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[Interview] Lomepal : « La solitude est un thème de prédilection. »

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Quelle a été sa période de création ?
J’ai fini de l’écrire en février. Je l’ai enregistré en mars au Blackared Studio avec Jean Jass et Carlos. Ce n’était pas du tout comme mixer du boom-bap car c’est assez simple même si tu as des petites idées par-ci par-là. C’était plus dangereux là et les premières maquettes que j’ai reçu ne me plaisait vraiment pas. Ça a retardé l’ensemble. On a commencé à travailler le clip d’Enter The Void car c’était un projet de grande ampleur. Par exemple, il y a plus de 150 personnes qui ont travaillé dessus. On a eu plein de galère sur ce clip et on a réussi à le sortir quand même. Ça a dû repousser le projet. A la base, je voulais qu’il sorte en mai. Après, je me suis dit fin juin, maximum…

Est-ce que tu es satisfait de ton évolution ?
Oui. Bien sûr. Je me poserais des questions sinon. 20 Mesures, je crois que je ne l’ai jamais réécouté. J’entends trop de défauts. En fait, le problème quand tu fais du rap, c’est que tu interprètes. Et quand tu débutes, tu ne sais pas du tout interpréter. Tu ne sais pas quel est ton style, tu ne connais rien. Même si ça faisait un moment que je rappais, je n’étais pas prêt. Tu te fais les dents avec des petits projets comme ça. Et forcément, tu sur-joues en t’inventant une identité. Quand les années passent, tu commences à trouver ta vraie identité, ta manière de rapper. Après quand tu t’es trouvé et que tu te réécoutes, tu te rends compte que tu sur-joues, que c’est quelqu’un d’autre. Je me donnais un style. Mais j’étais obligé de faire ça pour trouver le mien et évoluer. Je le ressens beaucoup dans 20 Mesures, un peu dans Le Singe et quasiment plus dans La Perle. J’avais une manière d’articuler un peu sèche, agressive et rigide. Maintenant, je ne me mets plus cette pression et j’arrive à être moi-même.

Comment regardes-tu tes précédents projets ?
Je les trouve cohérents, je dirais ça comme ça.

De quoi tu as envie de parler dans tes textes ? Qu’est ce qui t’inspire ?
La solitude marche toujours. C’est un thème de prédilection. Je dirais que pour La Perle, je partais dans un style qui était très esthétique. Même s’il y avait des morceaux tristes, de la mélancolie, c’était doux. Du coup, ça m’a manqué de faire un truc dissonant, agressif, un peu plus interprété. Et c’est ce que j’ai vraiment fait dans Seigneur. J’avais envie d’être dans l’interprétation. C’est la meilleure définition que je pourrais donner. Il y a des morceaux où je me suis essayé à me lâcher complètement. Il y en a même un où je crie. Je me lâche. J’aime bien jouer entre le calme, la folie et revenir au calme. Il tourne d’ailleurs pas mal autour de la folie, c’est pour ça que je suis dans un hôpital sur la pochette. Ça résume un peu tout ça. Ça dégénère.

Et comment t’es venue cette idée ?
J’avais envie de le faire depuis longtemps. En réalité, quand j’ai commencé à faire La Perle, je savais qu’il manquait quelque chose. Je viens d’une école où on aime bien le côté obscur de la force. On est des grands fans de Dark Vador dans mon équipe. Du coup, on a toujours aimé rapper sur des trucs sombres, dire des trucs un peu hardcore, s’amuser avec la limite et le chaos. Je l’avais complètement mis de côté dans La Perle parce que j’avais envie de faire un truc beau et Meyso ne se prêtait pas à quelque chose de moche. Il a un style trop peaufiné, trop doux. Du coup, j’avais envie de ça. Seigneur n’est pas que sombre mais quand tu l’écoutes d’une traite, ce n’est pas super joyeux.

On ne l’écoute pas un lundi matin dans le métro ?
Si. Il y a des morceaux qui mettent la patate, ça peut donner de la force. Mais il n’est pas paisible.  Je suis convaincu que la tranquillité n’est pas le seul moyen d’écouter de la musique. On peut aussi apprécier quelque chose d’agressif et quelque chose de plus obscur.

Quel est ton rapport avec la scène?
J’essaie de travailler la scène de plus en plus. Ces derniers mois, je n’ai pas eu trop le temps. Avec Fixpen Singe, on a bien pu travailler ce côté-là. Malheureusement, la tournée ne s’est pas passée comme prévue. Les dates qu’on a faites étaient vraiment réussies. Mais on n’a pas pu en faire autant qu’on voulait selon les disponibilités de chacun. En solo, j’avais tourné pendant un an avec Keroué. Ils vont sortir un album avec Fixpen Sill, donc ce sera Caballero qui va revenir me backer pour la pseudo-tournée que je vais faire.

Et le studio ?
Dans le studio, il n’y a pas de risque, tu peux tourner autant de fois que tu veux. C’est différent parce que tu sais que tu peux toujours recommencer, ça devient maladif et perfectionniste. Tu perds toute objectivité. Tu ne sais même plus ce qu’il faut faire, si ce que tu as fait est bien ou pas. La spontanéité est une force aussi. Quand tu rappes sur scène, tu n’as qu’un essai pour ton texte et du coup, tu le fais du mieux que tu peux. Il sonne vrai. En studio, à force de recommencer mille fois, tu finis parfois par réciter et tu ne te rends même plus compte. Par exemple, Keroué aime bien rapper tout de suite après avoir écrit un couplet. Il ne l’enregistre pas forcément du premier coup mais il le rappe tout de suite et du coup il y a des hésitations microscopiques qu’il aime bien. Il trouve que ça donne du charme et je comprends ce qu’il veut dire.

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