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[Interview] Alpha Wann – « Ma carrière solo est en parallèle de 1995. Je slalome. »

Quel regard portes-tu aujourd’hui sur ce que tu as pu faire avant ? Sur ton évolution ? Est-ce que tu écoutes encore tes anciens sons ?
Non, jamais. Je n’écoute pas du tout. Pour moi c’était hier donc j’étais moins fort. Aujourd’hui, j’ai développé une autre oreille. Je n‘ai plus besoin de les écouter pour savoir ce qui était nul dans ce que je faisais. Avec 1995, il y a des sons comme Jetlag, Flingue dessus ou Je Brille, que j’estime énormément, mais mes sons perso non. Je ne suis pas trop du genre à écouter mes propres sons. C’est bizarre.

Comment juges-tu ton travail aujourd’hui ? Est-ce que ça te plait ? Est-ce que tu l’écouterais si ce n’était pas toi qui le faisais ?
Oui, il y a quelques morceaux que j’écouterais à fond. Est-ce que j’écouterais tout ? Je ne sais pas.

On te compare souvent à Dany Dan. Comment tu le justifies ?
C’est normal. Il m’a énormément influencé. C’est un des meilleurs. Je n’écoutais pas de rap français, je ne trouvais pas ça beau. J’ai commencé à écouter du Dany Dan. Pour moi, c’était le seul bon rappeur français. Je connaissais plein de trucs mais c’était le seul que j’écoutais vraiment. Il m’envoyait du style comme les américains. C’était ça qui était fou. Je le connais. Je pense qu’il me valide. Je ne vais pas te dire que je suis son rappeur préféré, mais je pense qu’il me valide.

C’est flatteur ou tu aimerais t’en détacher un peu ?
C’est relou parce que je suis comparé à quelqu’un, mais ce n’est que de ma faute. Certaines personnes diront que quoi je fasse, c’est du Dany Dan. J’aurais du écouter moins de rap français peut-être. Je préfère qu’on me compare à lui plutôt qu’à quelqu’un de nul. C’est flatteur mais j’aimerais bien sortir de cette ombre là quand même.

Comment tu gères ce statut d’espoir du rap français ?
Franchement, le fait est que j’ai sorti mon CD la semaine dernière. Sur la première semaine, il y a eu les soucis de distribution, il y a des gens à qui ça n’arrive pas. J’ai eu mes chiffres, j’ai dû faire environ 1500 ventes mais les FNAC ne m’ont pas distribués partout. Avec 1500 ventes, je ne me dis pas que je suis un espoir de quoi que ce soit. Il faut que je continue à travailler, c’est tout. Oui je fais du bon travail mais d’un œil extérieur, je n’aurais pas trouvé ça incroyable. J’aurais trouvé ça chaud, ça ne m’aurait pas troué le cul. Donc, je ne me considère pas comme un espoir. En tout cas, pas encore.

Selon toi alors, qui sont ces espoirs ?
Nekfeu, pour moi, c’est le gros espoir du rap français. Deen aussi, Eff, le S-Crew … Je n’écoute que mes potes, le reste, je ne suis pas du genre fanatique. Qu’est ce qu’on appelle espoir ? ça veut dire que c’est quelqu’un qui marche un minimum. Si ça ne marche pas et qu’il n’y a que moi et deux personnes qui connaissons, ce n’est pas un espoir, mais juste quelqu’un qui rappe bien. Kaarisest un espoir parce que c’est son premier projet et qu’il a beaucoup vendu. C’est ça que j’appelle un espoir. Sinon le reste, c’est la nouvelle génération. Je me considère plus comme ça même si je commence à prendre de l’âge et à ne plus être la nouvelle génération. J’ai encore une montagne de travail à accomplir.

Tu parais plus discret que les autres, mais tu mènes quand même ta barque. Comment tu l’expliques ?
Je ne sais pas. Comme je suis timide, je suis plutôt silencieux devant les caméras. J’ai l’impression que comme je suis filmé, je stresse et je ne finis pas mes phrases, ça me rend fou. Je ne suis pas encore une rock-star.

Comment tu vis l’expérience 1995 ?
Mortelle. Même si, comme pour ma carrière, on n’a pas encore accompli assez de travail pour que je me retourne. On n’a encore rien fait.

Donc, ce n’est pas un prélude à ta carrière ? C’est en continuation ?
Oui, c’est en continuation. Ma carrière solo, c’est en parallèle. Je slalome entre les deux. Les autres font pareil.

 On dirait que tu critiques un peu le public de 1995 dans Alph Lauren.
Non. Quand je dis fanatique, c’est fan. J’ai rajouté le atique pour rendre hommage au Roi Heenok. Non, c’est les fans en général qui sont relou. Je pense que tout le monde a certains fans qu’il aimerait esquiver certains jours.

 Tu ne renies pas tout ce public ?
Non, si ils apprécient c’est cool. Je fais peut-être un truc différent, mais ça ne me dérange pas. Je préfère que ce soit ça plutôt que pas de public ou un public instable. Et puis, marquer des jeunes, si tu fais des trucs cools et que tu restes fidèle à ta musique, tu les marques à vie. Tu peux être les Rolling Stones dans leur cœur.

Quels seraient tes auditeurs idéaux ?
Un public riche, comme ça ils achètent tous mes CD en plein d’exemplaires. Je n’ai pas envie de profiler ma musique, ce serait du nazisme. C’est pour tout le monde, ceux qui apprécient, ceux qui n’apprécient pas. C’est pour tout le monde, ceux qui ont l’esprit ouvert.

Ça a une importance pour toi d’avoir un bon public ? Tu peux avoir certains fans très présents.
Dans la vie, je ne suis pas super sociable. Avec les gens que je ne connais pas, je suis totalement antipathique. Ça ne me touche même pas. Je ne suis pas confronté à ça donc je ne sais pas vraiment ce que c’est qu’avoir un public harceleur. Dès qu’il y a de la masse, je ne suis pas là. Il faut que les gens consomment, si on veut recréer de la musique derrière. Mais ils en parlent et ça fait plaisir. C’est la meilleure publicité.

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3 comments

  1. Effectivement, je pense que tu as raison. On corrige de suite !

  2. Dans la première réponse de la page 2, Alpha n’a-t-il pas voulu parler du titre « Je brille » ? C’est bizarre qu’il sorte « où je brille » tout à coup, je pense pas qu’il ce serait permis ^^

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