[Focus] Lux Okami, où l’incarnation brute de la douceur et de la sincérité.

Lux Okami, 19 ans, est une jeune rappeuse/chanteuse de Clermont Ferrand, qui a déjà sortie deux sons disponibles sur les plateformes de streaming dont le plus récent Doré, nous a fait forte impression…

Ayant découvert le rap dans son adolescence, elle s’y est passionnée grâce aux nombreuses écoutes avec son grand frère passant de 1995 à 2Pac, jusqu’à franchir la porte de se rendre régulièrement à plusieurs Rap Contenders.
Ne disposant d’aucuns liens initiaux avec la galaxie de la musique française, Lux s’y intègre paisiblement et, avec ce nouveau single Doré, elle vient nous rappeler que les voix féminines possèdent toujours autant de charme.

Lux incarne une jeune artiste émergente, qui possède une grande maturité et une réflexion profonde sur le milieu musical, mais aussi sur l’engagement des artistes en général. La jeune femme ressent bien l’engagement croissant de l’élite artistique et présente la responsabilité d’éducation des textes d’artistes comme inévitable.

Consciente des disparités existantes entre hommes et femmes au sein de la société entière, Lux véhicule des valeurs de partage, de sororité, et plus simplement de force commune entre femmes. Ces valeurs font office à présent de nouvelles thématiques fortes comme le démontrent de nombreuses artistes françaises comme Angèle, Joanna ou Camélia Jordana.

Néanmoins, la jeune femme est également sincère sur son ressenti, ses émotions, et sur l’importance de les mettre en chanson pour justement parler à différents publics et dépasser les barrières habituelles entre tous les types de publics concernés.  Elle parle en effet des difficultés qu’elle rencontré pour s’implanter dans la musique, des doutes parfois sur les intentions des autres à son égard notamment en présence d’hommes cisgenres, en gardant en tête par exemple les abus dont ils peuvent être capable.
La question d’être une femme a donc son importance dans le développement d’une artiste en France, et Lux essaye de ne pas se voiler la face à ce sujet tout en suivant le chemin de sa passion profonde qu’est la musique.

Musique toujours, qui la guide en effet à la fois dans la sélection de ses beat-makers, dans la tonalité de ses sons ou encore également dans leur promotion qu’elle fait de façon autonome et débrouillarde.
Son apprentissage est également remarquable, car il témoigne de la curiosité de cette artiste, qui se passionne à tous les aspects de la création musicale, en les conservant bien précisément au sein d’un petit carnet, à l’instar d’une inspectrice des travaux finis dans le rap français.

Un apprentissage passant par l’observation d’autres artistes ayant une carrière admirable sur bien des points comme peuvent l’avoir Booba ou Nekfeu par exemple. Chez eux, Lux observe la mise en place d’un alter ego chez l’artiste, le poussant à une certaine prise de distance avec son public, dont la fidélité et la loyauté envers l’artiste ont été acquises au fur et à mesure du temps.
Si la jeune femme puise beaucoup de ses influences du côté du rap, elle n’oublie pas de créer sa voie à elle, où l’anglais et le français peuvent se côtoyer sans crantes, où son vécu interfère avec justesse, et où elle demeure maîtresse des aspects techniques liés à sa musique.

Lux est finalement une femme qui mêle la jeunesse et la réflexion avec merveille, qui parvient avec subtilité à transmettre l’émotion pure qu’elle dégage, tout nous apportant une douceur bienvenue.

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