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[Interview] Hippocampe Fou : « L’album est construit comme une sorte de voyage céleste »

On avait laissé Hippocampe Fou dans l’eau il y a deux ans. Aujourd’hui, le jeune homme a délaissé le monde de l’eau et son silence afin de tourner les yeux et les rêves vers le ciel. Céleste sort aujourd’hui et nous avons rencontré l’Hippocampe pendant l’été afin de parler de cette nouvelle réalisation. Respirez un bon coup, levez la tête, on part pour les nuages.

Combien de temps t’a pris la confection de cet album ?
Moins de temps que pour le précédent, parce que la machine était un petit peu mieux rodée. J’avais déjà des contacts, et une fois que tu sors un premier album en digital, physique, tu rencontres des professionnels, tu es un peu moins anonyme. Tu as un réseau qui se créé. Les instrus sont arrivées assez vite puisque, comme le précédent, ce sont différents beatmakers qui me les envoyaient. La rencontre décisive a été Blanka, qui fait partie de Jukebox Champions et La Fine Équipe.

Qui sort un projet avec Cheeko.
Aussi oui. Je suis allé le voir parce que je cherchais quelqu’un pour réaliser l’album. Sur l’album précédent, il m’a manqué un réalisateur musical. J’ai eu de bons retours mais de temps en temps des gens soulignaient que ce n’était pas vraiment cohérent musicalement. Qu’il y avait une face A, une face B. Là je me suis dit que j’allais garder ce côté un peu hétéroclite et pouvoir rapper sur plein de types de BPM. Mais en même temps je veux qu’il y ait une fluidité, une certaine cohérence.

Comment s’est fait le choix des beatmakers ?
Comme d’habitude, mes coups de cœur. Je reçois des instrus qui me plaisent ou un beatmaker m’en fait écouter, et je dis « dans mon panier ». Il y a un mec que j’ai eu la chance de rencontrer grâce à mon DJ Aociz, il s’appelle Stan-E. Il a réalisé beaucoup d’instrus pour la Sexion d’Assaut. C’est un vrai hitmaker. Je suis allé le voir en lui disant « j’ai envie de faire un morceau qui parle de ça, j’aimerais une espèce de trap en majeur » je lui ai donné quelques contraintes, et en ¾ d’heures il m’a pondu le beat de Presque Rien, qui ensuite est devenu ce featuring avec Gaël Faye.

D’ailleurs, ce titre sonne vraiment single.
Ce beatmaker a vraiment ce savoir-faire, cette adaptation à la personnalité du rappeur avec lequel il travaille. Il a vu que j’étais un mec un peu bisounours, donc il m’a fait une instru bisounours. Je me reconnais dans cette instru un peu entre le cartoon et Mario Bros, ce petit côté jeu vidéo qui me correspond bien. Je suis assez content de cette collaboration.

Il y a aussi des beatmakers américains que j’ai contactés sur Soundcloud car j’ai eu des coups de cœur sur certaines instrus. Ce sont des gens très productifs donc pour eux c’est juste une instru de plus. Ils ont aimé ce que je faisais alors ils m’ont envoyé les pistes séparées et Blanka les a retravaillés. Il a vraiment mis la main à la pâte sur chaque instru. Il a été garant de la cohérence de cet album. Il a vraiment été un atout et c’est ça qui a fait la différence par rapport à l’album précédent qui était plus freestyle, où j’étais le seul maître à bord, seul « chef », avec toutes mes contradictions et incohérences.

Le choix des featurings s’est fait comment ?
Gaël Faye est quelqu’un que j’admire depuis des années, c’est un vrai poète. Je n’ai jamais entendu un truc de lui bâclé, il prend le temps d’écrire des belles phrases, beaucoup de métaphores. Il y a des gens qui savent écrire des punchlines, mais des métaphores au sens premier du terme, il y en a pas tant que ça finalement dans le rap. Il y a Rocé, Orelsan de temps en temps. Gaël Faye a fait du slam, il a été confronté à l’a cappella. Il a une qualité d’écriture et ça m’a fait kiffer de l’inviter.

Il s’est un petit peu adapté à ton style sur ce morceau ?
Oui. Il est arrivé chez moi, il a enlevé ses chaussures, il s’est mis à l’aise. Moi j’avais déjà écrit mon truc, et lui a écouté, il a compris le délire. Il a fait des jeux de mots à rallonges, comme des « patins à glace à la vanille » complétement dans le délire de mon couplet. Il s’est parfaitement adapté dans ce morceau. Il y a aussi The Procussions, que j’avais découvert chez Hocus Pocus. C’est deux gars qui viennent de Los Angeles. Pour moi c’est les Foreign Beggars américains, il y a un grand avec une grosse voix, et un petit nerveux, J.Medeiros. C’étaient des connaissances de mes managers et je rêvais d’un titre franco-anglais. Il y a Céo, qui était déjà présent sur le premier album, et qui m’accompagne sur scène depuis déjà plusieurs années.

On entend des gens qui chantent sur l’album, dans les refrains. Il y a ton père sur le morceau Las Estrellas ?
C’est vrai, c’est lui qui chante. A la base, j’avais écrit et enregistré le refrain moi-même. Et je me suis dit que mon père le ferait mieux que moi. Il fait de la musique latine, il est colombien, guitariste, il chante mais ce n’est pas sa spécialité principale. Il s’est adapté et Blanka l’a bien dirigé. Donc mon père chante le refrain de Las Estrellas.

Mary May et Emji chantent les refrains de Mes Échecs et Presque Rien. Emji est la Nouvelle Star 2015, elle m’a bluffé. Je ne suis pas fanatique de cette émission mais elle a fait des prestations de malade. J’ai été tellement fier de l’avoir sur mon album. Elle était déjà sur le morceau H&M, c’est elle qui chantait à l’époque. Elle débutait l’aventure Nouvelle Star quand elle est venue en studio.

Tu vas le mettre sur la pochette de l’album, « featuring la Nouvelle Star » ?
Non. Je vais en parler en interview mais je n’ai pas envie que ce soit un argument de vente. Il y a aussi des musiciens. Entre autres, il y a Marine Thibault qui bosse avec Wax Tailor. C’est elle qui fait la flute traversière sur Las Estrellas, Arbuste généalogique et sur La grande évasion. Il y a aussi Greg Zlap (sur le titre « Mes échecs ») , l’harmoniciste de Johnny Halliday, un des meilleurs au monde. Il est venu en studio, on lui a mis le morceau et il a fait quatre prises. Il a joué du début à la fin du morceau, et tout était tellement bien qu’on a passé trop de temps à choisir les solos qu’on allait garder. Le mec est un tueur. En plus il n’avait même pas écouté le morceau avant, il voulait le découvrir en studio. Il a écouté une fois et « bam ! freestyle ! » Gros tueur.

About Stéphane Fortems

Dictateur en chef de toute cette folie. Amateur de bon et de mauvais rap. Élu meilleur rédacteur en chef de l'année 2014 selon un panel représentatif de deux personnes.

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