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Nepal & Doum's

[Interview] Népal : « Ma vie ce n’est pas le rap. »

 » Toujours en retard comme le lapin d’Alice « . RDV à 17h00, c’est comme pour illustrer cette phrase de son frère d’armes Doum’s que Népal se pointe à 17h15. Mettons ça sur le compte du quart d’heure de courtoisie.

Est-ce que tu peux te présenter rapidement, pour ceux qui ne te connaissent pas ?
Népal: Yes! Alors moi c’est Népal, j’ai 24 ans, ça fait 5 ans que je rap à peu près. Je suis un MC au sein du collectif 75ème session et membre de 2Fingz avec Doum’s.

Comment en es-tu arrivé au rap, qu’est ce qui t’a poussé à écrire ? Le milieu social dans lequel tu as grandi t’a-t-il été favorable ?
Non pas du tout. En fait moi je kiffe la musique, depuis toujours. Avant j’écrivais, mais pas du tout de rap. Ma première expérience d’écriture de rap, ça a été quand j’avais 13-14 ans. J’ai commencé avec un petit jeune qui s’appelle Jojo L’Affreux, qui est membre du Gouffre maintenant. Il était présent sur le premier projet 2Fingz. Il est un peu plus jeune que moi et on a commencé à écrire. J’ai bien aimé mais ce n’était qu’une simple expérience. Après il y a eu une grosse pause où je faisais autre chose et puis c’est revenu à mes 19 ans. Je m’y suis mis sérieusement un peu plus tard. C’est là que j’ai commencé vraiment à écrire et à m’y intéresser.

Comme dit Georgio: « Écrire c’est mon océan, le rap c’est que ma pataugeoire« . Il en va de même pour toi, tu penses que tu vas t’élargir ou te restreindre au rap ?
Comme je l’ai dit, j’avais déjà commencé à écrire avant de rapper.

Tu écrivais quoi ?
Des textes, des petites histoires. Aujourd’hui, j’approfondis vraiment le côté rap, parce qu’il y a plein de choses à explorer, plein d’aspects différents, que ce soit la technique, le storytelling, les différents flows qu’on peut adopter. Maintenant, j’aime bien aussi tester le chant, les autres aspects musicaux. Je fais aussi des instrus. Donc pour l’instant je vais me cantonner au rap, et pour la suite on verra si ça évolue.

Quelles sont tes influences principales? Qui t’a donné envie de te lancer là-dedans ?
Alors moi j’ai commencé, je pense comme pas mal d’emcees de ma génération, même si il y en a peu qui se l’avouent, avec la Sexion d’Assaut. À l’ancienne, avant qu’ils percent, quand ils ont commencé à faire leurs vidéos freestyles, qui ont un peu retourné le net, la plupart des amateurs de rap se les sont prises violemment. C’était indéniable: les gars étaient super forts. Du coup, j’ai vu leur freestyle, j’ai pété une quille. Et je me suis dit que c’est ça qu’il fallait que je fasse. Alors au début je rappais comme Maître Gims, je faisais les mêmes accélérations que lui. Et je me prenais grave le flow de Black M aussi, donc je rappais un peu comme lui. Là si je retrouve des archives dans mon ordi, on verra que je rappais vraiment comme lui, un truc de fou. C’était la première grosse influence. Et puis j’ai rencontré Doum’s, étant donné qu’il vient du neuvième arrondissement, que son grand frère est dans L’Institut (Dr Bériz), on avait les mêmes influences. Ensuite, on a commencé à faire des open mics, à traîner un peu dans Paname, à rencontrer d’autre kickeurs, des mecs comme 1995, L’Entourage, qui eux étaient plus d’une école Ill, rap de Boulogne, les Sages Po’ etc. Donc on a rencontré cette technique là. On a fait notre petit mélange et maintenant on assume notre flow. Voilà, c’est comme ça que ça a commencé.

T’as récemment changé de blaz, c’était KLM avant. Pourquoi ?
En fait, je reste KLM. Mais c’est juste une nouvelle personnalité, une nouvelle facette. Pourquoi je fais ça ? Il y a un artiste, qui s’appelle Madlib, un beatmaker et rappeur, qui s’amuse à faire plein de projets différents sous des blazes différents. J’ai adoré ce délire là et je me suis dit que j’allais faire ça. C’est-a-dire que quand j’ai commencé avec 2Fingz, j’étais KLM. Après j’ai fait mes petits medleys sous le nom de Grandmaster Splinter. Là j’ai commencé mes projets solos plus sérieux, et je me suis dit que j’allais prendre encore un autre blaze tu vois, pour désorienter les gens.

Alors pourquoi Népal?
 Népal, tout simplement parce que je trouvais ça stylé en fait. Il n’y a aucun sens derrière ça, je ne suis jamais allé au Népal…. Je crois que c’est un taggueur qui pose Népal, j’ai du voir ça sur un mur et j’ai kiffé le blaze. Je me suis dit que ça pourrait être stylé de porter ça dans le rap. Ouais donc voilà, plusieurs identités différentes et là je pense que même dans mes prochains projets quand j’explorerai des styles un peu différents, je changerai encore de nom.

Et Grandmaster Splinter, alors? C’est un vestige de ton enfance ?
 [Rires]. Non même pas! En fait ce blaze c’est Sheldon qui me l’a donné. Il me charriait un peu, en me disant que Splinter ça m’irait bien. Alors je l’ai pris et j’ai rajouté Grandmaster, pour le côté egotrip.

About Leo Chaix

Grand brun ténébreux et musclé fan de Monkey D. Luffy, Kenneth Graham et Lana Del Rey, je laisse errer mon âme esseulée entre les flammes du Mordor et les tavernes de Folegandros. J'aurai voulu avoir une petite soeur, aimer le parmesan, et écrire le couplet de Flynt dans "Vieux avant l'âge". Au lieu de ça, je rédige des conneries pour un site de rap. Monde de merde.

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3 comments

  1. Superbe interview qui nous permet de mieux connaitre Nepal qui est un personnage assez mysterieux 🙂

  2. Merci pour ton commentaire !

  3. Très belle interview

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