[Interview] Loko & Karna : « La musique c’est mon psy, ma passion et mon métier »

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Quand on connait le temps qu’il vous a fallu pour concrétiser le projet 3 éléments qui a trainé un max, comment expliquez-vous un retour si rapide dans les bacs ?
Loko: Cet album a été dur pour moi car j’étais le lien entre tous les intervenants. Karna et Chris se connaissaient un peu mais n’avaient pas les rapports que j’ai avec l’un et l’autre. Le projet se faisait dans mon studio, j’étais donc à la fois ingé, rappeur, organisateur des sessions  et je m’occupais aussi des contacts avec les beatmakers et le graphiste. Au moment où j’ai bouclé les derniers mixs, j’étais épuisé, Karna était parti vivre à Saint Barthélémy et Chris venait d’être papa. Autant dire que je me suis senti un peu seul. Je ne me voyais pas affronter radios, concerts, distrib… en solo. Du coup le projet a pris son sens lorsque j’ai sorti mon album solo  puisque 3 éléments l’accompagnait. Je l’ai donc fait presser pour honorer les gens qui l’attendaient. Il est toujours dispo d’ailleurs et en concert, les gens continuent à m’en acheter !
Karna : Pour 3 éléments on était très mal organisé. J’ai l’impression que nous n’étions pas si motivés que ça et puis c’était délicat à gérer avec nos emplois du temps respectifs. Pour Décalages Horaires c’est complètement différent. Pour ma part j’étais en vacances chez Loko à Paris donc on s’est lancé un défi de faire un album en 15-16 jours à base d’un titre par jour. Nous nous sommes pris au jeu et au final je suis très fier du résultat !

Sachant que l’enregistrement s’est déroulé sur une très courte période durant le mois de Septembre 2013, que répondez-vous à vos éventuels détracteurs qui pourraient parler de projet bâclé ?
Loko : Je répondrais : « ECOUTE«  !!! (rires) On se connait assez bien pour se dire « rentre chez ta reum avec ton couplet pourri et ré-écris » (façon de parler bien sûr, sa chère maman habite à 8000km de chez moi donc…). En plus de cela, j’avais quelques thèmes et instrus en chantier, lorsqu’il est arrivé, on a rapidement eu matière à construire autour de ces petites bases. On a posté un statut facebook « cherche instru pour projet commun«  et on a reçu de belles galettes direct. En plus Karna avait de l’énergie à revendre, motivé comme jamais. Je le revois prendre un stylo en même temps que son bol de céréales du matin. Les conditions étaient favorables à faire un bel album, et s’il y a bien une chose que le chrono a fait, c’est nous stimuler !
Karna : C’est vrai qu’en enregistrant durant une si courte période certains vont penser avant de tendre l’oreille que ce projet a été bâclé. Je leur propose donc de l’écouter et d’en rediscuter ensuite. Je n’avais rien sorti pendant 2 ans, du coup toute l’inspiration accumulée n’a pas eu  tant de mal à sortir ! On a reçu aussi tellement de prods « coups de coeur » que l’inspiration et les thèmes sont venus assez rapidement.

Comment a germé cette idée d’album-concept autour du décalage horaire ? Les thématiques abordées tournent-elle toutes autour de vos existences respectives à 7000 km ?
Loko : Ce n’est pas un concept d’album entier, juste un fidèle reflet de la façon dont s’est fait l’opus, avec évidemment des manières divergentes de voir les choses vu le style de vie différent que nous avons aujourd’hui.
Karna : L’idée s’est faite naturellement. Tout est résumé dès l’intro. Lorsque je suis arrivé à Paris, pour moi il était hors de question de faire des morceaux. Et puis le fait de retourner en studio ça m’a remotivé. Loko m’a aussi cassez les couilles pour refaire du son ! Sur la route du retour de vacances dans le sud, nous nous sommes dit : « allez je me casse dans 15 jours, chauds pour faire un album-marathon ? OK ! C’est parti ! » Pour les thèmes, oui ils parlent beaucoup de nos vies respectives à Paris et aux Antilles mais pas que ça non plus.

Ne vous sentez pas trop orphelin de Chris Taylor sur l’album connaissant votre complémentarité à tous les trois ? L’équilibre au MC-ing n’est-il pas menacé ?
Loko : Tu peux aussi bien me voir faire un album avec Chris Taylor l’année prochaine. J’aime son rap et c’est un ami, juste que sur ce coup il n’était pas là… De plus c’est moins compliqué à gérer les binômes. Moins on est nombreux, plus la gestion est simple, je sais de quoi je parle, on était 21 dans ATK !
Karna : Non c’est Chris Taylor la menace (rires) ! Avec lui c’était la menace de ne rien sortir (rires).

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