les discussions avec les distributeurs. Il nous a facilité les choses.<br />
<strong>Georgio :</strong> Ça s’appelle <strong>Pressing</strong>.</p>
<p><strong>Il y a neuf titres, est-ce qu’ils sont tous dans une certaine continuité ou au contraire, c’est assez éclectique ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> C’est assez éclectique et musical. On atteint le juste milieu entre le délire freestyle dans lequel <strong>Georgio</strong> excelle, je trouve, et des morceaux autour d’un thème. C’est varié autant musicalement que lyricalement. Tu t’y retrouves.<br />
<strong>Georgio :</strong> Mais si tu écoutes tout dans sa continuité, ça ne fait pas comme si on avait fait des morceaux comme ça.<br />
<strong>Lo :</strong> En même temps, quoi que tu kiffes dans le rap, tu trouveras forcément ce que tu veux. Tout y est. Il y a du freestyle, du rap dit de rue, du cool.</p>
<p><iframe width="659" height="371" src="http://www.youtube.com/embed/qH0BJmIlxig?feature=oembed" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong>Et donc, quelle est la couleur globale du produit fini ? </strong><br />
<strong>Georgio : </strong>C’est assez mitigé en fait. Il y a plusieurs couleurs. C’est pour ça que cela s’appelle <strong>Soleil d’Hiver</strong>. Il y a du rap hivernal, un peu froid et il y a des morceaux un peu plus chauds, un peu plus ensoleillés.<br />
<strong>Lo : </strong>Étant donné que l’on a mis un an à le bosser… On a commencé en juillet dernier, on a bien cravaché, et du fait de nos emplois du temps, on a un peu arrêté et on s’y remis vraiment cet hiver à fond. Donc, c’est un peu l’opposé. L’intro, par exemple, c’est un morceau très froid, mais avec une ambiance super introspective. Et après, la piste 2, c’est un morceau beaucoup plus chaud, qui te donne le sourire.<br />
<strong>Georgio : </strong>Dans tous les morceaux, il y a un peu des deux. Si la prod’ est froide, mon texte peut être un peu plus simple, un peu plus léger, moins prise de tête. Et d’autres ça va être l’inverse, un peu comme <strong><span style="text-decoration: underline;">Saleté de Rap</span></strong>.<br />
<strong>Lo :</strong> Oui <strong><span style="text-decoration: underline;">Saleté de Rap</span></strong>, l’instru est simple, j’ai laissé un maximum de place au rap. C’est une boucle simple, il n’y a rien de plus. Alors que l’intro, il y a beaucoup plus d’enchainements. On s’est laissé la place pour chacun.</p>
<p><strong>Vous étiez sur la même longueur d’ondes dans les différents univers que vous alliez aborder ? Il n’y a jamais eu des avis divergents ? </strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Non, parce que si <strong>Lo</strong> fait une prod pour le projet et qu’au final ça ne me correspond pas, je ne la kicke pas et c’est tout.<br />
<strong>Lo : </strong>La première prod que je lui ai envoyé, il voulait la kicker et finalement, il ne l’a pas retenue. Et puis, on a plus ou moins les mêmes influences, le même délire cainri. Le même délire français : gros fan de <strong>Lino</strong>, <strong>Kaaris</strong> …<br />
<strong>Georgio : </strong>On aime les mêmes trucs donc ça aide à être sur la même longueur d’ondes.</p>
<p><strong>Êtes-vous amis à la base ? </strong><br />
<strong>Lo : </strong>On est devenu potes avec ce projet.<br />
<strong>Georgio :</strong> Avant, on se connaissait, mais sans plus. Au départ, quand on a commencé ce projet, c’était vraiment pro. On s’entendait musicalement, mais maintenant on est vraiment potes. On est presque tout le temps ensemble pour défendre le projet.</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui vous lie et qu’est-ce qui vous éloigne ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> Nos différences de poids, ça nous éloigne pas mal (<em>ndlr : ils rient tous les deux</em>). La passion nous lie. J’ai découvert <strong>Georgio</strong>, le rappeur. Mais surtout sa détermination. Il se bougerait n’importe où. Il pourrait monter à Lille pour un freestyle.<br />
<strong>Georgio :</strong> Ce qui nous lie à la base, c’est clair que c’est la musique. Avec le projet, il y a une amitié sincère qui s’est créée. Il y a des soirées où on devait faire des prods et au final, on ne faisait que jouer à Fifa. J’ai pu rencontrer des potes à lui qui n’ont rien à voir avec la musique et pareil pour lui. Ce qui nous éloigne&#8230;<br />
<strong>Ensemble :</strong> Ce sont les concerts de <strong>1995</strong>.</p>
<p><strong>D’où est venue l’idée de donner toutes les instrus avec en pré-commande ?</strong><br />
<strong>Lo :</strong> C’est toujours un plus que tu peux apporter à ton projet. Aujourd’hui, on ne va pas se cacher, <strong>Itunes</strong>, ça rapporte plus d’argent à l’artiste. Il est aussi moins cher sur <strong>Itunes</strong>. C’était un argument en plus.<br />
<strong>Georgio :</strong> Ça nous faisait plaisir. C’est un argument en plus pour vendre, mais ça nous faisait plaisir que les gens puissent kicker les prods.<br />
<strong>Lo : </strong>C’est l’expérience <strong><span style="text-decoration: underline;">Le Singe Fume</span></strong>. On a sorti la première édition gratuite sur Internet. J’ai eu beaucoup de retours super positifs sur mes instrus. J’étais agréablement surpris. Donc, du coup, on a sorti la version CD avec un CD d’instru. C’est le même concept. Si tu veux les instrus, tu les as sur <strong>Itunes</strong> et si tu veux acheter le CD …<br />
<strong>Georgio :</strong> Et si tu es un collectionneur, tu as le vinyle.</p>
<p><strong>Comment se sont passés les Feat ? De qui vient l’initiative ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> Les deux. Il y a deux pistes avec des feats sur l’EP. Un morceau avec la crème de la crème du 18<sup>e</sup> arrondissement, des anciens.<br />
<strong>Georgio :</strong> En fait, <strong>Koma</strong> m’avait envoyé un message sur Twitter. Il avait bien aimé un de mes clips : <strong><span style="text-decoration: underline;">1001 Rimes</span></strong>. À partir de là, on a parlé de faire un son ensemble. Ça date de l’époque de <strong>Mon prisme</strong>, il devait poser dessus. En termes de temps, on ne s’est pas capté, ça ne s’est pas fait. Du coup, quand je me suis mis sérieusement sur le projet avec <strong>Lo</strong>, je l’ai appelé naturellement. Et le <strong>C. Sen</strong>, je kiffais, <strong>Lo</strong> aussi. Il y a un terrain vague où on traine à <strong>Marx Dormoy</strong>, on appelle ça le parking. Il était là-bas en train de graffer, on s’est rencontré, il me connaissait via ma musique. Il avait déjà entendu parler de moi et aimait bien ce que je faisais, du coup, on a sympathisé. Un jour, je lui ai demandé s’il voulait kicker sur le projet. Il était chaud.<br />
<strong>Lo :</strong> Le deuxième morceau, on a invité des mecs de notre génération, des potes, issus de notre école. <strong>Vald</strong>, je ne le connaissais pas avant cette session studio. C’est <strong>Georgio</strong> qui l’a ramené. Et moi, j’ai amené <strong>Lomepal</strong> et <strong>Alpha</strong>, qui sont, peut-être, mes deux rappeurs parisiens préférés. Et c’est des potes.<br />
<strong>Georgio : </strong>Pareil. C’est aussi des potes.<br />
<strong>Lo :</strong> On a fait ça naturellement.</p>
<p><strong>Comment expliquer cette mise en avant du DJ ?</strong><br />
<strong>Lo :</strong> Au début du rap, c’était le contraire. C’était le DJ qui ramenait son rappeur : <strong>Eric B. et Rakim</strong>. <strong>Gangstarr</strong>, c’est <strong>DJ Premier</strong> et <strong>Guru</strong>, <strong>Kool G. Rap</strong> &amp; <strong>DJ Polo</strong>. C’est plus ou moins cette ambiance. Un morceau, c’est 50 % de rap 50 % d’instru. On est un groupe éphémère sur un projet. C’est plus ou moins naturel.</p>
<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/564308_278782522214504_1532034182_n.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2188" title="564308_278782522214504_1532034182_n" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/564308_278782522214504_1532034182_n.jpg" alt="" width="800" height="641" /></a></p>
<p><strong>Es-tu voué à le faire de plus en plus ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> Je me suis rendu compte que j’ai aussi des ambitions solo et que ça empiétait sur le temps de production que je pouvais passer en solo, ça me dérange pas. Je travaille mes projets avec le cœur. Là je suis en train de finaliser mon projet avec <strong>Areno Jaz</strong> de <strong>1995</strong>, mais après, je ferai une pause avec les rappeurs et je me remettrai sur un truc solo. J’y reviendrai forcément, mais ça ne va pas se multiplier.</p>
<p><strong>Y a-t-il des concerts de prévu ? </strong><br />
<strong>Georgio : </strong>Oui, mais je ne sais pas si il y aura forcément <strong>Lo</strong> sur ces concerts. Quand il ne sera pas là, je serai avec <strong>A Little Rooster</strong>, qui est mon autre DJ, de la <strong>75<sup>e</sup> session</strong>.<br />
<strong>Lo :</strong> Avec ce projet, je voulais vraiment ramener le délire sur <strong>Georgio</strong>. Pour qu’il puisse se faire connaître. On l’a mis sur la grande scène du Palais des Sports pour la première partie de <strong>1995</strong>. Il a été très efficace. J’avais un peu peur, je ne l’avais jamais vraiment vu sur une grosse scène. Il était venu avec nous à Toulouse, à la Dynamo, il avait mis le feu en freestyle. C’était le premier pas. Je suis convaincu qu’il peut tout donner sur scène. Avec ce projet, que je sois là ou pas, je sais qu’il peut le défendre.</p>
<p><strong>Avec un peu de recul, êtes-vous fiers de Soleil d’Hiver ?</strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Grave !<br />
<strong>Lo :</strong> On est surtout heureux de l’avoir enfin. On a les promos à la maison, les premiers exemplaires. Ça fait plaisir. Pour le coup, on a galéré à le faire. Avec les emplois du temps et tout … Par exemple, <strong>Le Singe Fume sa Cigarette</strong>, on avait le problème de <strong>Bruxelles-Paris</strong>, donc on s’était mis une semaine en studio et il était enregistré. Là, ce n’était pas pareil, on était tous les deux sur <strong>Paris</strong>.<br />
<strong>Georgio : </strong>Au final, comme on est tous les deux ensemble, on pense avoir plus le temps que si c’est difficile, alors on perd du temps. Comme on était déterminés, on est heureux.</p>
<p><strong>Quels sont les projets après ? Est-ce qu’il y a d’autres clips de prévu ?</strong><br />
<strong>Georgio :</strong> Là on a tourné un autre clip et on en tourne un autre début mai.<br />
<strong>Lo :</strong> Le clip, quand tu es en indé, c’est vraiment le truc le plus difficile.</p>
<p><strong>Est-ce qu’un collectif aide dans ce sens ? </strong><br />
<strong>Lo :</strong> Ça dépend du collectif.<br />
<strong>Georgio :</strong> Il faut de l’argent surtout. Il faut avoir des beaux clips. Le collectif, s’il n’y a pas d’argent pour louer des belles camera, des beaux éclairages … Ça dépasse les idées.</p>
<p><strong>Quel est votre son préféré de l’EP ?</strong><br />
<strong>Georgio :</strong> C’est <strong>Soleil d’Hiver</strong>, l’outro. C’est sans doute le son qui sonne le plus <strong><em>Georgio</em></strong>. Il dure six minutes. Il doit y avoir 4-5 couplets. J’écris sans me structurer des couplets de 16 mesures, en roue libre. J’ai fait mes structures après, pour que cela soit des 16. En même temps, c’est une grosse prod’, gros boom-bap. Un violon, un saxo. C’est un des sons qui me tient à cœur.<br />
<strong>Lo : </strong>C’est le morceau le plus riche. On a bien travaillé dessus. Pour mon préféré, j’hésite entre <strong><span style="text-decoration: underline;">Saleté de Rap</span></strong> et le featuring avec <strong>Vald</strong>, <strong>Lomepal</strong> et <strong>Alpha Wann</strong> qui s’appelle <strong><span style="text-decoration: underline;">Sex, Drug and Rock’n’roll</span></strong>.<br />
<strong>Georgio :</strong> J’aime beaucoup <strong><span style="text-decoration: underline;">À l’ombre du Zenith</span></strong> aussi. Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas écouté parce que c’était un des premiers morceaux qu’on avait fait et en le réécoutant, je me dis, sans faire le mec, la prod’, je l’ai tuée.</p>
<p><strong>Soleil D’Hiver est en pré-commande sur Itunes où toutes les instrus sont offertes. Sinon, le projet en CD sera disponible chez vos disquaires dès le 6 mai.</strong></p>
<p><strong>Entretien réalisé par Mandarine.</strong></p>
<p><em>Si vous avez aimé cet entretien, n’hésitez pas à le partager avec les petites icônes ci-dessous, et à rejoindre <a href="https://www.facebook.com/pages/Le-Rap-En-France/101779189899419">la page facebook</a> ou <a href="https://twitter.com/LeRapenFrance" target="_blank">le compte twitter</a> pour suivre les actualités que Le Rap en France vous propose.</em></p>
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		<title>Clément Letourneur, genius en chef.</title>
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		<pubDate>Wed, 01 May 2013 14:24:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[Les médias rap nous parlent.]]></category>
		<category><![CDATA[clement]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; Il a la dégaine de l’homme de la rue. Cheveux longs, taille moyenne. Un lambda, un jeune homme parmi les autres. Sauf que le mec sous la veste orange, comme le logo de Rap Genius, brasse deux millions de vues par mois. Rencontre et portrait. Cette histoire commence dans la banlieue d’Orléans. Pas forcément le lieu le plus propice pour tomber amoureux du rap. Et pourtant en 2003, c’est Sniper qui vient frapper le cerveau de Clément. D’abord Gravé Dans La Roche puis Du Rire Aux Larmes. «Déjà à l’époque, j’essayais de convertir mes amis», se souvient-il entre deux gorgées d’un soda. Cette volonté d’ouvrir le rap français aux autres se retrouve bien dans cette idée. C’est tout à fait le concept de Rap Genius. Pour les profanes, il s’agit d’un site participatif qui regroupe les explications de textes de rap. Vous ne comprenez pas une référence dans une chanson ?  En deux clics, vous l’avez. Clément abonde dans notre sens. «Ça a complètement changé notre manière d’écouter du rap. Avant, quand on ne comprenait pas une référence, on n’avait aucun moyen de découvrir son sens. Et même avec Google, c’était compliqué.» Avant de devenir la machine à clics qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/425918_553139748051623_1985743056_n.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-2178" title="425918_553139748051623_1985743056_n" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/05/425918_553139748051623_1985743056_n.png" alt="" width="600" height="600" /></a></p>
<p><strong>Il a la dégaine de l’homme de la rue. Cheveux longs, taille moyenne. Un lambda, un jeune homme parmi les autres. Sauf que le mec sous la veste orange, comme le logo de Rap Genius, brasse deux millions de vues par mois. Rencontre et portrait.</strong></p>
<p>Cette histoire commence dans la banlieue d’<strong>Orléans</strong>. Pas forcément le lieu le plus propice pour tomber amoureux du rap. Et pourtant en 2003, c’est <strong>Sniper</strong> qui vient frapper le cerveau de <strong>Clément</strong>. D’abord <strong>Gravé Dans La Roche</strong> puis <strong>Du Rire Aux Larmes</strong>. «<strong><em>Déjà à l’époque, j’essayais de convertir mes amis</em></strong>», se souvient-il entre deux gorgées d’un soda. Cette volonté d’ouvrir le rap français aux autres se retrouve bien dans cette idée. C’est tout à fait le concept de Rap Genius.</p>
<p>Pour les profanes, il s’agit d’un site participatif qui regroupe les explications de textes de rap. Vous ne comprenez pas une référence dans une chanson ?  En deux clics, vous l’avez. Clément abonde dans notre sens. «<strong><em>Ça a complètement changé notre manière d’écouter du rap. Avant, quand on ne comprenait pas une référence, on n’avait aucun moyen de découvrir son sens. Et même avec Google, c’était compliqué.</em></strong>»</p>
<p>Avant de devenir la machine à clics qui phagocyte tous les référencements google en terme de rap français, il y a d’abord un énorme coup de culot. Qui prend la forme d’un mail nonchalamment envoyé aux fondateurs du <strong>Rap Genius US</strong> en leur intimant de créer une version française. Réponse ? <strong><em>« Tiens, fais-le.</em></strong> » Cette réponse n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd.</p>
<p><strong>Clément</strong> monte sur Paris pour assurer l’essor du site, admettant que « <strong><em>d’Orléans, ça aurait été compliqué </em></strong>». L’enfant du Loiret se remonte les manches et commence à expliquer les premiers textes.  La pierre angulaire sera <a href="http://rapgenius.com/Medine-self-defense-lyrics"><strong><span style="text-decoration: underline;">Self-Défense</span></strong></a> de <strong>Médine</strong>.  «<strong><em>Arabian Panther venait de sortir et je me disais que c’était important d’expliquer ses textes. Moi-même, je ne comprenais pas toutes les références</em></strong>». Puis il enchaîne avec <a href="http://rapgenius.com/Booba-pourvu-quelles-maiment-lyrics"><strong><span style="text-decoration: underline;">Pourvu qu’elles m’aiment</span></strong></a> de <strong>Booba</strong> «<strong><em>pour contenter tout le monde</em></strong>».</p>
<p>Car sa volonté profonde n’est pas de dévoiler ses goûts en matière de rap. C’est simplement de le rendre plus accessible, sans prendre parti. Ainsi, tous les rappeurs ont leurs places sur <strong>Rap Genius</strong>. Le site met du temps à décoller et les débuts sont durs. Il fait énormément de promotion via Facebook, en parle tout autour de lui. Au fil du temps, il attire des collaborateurs, ravis de pouvoir partager leurs connaissances. Ensemble, ils s’axent sur les nouveautés afin d’avoir du contenu exclusif. Sans oublier d’étoffer le reste de la base de données. Voilà comment, deux ans après sa création, <strong>Rap Genius France</strong> est devenu le site le plus visité dans le rap français.</p>
<p>Si on lui parle d’exploit pour une structure si jeune, Clément reste lucide. Il sait que «<strong><em>c’est l’idée qui fait le succès. Ce n’est pas moi à titre personnel. C’est le mouvement engendré par les gens qui alimentent le site.</em></strong>» Il parle d’une grande aventure humaine et ne tarit pas d’éloges sur ses plus proches collaborateurs : «<strong><em>Certains mecs n’ont même pas 18 ans mais ils écrivent déjà des articles qui explosent la presse.</em></strong>»</p>
<p>Une telle réussite amène forcément une question évidente. Quid de l’argent ? «<strong><em>RapGenius me paie un demi-salaire. Mais il faudrait trois mecs à temps complet pour faire tourner le site à plein régime.</em></strong>» Alors, en substance, pourquoi ne pas démarcher des sponsors pour mieux gagner sa vie ? La réponse est honorable. «<strong><em>Non, franchement je préfère être indépendant. Je suis un gros prolo’ alors ça ne me dérange pas d’être pauvre. Si je ne dois pas gagner des mille et des cent tout de suite, je m’en bats les couilles. Je préfère avoir raison sur le long terme.»</em></strong></p>
<p>Le long terme, justement. L’avenir, Clément le voit sereinement. Il a lancé <strong>Music Genius</strong> à travers lequel il ambitionne d’expliquer tous les genres musicaux. Il avoue même vouloir aller « <strong><em>bien au-delà de la musique. </em></strong>» On sait déjà le côté complexe du rap français alors quand on s’interroge sur la pertinence d’une déclinaison à toutes les sauces musicales, il balaie nos doutes sans hésiter : «<strong><em>Il y a des raisonnements intéressants dans tous les genres musicaux. Il n’y en aura peut-être pas autant mais assez pour que ce soit instructif.</em></strong>» Ambitieux et sûr de lui.</p>
<p>Et son avenir personnel, dans tout ça ? Il  monte une boîte dans le multimédia avec des amis afin de profiter de cette expérience. Quant à Rap Genius, il se voit bien tourner la page quand le site tournera tout seul. Pour passer à la vitesse supérieure. «<strong><em>J’ai un autre objectif, c’est celui de monter un label et qui sait, pourquoi pas, un album un jour.</em></strong>» On retrouverait alors ses propres textes expliqués sur son propre site. Ce serait boucler la boucle. Et en beauté.</p>
<p><strong>Stéphane Fortems.</strong></p>
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		<title>Entretien avec Pumpkin (1/2) : &#171;&#160;Silence Radio, c&#8217;est une prise de confiance.&#160;&#187;</title>
		<link>http://lerapenfrance.fr/2013/04/29/entretien-avec-pumpkin-12-silence-radio-cest-une-prise-de-confiance/</link>
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		<pubDate>Mon, 29 Apr 2013 15:00:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
		<category><![CDATA[Pumpkin]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour poursuivre nos investigations dans le rap féminin, nous avons décidé d&#8217;aller à la rencontre de Pumpkin. Ses textes laissaient présager d&#8217;un propos intéressant et d&#8217;une discussion enrichissante. C&#8217;est dans une pièce toute blanche que l&#8217;entretien a été réalisé, en toute simplicité. Plongée dans l&#8217;univers orange de la rappeuse. Peux-tu nous raconter un peu ton enfance ? Je suis née en 1980 près de Brest, à Saint Renan exactement, d&#8217;une maman espagnole et d&#8217;un papa niçois. J&#8217;ai vécu en Bretagne jusqu&#8217;à l&#8217;âge de 20 ans : à 16 ans, je suis partie une année en Australie et puis j&#8217;ai passé 6 ans en Espagne. Et je suis sur Paris depuis 5 ans maintenant. Tu découvres le rap comment dans tout ça ? Musicalement, j&#8217;ai découvert le rap grâce à Mc Solaar et son album Qui sème le Vent récolte le Tempo en 1991. J&#8217;ai tout de suite accroché avec ce style de musique, son côté chanter sans chanter et ce côté poétique. J&#8217;écrivais déjà un peu à cette époque et son écriture m&#8217;a réellement touchée. Le côté visuel aussi m&#8217;a vraiment transporté : à cette période, il y avait beaucoup de danse, de chorégraphie dans les clips et c&#8217;est toute cette atmosphère qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2139" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1191px"><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/04/Pumpkin-par-Ben-Lorph-copie-web_6.jpg"><img class="size-full wp-image-2139" title="Pumpkin par Ben Lorph copie web_6" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/04/Pumpkin-par-Ben-Lorph-copie-web_6.jpg" alt="" width="1181" height="786" /></a><p class="wp-caption-text">Crédit photo : Ben Lorph</p></div>
<p><strong>Pour poursuivre nos investigations dans le rap féminin, nous avons décidé d&#8217;aller à la rencontre de Pumpkin. Ses textes laissaient présager d&#8217;un propos intéressant et d&#8217;une discussion enrichissante. C&#8217;est dans une pièce toute blanche que l&#8217;entretien a été réalisé, en toute simplicité. Plongée dans l&#8217;univers orange de la rappeuse.</strong></p>
<p><strong>Peux-tu nous raconter un peu ton enfance ?</strong><br />
Je suis née en 1980 près de Brest, à Saint Renan exactement, d&#8217;une maman espagnole et d&#8217;un papa niçois. J&#8217;ai vécu en Bretagne jusqu&#8217;à l&#8217;âge de 20 ans : à 16 ans, je suis partie une année en Australie et puis j&#8217;ai passé 6 ans en Espagne. Et je suis sur Paris depuis 5 ans maintenant.</p>
<p><strong>Tu découvres le rap comment dans tout ça ?</strong><br />
Musicalement, j&#8217;ai découvert le rap grâce à <strong>Mc Solaar</strong> et son album <strong>Qui sème le Vent récolte le Tempo </strong>en 1991. J&#8217;ai tout de suite accroché avec ce style de musique, son côté chanter sans chanter et ce côté poétique. J&#8217;écrivais déjà un peu à cette époque et son écriture m&#8217;a réellement touchée. Le côté visuel aussi m&#8217;a vraiment transporté : à cette période, il y avait beaucoup de danse, de chorégraphie dans les clips et c&#8217;est toute cette atmosphère qui m&#8217;a plu. L&#8217;ambiance était joviale, positive, décrivant la vie quotidienne : on se retrouvait dans les textes. J&#8217;étais super fan de <strong>Solaar</strong> : j&#8217;allais à ses concerts, je découpais les photos et les articles qu&#8217;il donnait dans les magazines&#8230; Plus tard, j&#8217;ai commencé à vraiment m&#8217;identifier à d&#8217;autres artistes comme <strong>Melaaz</strong>, tout d&#8217;abord parce que c&#8217;était une femme. J&#8217;ai eu envie de faire la même chose, tout simplement.</p>
<p><strong>Quand on habite en Bretagne et qu’on commence à aimer le rap, comment réagit l’entourage ?</strong><br />
De manière très stéréotypée. En plus, à cette époque, les sketchs des Inconnus faisaient fureur donc les remarques et les blagues étaient fréquentes.</p>
<p><strong>Ça n’a pas vraiment changé. On subit toujours les <em>yo yo</em> et les <em>wesh wesh</em>.</strong><br />
Ma famille proche s’est habituée alors ils évitent de faire ça. Mais évidemment, on subit les caricatures.</p>
<p><strong>Je te pose cette question en grande partie parce que je sais que beaucoup de rappeurs évitent de dire à trop de monde qu’ils sont dans le monde du rap.</strong><br />
C&#8217;est vrai que je suis pudique à ce mot : j&#8217;ai du mal à dire et à me dire que je suis rappeuse. Je trouve que c&#8217;est une connotation hyper réductrice dans l&#8217;opinion publique. C&#8217;est dommage. J&#8217;ai envie que les gens comprennent que cette musique est riche, qu&#8217;il faut qu&#8217;elle sorte de tous ces clichés négatifs. Je me présente souvent comme <strong><em>hip-hop artist</em></strong> : je trouve ce terme plus inspirant. Mais j&#8217;aimerais contribuer à ce mouvement de rappeurs/rappeuses qui se revendiquent comme tel, avec cette image positive qui pourrait faire changer et évoluer les mentalités.</p>
<p><strong>C’est Nakk qui dit à ce sujet-là : </strong><a href="http://rapgenius.com/604336/Nakk-mendosa-darksun/Oh-nan-jrigole-jsuis-humble-jfais-meme-pas-shrab-quest-ce-tu-veux-jmenflamme-mon-voisin-sait-meme-pas-qujrappe"><strong><em>Qu&#8217;est-ce tu veux j&#8217;m'enflamme ? Mon voisin sait même pas qu&#8217;j'rappe</em></strong></a><strong><em>.</em> Le statut de rappeur cristallise beaucoup de fantasmes.</strong><br />
C’est vrai mais après c’est chacun sa vie aussi. J’ai un ami espagnol qui est rappeur et prof d’anglais et il a fait la démarche de montrer à ses élèves et aux parents ce qu’il faisait. Mais ceci dit, à la fin des années 90’ à Brest, c’était plus complexe. Mon grand frère écoutait plutôt les Pink Floyd ou Michael Jackson et comme il n’y avait pas internet, je me cantonnais à un rap grand public, celui de la radio.</p>
<div id="attachment_2138" class="wp-caption aligncenter" style="width: 796px"><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/04/Pumpkin-par-Ben-Lorph-copie-web_3.jpg"><img class="size-full wp-image-2138" title="Pumpkin par Ben Lorph copie web_3" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/04/Pumpkin-par-Ben-Lorph-copie-web_3.jpg" alt="" width="786" height="1181" /></a><p class="wp-caption-text">Crédit photo : Ben Lorph</p></div>
<p><strong>Et à cette époque, à part Mc Solaar ?</strong><br />
En fait, je suis restée sur lui assez longtemps. J’étais adolescente et il m’a vraiment marquée. Je me suis ouverte bien après.</p>
<p><strong>Tu peux nous parler de tes projets musicaux ?</strong><br />
J&#8217;ai sorti mon premier projet en 2006,<strong> le Vernissage</strong>. Mais en 2003, j&#8217;avais déjà sorti un son <strong><span style="text-decoration: underline;">Traversée Verbale</span></strong>. Ca me tient à cœur de le dire car il a une forte symbolique pour moi : c&#8217;est mon premier son en solo, créé pendant une période de mauvaise santé.</p>
<p><strong>C’est un jalon dans ta carrière.</strong><br />
C&#8217;est vraiment le premier morceau de Pumpkin, un morceau que j&#8217;écoute et que je pourrais interpréter encore aujourd&#8217;hui malgré les années. C’est assez rare les textes si vieux qui plaisent encore.</p>
<p><strong>Tu rappais uniquement pour le plaisir à cette époque ? </strong><br />
Oui, l’intensité n’est venue que bien plus tard.</p>
<p><strong>Tu sors un projet en 2006.</strong><br />
<strong>Le Vernissage</strong>, c&#8217;est ce qu&#8217;on peut appeler une maquette. Ça a vraiment été un tournant dans ma vie, je voulais quelque chose de plus sérieux. Enregistrée en Espagne, je voulais que les Français écoutent ce que je faisais, sachent que j&#8217;existais. La démo a donc été une idée logique : je l&#8217;ai mis en téléchargement gratuit sur Internet tout en faisait quelques copies CD car je tenais à l’objet. Ça a vraiment été mes premiers pas dans la gestion concrète d&#8217;un projet, sans être forcément encore très professionnel.</p>
<p><strong>Tu as un creux de quatre ans après ça. Il s’explique comment ? </strong><br />
J&#8217;ai fait de nombreuses collaborations. J&#8217;ai été choriste dans un groupe de hip hop espagnol : j&#8217;ai appris énormément de choses et acquis beaucoup d&#8217;expérience.</p>
<p><strong>Ce n’est pas forcément évident d’être backeur.</strong><br />
Beaucoup de gens dénigrent cette position mais c’est une très bonne expérience. Tu goûtes à tes premières scènes sans avoir la pression du projet qui repose sur tes épaules. C’est très enrichissant. Pendant ces 3 années de stand-by, j&#8217;ai tâtonné, je me suis cherchée, j&#8217;ai essayé pas mal de choses.</p>
<p><strong>On arrive en en 2009, il y a L’Année en Décembre, un projet de 16 titres. </strong><br />
Malgré les bons retours, il est resté très confidentiel : il n&#8217;y a pas eu de distribution, très peu de concerts. Je n&#8217;avais pas encore l&#8217;entourage adéquat, ni l&#8217;énergie, ni les épaules pour l’emmener plus loin. Et en 2010, je sors <strong>Ainsi de Suite</strong>, un maxi qui inclut des remixes et des versions originales de morceaux de <strong>L&#8217;Année en Décembre</strong>.</p>
<div id="attachment_2167" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1191px"><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/04/Pumpkin-par-Ben-Lorph-copie-web_11.jpg"><img class="size-full wp-image-2167" title="Pumpkin par Ben Lorph copie web_1" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/04/Pumpkin-par-Ben-Lorph-copie-web_11.jpg" alt="" width="1181" height="786" /></a><p class="wp-caption-text">Crédit photo : Ben Lorph</p></div>
<p><strong>Au niveau des influences de tes sons, le choix de tes prods, tu t&#8217;entoures de qui ?</strong><br />
J&#8217;ai rencontré <strong>Supafuh </strong>avant la sortie de <strong>L&#8217;Année en Décembre</strong> via MySpace et ça a vraiment été une vraie rencontre. Il a commencé à faire le remix entier de <strong>Le Vernissage</strong> : c&#8217;était sa manière à lui de me montrer ce qu&#8217;on pouvait faire ensemble artistiquement : il a créé autour de mon univers initial quelque chose qui me parlait vraiment. Il fait partie de mon entourage musical maintenant : toutes mes dernières prises de son, je les ai faites avec lui. C&#8217;est une personne qui a tout de suite su me comprendre musicalement avant que je le comprenne moi-même. Il a compris où je voulais aller sans m&#8217;influencer dans sa propre voix. Il a capté l&#8217;essence même de ce que j&#8217;avais en moi et m&#8217;a permis de l&#8217;exploiter au maximum. Sur <strong>L&#8217;Année en Décembre</strong>, il a réalisé 80% des prods.</p>
<p><strong>Ton dernier projet Silence Radio est sorti fin 2012. Tu peux nous en dire quelques mots ?</strong><br />
Silence Radio, c&#8217;est une prise de confiance, un bilan et une mise en œuvre de toute l&#8217;expérience que j&#8217;ai acquis au fil des années. C&#8217;est une nouvelle étape, je prends les rênes. Je suis le dictateur mais version Charlie Chaplin, on rigole quand même. Il m&#8217;a fallu du temps pour comprendre et pour m&#8217;assumer, pour vraiment aimer ce que je faisais. J&#8217;y vais lentement mais sûrement, c&#8217;est mon credo.</p>
<p><strong>Tu es beaucoup plus reconnue qu’à la sortie de tes précédents projets, est-ce dû à un changement de fonctionnement au niveau de la promotion ?</strong><br />
C’est un changement à tous les niveaux. Sur les autres projets déjà, il n’y avait pas eu de distribution. J’ai mis des années à comprendre comment tout fonctionnait et, à avoir les couilles de me mettre en avant. Je n’ai plus honte d’aller défendre mon projet devant les gens, de les regarder dans les yeux en vendant mon projet. C’était impossible avant. Je n’avais pas cette confiance.</p>
<p><strong>20Syl produit un morceau de ton album. Tu étais invitée à la Bellevilloise avec Gaël (Faye) et Edgar (Sekloka), pendant leur carte blanche. Comment on en vient à avoir des parrains prestigieux ?</strong><br />
Ce ne sont que des rencontres, au fil du temps, fortuites ou pas. Je connaissais <strong>20Syl</strong> depuis l’époque MySpace. On n’était pas amis, mais on avait eu des échanges. Je pense qu’il a toujours un œil bienveillant et encourageant. Je l’ai rencontré dans un festival à Madrid, un festival hip-hop où l’on jouait sur la même scène qu’<strong>Hocus</strong> <strong>Pocus</strong>, <strong>C2C</strong>, <strong>Booba</strong>. Nous sommes deux timides, et c’était pire à l’époque, donc on s’était retrouvé : <strong><em>Bonjour ? Ça va ? Oui, et toi ?</em></strong> Mais bon, ça nous a permis de rester en contact par la suite. J’aimais bien ce qu’il faisait, et je me suis dit que ce serait chouette de faire un truc avec lui, donc j’ai eu de la chance. Ça a mis un peu de temps.</p>
<p><strong>N’est-il pas débordé en ce moment ?</strong><br />
J’ai eu de la chance, parce que c’était juste avant que <strong>C2C</strong> ait le succès qu’on leur connaît. Il m’avait invité au studio à Nantes pour bosser le morceau. A cette époque-là, ils préparaient le live, parce que tout était déjà enregistré. Il m’a donc dit : «Le plus simple, c’est que tu viennes. » Donc j’y suis allée un peu nerveuse, je t’avoue. C’était super cool. Collaborer avec des gens comme ça, c’est quelque chose qui me plaît. De rentrer, comme une petite souris, dans leur univers, et voir comment ça marche. Ce sont des gens que j’observe et qui sont inspirants. Son beatmaking est impressionnant. Moi, j’avais déjà enregistré, et il a fait tous les scratches. Des fois, je lui disais : <strong><em>Tu sais, tu peux prendre une pause, hein </em></strong> ou <strong><em>Surtout ne te sens pas obligé parce que je suis là</em></strong> et il s’est retourné et m’a dit : <strong><em>Tu sais, quand je suis parti, je suis parti.</em></strong> C’est exactement ce qu’on imagine de lui, du coup, ça m’a fait rire. C’était une expérience vraiment très cool.</p>
<p><strong>Et pour Gaël ?</strong><br />
Pour <strong>Gaël</strong>, c’était un jour où il était invité par <strong>Enz</strong> sur scène. On a discuté pour je ne sais plus quelle raison. Il enregistrait son album, qui est sur le point de sortir. Du coup, il nous a invités à son studio, vers Pigalle, où il enregistre. C’est vraiment un mec sympa, <strong>Gaël</strong>. Et il connaît <strong>Greg Frite</strong> aussi. Un jour, alors que je sortais d’un entretien pour une formation, le moral complètement dans les chaussettes, les larmes aux yeux, je le croise et il me dit : <strong><em>Qu’est-ce qui t’arrives ?</em></strong> Donc, je lui raconte mes misères (rires), et il me dit <strong><em>mais non, il ne faut pas se laisser abattre ! Tiens, Gaël m’a invité à faire ce truc, je ne peux pas y aller, je vais l’appeler pour qu’il t’y invite ! </em></strong>C’est vraiment un bourrin (rires). Et il l’a fait, donc <strong>Gaël</strong> m’a contacté plus tard en me disant qu’il n’avait pas pensé à moi alors que ça le ferait carrément. Il est passé à la maison il y a une semaine pour enregistrer un projet qu’on fait à plusieurs, dans le cadre de <strong>Mentalow</strong>.</p>
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		<title>Grands classiques : Ideal J &#8211; Le Combat Continue.</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Apr 2013 13:00:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jibé</dc:creator>
				<category><![CDATA[Grands Classiques]]></category>
		<category><![CDATA[Ideal J]]></category>
		<category><![CDATA[Le Combat Continue]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Le Combat Continue, classique du rap français, chef d&#8217;œuvre d&#8217;un art décrié. Difficile d&#8217;en parler vu le nombre d&#8217;auditeurs qui le connaissent par cœur et qui entretiennent avec cet album un lien d&#8217;affection presque déraisonnable. Impossible d&#8217;être exhaustif, de définir précisément ce qui fait cet album aussi du fait de sa richesse et de son aboutissement, qui maintient prisonnier l&#8217;auditeur de son univers sombre, où les caisses claires sont des cliquetis de chaînes et les cuivres autant de complaintes de détenus invisibles. La voix de Kery James résonne ainsi à la fois comme l&#8217;autorité locale et aussi la seule part d&#8217;humanité présente aux alentours. Au fil des pistes, le MC change et se transforme, parlant de lui et sa bande comme la pièce maitresse tout en ironisant sur son art, alors qu&#8217;il exprime des sentiments divers, voire contradictoires. On peut alors penser cet album en termes de distinctions et de paradoxes, mettant en lumière la richesse et la diversité des thèmes et de l&#8217;écriture. Egotrip/introspection : En naviguant entre les pistes de l&#8217;album, l&#8217;auditeur est constamment pris entre deux feux, dont l&#8217;un est un domaine à part entière du rap et l&#8217;autre une implication de la mise à distance, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/04/tumblr_m7cytk7TBb1qcosg7o1_1280.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2127" title="tumblr_m7cytk7TBb1qcosg7o1_1280" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/04/tumblr_m7cytk7TBb1qcosg7o1_1280.jpg" alt="" width="1210" height="1175" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Le Combat Continue</strong>, classique du rap français, chef d&#8217;œuvre d&#8217;un art décrié. Difficile d&#8217;en parler vu le nombre d&#8217;auditeurs qui le connaissent par cœur et qui entretiennent avec cet album un lien d&#8217;affection presque déraisonnable. Impossible d&#8217;être exhaustif, de définir précisément ce qui fait cet album aussi du fait de sa richesse et de son aboutissement, qui maintient prisonnier l&#8217;auditeur de son univers sombre, où les caisses claires sont des cliquetis de chaînes et les cuivres autant de complaintes de détenus invisibles. La voix de <strong>Kery James</strong> résonne ainsi à la fois comme l&#8217;autorité locale et aussi la seule part d&#8217;humanité présente aux alentours. Au fil des pistes, le MC change et se transforme, parlant de lui et sa bande comme <strong><em>la pièce maitresse</em></strong> tout en ironisant sur son art, alors qu&#8217;il exprime des sentiments divers, voire contradictoires. On peut alors penser cet album en termes de distinctions et de paradoxes, mettant en lumière la richesse et la diversité des thèmes et de l&#8217;écriture.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Egotrip/introspection :</span></strong></p>
<p>En naviguant entre les pistes de l&#8217;album, l&#8217;auditeur est constamment pris entre deux feux, dont l&#8217;un est un domaine à part entière du rap et l&#8217;autre une implication de la mise à distance, par l&#8217;écriture, d&#8217;une situation. L&#8217;egotrip, avec toute la mégalomanie qu&#8217;il met en scène, impose les personnalités des Mcs dans le paysage rapologique, autant dans le message que dans la pratique<strong>. Ideal J</strong> devient donc <strong><em>la pièce maîtresse</em></strong> (<strong><span style="text-decoration: underline;">Le Combat Continue Part 2</span></strong>), ne serait-ce que parce qu&#8217;elle le déclare. Cette autorité qui retient presque en otage l&#8217;auditeur le pousse à acquiescer et accepter le statut de ceux qu&#8217;il écoute. De plus<strong>, Ideal J</strong> tient à s&#8217;imposer non seulement dans le rap mais aussi dans le show-business, débarquant en studio comme dans une rue piétonne un samedi après-midi, méprisant cet univers tout en essayant d&#8217;en prendre les rênes. En parallèle, <strong>Kery James</strong> nous décrit dans d&#8217;autres morceaux son processus de remise en question. Retraçant son parcours et exposant erreurs et errements, le mélancolique MC se fait méditatif. Sentant qu&#8217;il a failli dans ce qu&#8217;on attendait de lui (<strong><em>j&#8217;reste de ceux dont on dit qu&#8217;ils ont gâché leurs possibilités</em></strong>, <strong><span style="text-decoration: underline;">Si Je Rappe Ici</span></strong>). Si la voix de l&#8217;<strong>Ideal</strong> rappe ici, c&#8217;est par nécessité, celle de <strong><em>reconnaître ses torts</em></strong>, aussi hardcore que cela puisse être.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Mélancolie/rage :</span></strong></p>
<p>Ces deux sentiments sont omniprésents et ce, aussi bien dans les textes que les instrumentaux. Depuis <strong><em>l&#8217;amour nous a rayés</em></strong> (<strong><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;Amour</span></strong>) jusqu&#8217;à L<strong><em>es flics noirs ne sont que des traîtres et j&#8217;en bave de rage</em></strong> (<strong><span style="text-decoration: underline;">Hardcore</span></strong>), les extrêmes se rejoignent toujours et vont jusqu&#8217;à se nourrir l&#8217;un l&#8217;autre <strong><em>(L&#8217;amour trop souvent flirte avec la haine</em></strong> , <strong><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;Amour</span></strong>), conduisant parfois jusqu&#8217;au nihilisme, même face aux représentants de la loi (S<strong><em>i ils savaient qu&#8217;ils perdraient beaucoup moins de temps en me suçant la bite</em></strong>, <strong><span style="text-decoration: underline;">Pour une poignée de dollars</span></strong>). Ajoutant les méfaits de la drogue et de l&#8217;alcool au tableau (<strong><span style="text-decoration: underline;">Un Nuage De Fumée</span></strong>), dont les effets peuvent aussi bien conduire à l&#8217;un comme à l&#8217;autre. L&#8217;apogée étant bien sûr <span style="text-decoration: underline;"><strong>Hardcore</strong></span>, aux accents journalistiques, qui nous décrit le monde à travers les pires faits divers et historiques, sur un ton des plus rageux. Rage de l&#8217;injustice, mélancolie de l&#8217;éternel oppressé, ne se sentant jamais à sa place : <strong><em>le monde d&#8217;enculés dans lequel nous sommes obligés d&#8217;évoluer</em></strong>. Message.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Tristesse/dignité :</span></strong></p>
<p>L&#8217;histoire racontée en détails par les Juniors est triste. Entre la drogue, le racisme, la délinquance, la répression et la prison, l&#8217;horizon des jeunes des quartiers du 94 semble terne, pour ne pas dire carrément sombre. L&#8217;amour, pourtant recherché et désiré, fuit le poète maudit <strong><em>depuis le jour de [sa] naissance</em></strong>. <strong><span style="text-decoration: underline;">J&#8217;ai Mal Au Cœur</span></strong> termine d&#8217;asseoir ce climat sombre, décrivant la vie des jeunes délinquants, qui ne sont plus que des objets du système qui <strong><em>trace nos vies, délimite nos limites</em></strong>. Malgré tout, les Mcs assument leurs actes et font preuve de dignité allant parfois jusqu&#8217;à la vanité. On passe ainsi de <strong><em>J&#8217;ai fait mes choix et aussi hardcore qu&#8217;ils soient</em></strong> sur <strong>Hardcore</strong>, au railleur <strong><em>espèce de connard, accuse le pouvoir</em></strong> sur <strong><span style="text-decoration: underline;">Pour Une Poignée De Dollars</span></strong>. Cette dignité presque forcée veut en fait effacer la fatalité décrite pour chercher à se détacher des institutions qui de toute façon ont décidé de ne s&#8217;occuper d&#8217;eux seulement dans un contexte répressif.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Déterminisme/détermination :</span></strong></p>
<p>En exposant son parcours, le groupe ne cherche pas la rédemption mais fait parfois preuve d&#8217;un fatalisme exagéré. <strong><em>Les règles ont été fixées, malheureusement restent fixes</em></strong> (<strong><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;Amour</span></strong>), constat de départ qui laisse peu de place à l&#8217;invention, l&#8217;improvisation, l&#8217;imagination. <strong><em>Puisque le monde n&#8217;est rempli que de tards-bâ comme ces profs qui avant d&#8217;avoir des preuves nous montraient du doigt</em></strong> (<strong><span style="text-decoration: underline;">Pour Une Poignée De Dollars</span></strong>), alors ces jeunes n&#8217;ont eu d&#8217;autres choix que de se tourner vers la délinquance et la marginalité. Ils en viennent même à se justifier par le fait qu&#8217;ils ne sont qu&#8217;humains, avec tous les défauts que cela implique.</p>
<p>Ainsi <strong><span style="text-decoration: underline;">Hardcore</span></strong> devient l&#8217;énumération des vices de l&#8217;homme, dont la plupart sont bien plus dérangeant et destructeurs que ceux de <strong>DJ Medhi</strong> et ses kickeurs. La comparaison va plus loin en rapprochant <strong>Kery James</strong> et <strong>Jacques Chirac</strong>, à l&#8217;époque président sur <strong><span style="text-decoration: underline;">Pour Une Poignée De Dollars</span></strong> : <strong><em>me demander ce que je ferais pour une poignée de dollars, c&#8217;est demander à Chirac ce qu&#8217;il ferait pour conserver le pouvoir</em></strong>. En parallèle, les membres du <strong>Ideal</strong> se rebellent parfois contre le destin pour s&#8217;affirmer, pour eux-mêmes et pour les autres. Le rap apparaît d&#8217;ailleurs comme le seul acte de création, la seule porte de sortie de cet univers.</p>
<p>Tournant le dos à la misère pour rentrer dans le monde de la musique, ils veulent y régner en maîtres comme ils le faisaient pour la rue. A la différence que leur règne sur la rue était installé de fait, comme une couronne cloutée sur leurs têtes et dont ils ne pouvaient se débarrasser, alors que le monde du show-business doit être conquis. <strong><em>Ose, lève le glaive face à ces mecs qui pèsent […] Nous dans le showbizness, sachez que personne nous baise</em></strong>,  <strong><span style="text-decoration: underline;">Show-business</span></strong> annonce clairement la couleur : le schéma que les anciens délinquants appliquaient à leur monde va être appliqué à celui du divertissement, les amenant à accomplir quelque chose qu’ils n’auraient jamais soupçonnés, devenir finalement des <strong><em>artistes</em></strong> plutôt que simplement des <strong><em>mecs riches</em></strong>.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Fond/forme &#8211; Conclusion :</span></strong></p>
<p>Ce statut d&#8217;artistes, qui ne semble pourtant pas être le but recherché, est en fait tout à fait atteint sous l&#8217;angle de cette distinction. Formellement, on se trouve en permanence plongé dans cet univers musical à la fois riche, ambigu et cohérent, piégeant comme dit précédemment l&#8217;auditeur irrémédiablement en imposant un fil conducteur sombre et lancinant. <strong>DJ Medhi</strong> redouble ainsi d&#8217;efforts, épaulés par ses comparses beatmakers, pour imposer un style, une signature musicale, qui fait que l&#8217;on reconnaît instantanément une instru du <strong>Combat continue</strong>. Les textes aussi profitent de cette symbiose entre fond et forme et même si le style reste sobre, on sent que l&#8217;auteur peut rebondir à n&#8217;importe quel moment comme sur <strong>Blast Masta Killa</strong> : <strong><em>Sachez que la rime cé aurait pu ne jamais cesser</em></strong> et se permet néanmoins quelques fantaisies <strong><em>([Hardcore] fut la Révolution française, un-sept-huit-neuf</em></strong>). Cette sobriété est bien évidemment mise au service du fond, en étant en perpétuelle symbiose avec lui. Elle laisse une grande impression de maîtrise et d&#8217;aboutissement qui reste ancré profondément, même après l&#8217;écoute. Qui, comme le combat, continue toujours depuis 1998.</p>
<p><a href="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/04/ideal_j_le_combat_continue_back.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2128" title="ideal_j_le_combat_continue_back" src="http://lerapenfrance.fr/wp-content/uploads/2013/04/ideal_j_le_combat_continue_back.jpg" alt="" width="1512" height="1161" /></a></p>
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