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[Interview Part: 1/2] Pumpkin & Vin’S Da Cuero: « La clé pour toucher les gens, c’est d’être honnête et sincère »

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À la base, tu fais quand même de la musique parce que tu es inspiré par quelqu’un. Être validé par ces personnes là, c’est super.
P: Bien sûr ! Mais il y a un truc vraiment étrange de regarder des gens qui te paraissent inaccessible et que tu croises d’un seul coup, parce que les cercles se resserrent, ou parce que à un moment donné ils peuvent avoir un avis sur ce que tu fais. Et rien que d’avoir accès à ces personnes sur une discussion, c’est bizarre. Mais après, quand certaines personnes te disent qu’elles respectent ta démarche et que des fois, elles kiffent ce que tu fais, ça c’est carrément ouf. Je ne veux pas perdre ça moi, je suis comme une fan. Ça fait vraiment plaisir, ça nous booste.
V: Surtout, tu as une relation privilégiée avec les gens. Par exemple, Grems, son morceau Schlag Musique n’a jamais été publiée. C’est nous qui lui avons envoyé un mail en lui disant qu’on voulait remixer ce morceau, et le mec nous a dit qu’il nous envoyait directement la version acapella, sans soucis. Donc tu vois, tu as un accès privilégié à eux et ça te permet de faire des choses qui semblaient impossibles et d’amener le délire encore plus loin.
P: Des fois, c’est marrant, mais il y a cette espèce de respect, de distance qu’on met avec certaines personnes, mais en réalité ce n’est qu’un blocage dans la tête. Il suffit d’aller leur dire bonjour, c’est génial ce que tu fais, j’ai envie de remixer un de tes sons… Souvent il n’y a qu’à faire ça pour se rendre compte qu’il suffisait de demander.

En effet, ce sont juste des humains… (rires)
V: C’est clair. Il ne faut pas oublier que ce sont des fans de musique aussi, donc forcément quand nous par exemple qui commençons à être âgés: moi j’ai bientôt la trentaine, Cécile a trente ans passés…
P: Âgés ?!
V: Non mais par rapport aux très jeunes qui se lancent à 18 piges. Quand il y a des gens plus jeunes, donc, comme Phases Cachées par exemple, qui ont une démarche solide, qui sont très travailleurs, qui sont très focus sur leur boulot et qui déchirent, tu as tout de suite envie de les aider, de leur filer un coup de main. Je pense que nous, on a été un peu ça pour une génération au dessus. Nous mêmes sommes fans de musique, donc nécessairement quand il y a des jeunes qui débarquent et qui tuent tout, ça intrigue, tu as envie de creuser, de voir comment ils travaillent. On se dit que ce serait bien de les rencontrer. C’est aussi pour ça qu’on fait de la musique.

J’ai l’impression qu’il y a une sorte de scène rap alternatif, même si j’aime pas trop ce mot, qui s’est vraiment créée.
P: T’inquiète, tu peux utiliser les mots que tu veux, tout le monde essaye de nous définir différemment ! (rires)

Disons une scène un peu différente et décalée.
P: Coupé décalé !
V: Non, pas vraiment Cécile…

Non mais entre des gars comme Hippocampe Fou, des gens comme vous. J’ai l’impression qu’il y a une vraie scène ou vous vous côtoyez tous, vous êtes tous assez proches
V: En ce moment, ça émerge parce que Hippocampe Fou, puisque tu l’évoques, c’est un ancien un peu comme nous. Il est issu de notre génération, c’est l’époque de MySpace. Lui à l’ancienne il était avec la Secte Phonétik, avec TIS et nous on a connu une période vers 2006-2007 où la scène alternative était très petite et peu structurée. Il y avait Hocus Pocus, et Oxmo qui étaient les deux têtes de gondole de cette scène, en dessous tu avais les costauds comme Kohndo.

Tu mettrais Oxmo dans la scène alternative ?
V: À l’époque oui, c’était le moment de Lipopette Bar, c’était le label Blue Note. Actuellement c’est plus variété. C’était une autre esthétique à l’époque. Bon, et en dessous, il commençait à y avoir une petite structuration, même si il y avait peu de concerts, que le rap n’était pas à la mode. Les mecs n’ont pas réussi à profiter de la lumière de Hocus Pocus et Oxmo. Ensuite en 2010, il y a 1995 qui est arrivé. Là tout a explosé, plein de jeunes sont arrivés, il y a eu toute une remontée avec les Can I Kick It? notamment, les anciens sont revenus. C’était super intéressant. Il y a eu un très gros regain de popularité: La Fronce, avec Grems et Greg Frite, le collectif avec Tchad Unpoe et Le Sept, même le Klub des Losers . Il y avait un gros truc et ça s’est un peu cassé la gueule en 2011-2012 environ, au moment où nous on est arrivés avec Silence Radio. Et là, depuis peu de temps, il y a un troisième souffle. On l’a vu avec les soirées Fine Bouche, le vinyle de Guts et Blanka où il y avait pas mal de monde. Beaucoup de monde commencent à être ensemble. Après, on est potes, ça veut pas dire que ça va cartonner pour tout le monde mais il y a une vraie….
P: … connivence. On se connaît tous, on se soutient, on va au concert des uns des autres, certains collaborent peut être plus entre eux que d’autres.
V: Nous, on est un peu extérieurs à ça quand même. On ne fait pas les cartes blanches de Phases Cachées par exemple. On ne fait pas le truc avec Géabé, ni avec Hippocampe Fou. Eux ils ont crée quelque chose de très fort avec un noyau solide. Nous on est un peu entre les deux, entre cette scène jeune et la plus ancienne, celle composée de Vicelow, Grems, Gaël Faye… On se balade.

About Leo Chaix

Grand brun ténébreux et musclé fan de Monkey D. Luffy, Kenneth Graham et Lana Del Rey, je laisse errer mon âme esseulée entre les flammes du Mordor et les tavernes de Folegandros. J'aurai voulu avoir une petite soeur, aimer le parmesan, et écrire le couplet de Flynt dans "Vieux avant l'âge". Au lieu de ça, je rédige des conneries pour un site de rap. Monde de merde.

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4 comments

  1. J’avais découvert cette artiste avec le morceau « L’ascenseur », et quelques morceaux avec Supafuh je crois. J’aime bien son discours sur sa musique, la façon dont elle conçoit sa création… Après, nous sommes à une époque où le public n’est pas forcément demandeur de ce genre de musiques ou même de femmes qui font du rap (et qui mettent leur musique au premier plan et pas leurs corps). C’est dommage parce qu’il y en a pas mal qui sont intéressantes.

    Pour parler de l’album, je dirais que je la trouve plus « énervée » ou sèche dans sa façon de rapper que sur les précédents projets mais il faut évoluer n’est ce pas. Le morceau « Louder » a ma préférence.

  2. Interview intéressante… Mais vous ne voulez pas réécrire vos url, c’est un peu déstabilisant.

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