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[Interview] Liqid : « On arrive avec un album pas du tout à la mode et je trouve ça vraiment super »

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Est-ce que tu as travaillé un certain flow pour cet album ?
Pourquoi ? Comment est-ce que tu qualifierais mon flow ?

Je dirais que t’as un peu un flow de ninja.
Bah comme tout rappeur… Tu vois, le premier projet qu’on a sorti avec Les Gourmets, c’était en en 2004…

Il y a eu une évolution.
J’espère qu’il y a eu une évolution ! Après, forcément je travaille mon flow tout le temps. Là, j’ai déjà fini d’enregistrer le futur projet et il est encore totalement différent. Je pense effectivement que c’est différent du précédent. En tous cas, les placements ne sont pas exactement les mêmes. Après, franchement, ce n’est pas très réfléchi. Je pense que je me nourris de plein de choses, de plein de musiques, plein d’influences…

C’est spontané.
Ouais, c’est spontané. Enfin, c’est plus ou moins spontané. J’essaye de ne pas trop répéter le même flow, le même texte et les mêmes blagues à longueur d’album sinon c’est chiant. Mais je suis incapable de l’analyser. Franchement, je ne sais pas.

Pratiquement tout l’album est en mode Imbéciles Heureux, sauf la dernière track, qui est beaucoup plus sérieuse, où tu parles de la condition d’artiste, de l’argent… À ce propos, est-ce que tu arrives à vivre juste du rap ?
La réponse est non. Non, pas du tout. J’ai un taf à côté. Le rap je n’en vis pas. Je ne sais pas si ça arrivera à un moment et je ne sais pas si j’ai vraiment envie non plus. Parce que finalement, il est arrivé des périodes dans ma vie, notamment avec Les Gourmets, où j’étais intermittent et où je ne faisais que du son.

Si tu ne dépends pas que du rap pour vivre, ça permet d’être totalement créatif.
Tout à fait. Ça permet de n’être à aucun moment parasité par la réalité financière. Après, pour revenir à ce que tu disais sur le morceau en lui-même, effectivement il y a pas mal de références à l’argent, à la galère plus exactement. Mais je pense que c’est plus sur la solitude que sur la thune. La galère t’isole forcément.

C’est le morceau le plus intimiste.
Complétement.

Sinon, j’ai vu sur ton Facebook que t’avais participé au « prix du jeu vidéo français ». C’était quoi ton rôle là-bas ?
– Bah mon rôle c’est toujours le même, c’est d’être MC. (Rires) En fait, ils m’ont contacté pour que je fasse quelques morceaux pendant la soirée. J’ai fait l’introduction de la cérémonie. C’est trop marrant parce que c’est comme si tu devais rapper au festival de Cannes. Bon, sauf que c’est beaucoup plus petit et que ça concerne le jeu vidéo français.

T’as kiffé ?
Ah ouais j’ai vraiment kiffé. Après, t’as beau être fan de jeux vidéo, les mecs qui font des jeux vidéo, ce sont des geek finis. Alors pour faire une faire une prestation devant eux… Ce ne sont pas des mecs qui vont se foutre à poil et danser sur les tables. Donc c’était un exercice. D’autant plus que c’était une cérémonie officielle. Du coup, c’est un exercice assez particulier. Mais ouais, j’ai grave kiffé. Pour le coup, j’ai fait des morceaux qui étaient vraiment adaptés. J’ai même adapté des morceaux au délire jeux vidéo, que ce soit par des sons ou par le texte. Donc super expérience, et je sais que j’ai un public assez important qui me suit dans les communautés de gamers… Ça ne se ressent pas trop dans cet album-là mais plus dans le précédent par exemple. C’’est quelque chose que j’affectionne particulièrement. Et ça se ressentira d’autant plus dans le prochain projet, qui est très orienté jeux vidéo dans l’esprit. Mais c’est trop tôt pour en parler.

C’est vraiment trop tôt pour en parler ? Tu ne veux pas lâcher un petit scoop à Le Rap en France ?
Je peux pas parce qu’il n’est pas totalement terminé et je ne suis pas à l’abri qu’on change d’avis totalement, et qu’on fasse un album de techno ou de samba. (Rires) Mais il y aura une orientation jeux vidéo.

Tu es plutôt fan des jeux vidéo old-school.
– Ouais, carrément. En fait, moi, ma grande frustration dans la vie… En fait j’étais un fan de très longue date de la marque Sega. Mais vraiment hard fan. J’ai tous les devices Sega. Je suis le seul à… Enfin, j’espère que je ne suis pas le seul. Mais je me sens le seul à fond dans certaines licences, certaines séries Sega que personne ne connaît. Mais bon forcément, ils n’ont rien sorti depuis 15 ans. Et du coup, quand la marque a périclité en termes de hardwares, en gros, c’était l’époque de la Playstation 1, et il fallait choisir son camp entre Sony et Nintendo. Et moi, un peu par excès d’orgueil et de frustration, j’ai arrêté d’acheter des consoles à ce moment-là. Donc j’ai très peu joué… Enfin, je joue encore beaucoup, mais à des vieux jeux quoi. Des vieux jeux Mégadrive, Saturne, Dreamcast.

C’est laquelle ta préférée ?
Moi c’est la Dreamcast et la Mégadrive. Ce sont mes deux consoles préférées.

Sur Facebook, il y a une photo de toi avec une Super Nintendo.
Ouais. C’est l’extrait d’un prochain clip. C’est encore autre chose.

Du coup il y a des titres de l’album qui vont être clippés ?
Ouais. Il y a un qui arrive bientôt.

Et les clips sont financés avec l’argent récolté grâce à KissKissBankBank ?
Pas totalement. Mais ils arrivent.

Ok. Ecoute, je pense qu’on a fait le tour de ton actu. Tu penses qu’il y a quelque chose qu’on n’a pas abordé ? Est-ce que t’as un message à faire passer à tes fans ?
Bah pas spécialement. Juste continuez à soutenir. On sort le projet dans l’indépendance la plus totale, et ça se passe super bien. Le KissKiss a été super engageant. On hallucine, on a des commandes de vinyles et des ventes tous les jours, tout le temps. Donc forcément, ça donne envie de continuer.

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