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[Interview] « SEIN deviendra énorme ! »

Ils se sont rencontrés au lycée, ils ont alors décidé de former le duo SEIN et sortent leur premier EP fin 2017. Depuis Balthazar et Joseph sont bien lancés : ils sortent aujourd’hui leur second EP, Ultra, et ils sont à l’affiche du MaMA Festival, qui aura lieu du 16 au 18 octobre 2019 à Paris. Second degré, rap de blanc et daltonisme, on a discuté de tout et de rien…

On avait entendu parler d’eux pour la première fois à la sortie du clip déjanté de Passion, où l’on pouvait y voir Thomas Meunier. Depuis, on suivait un petit peu les deux compères qui continuent de faire le buzz entre feat avec Thérapie Taxi, passages remarqués à Rock en Seine et premières parties bouillantes dans toute la France. Sélectionné par YouTube France dans sa liste  » 10 groupes à suivre en 2019″, SEIN a remplit la Maroquinerie au printemps et sera sur la scène du MaMA Festival le 18 octobre (l’occasion parfaite de les découvrir en live après avoir lu cette interview).

Pour commencer simplement, est-ce que votre nom est un difficile à assumer ? On s’est dit qu’on devait tout le temps vous demander de l’expliquer en interview…

Un peu si, mais c’est normal je pense.
Déjà, les gens ne savaient pas trop pour la prononciation si c’était [sain] ou [zein]. Maintenant, tout le monde a compris que c’était [sain], du coup, ça c’est bon. Ensuite, le deuxième problème c’est le pourquoi. On a expliqué que c’était pour les seins d’une fille, qu’on trouvait ça marrant et ça faisait référence au verbe « être » en allemand, un clin d’œil au fait qu’on s’est rencontré là bas au lycée…
Et aujourd’hui, non, ce n’est pas dur à assumer. Enfin, je ne sais pas, en même temps, il y a tellement tout et n’importe quoi qui existe pour les noms de scène maintenant, que l’on a pas de soucis à se faire…

La seule raison pour laquelle c’est un peu relou, c’est que tu ne peux pas le faire référencer sur internet, c’est impossible de l’avoir dans des recommandations YouTube, pas exemple.
Et c’est très chiant d’ailleurs, je ne vois pas pourquoi on ne peut pas le faire, ce n’est pas un mot vulgaire. C’est comme bras ou pieds quoi …
C’est les algorithmes de Google, les filtres pour enfants à la con là… Enfin bref, c’est le seul point un peu con ou on s’est dit « bah merde ».

@ladegaine_
@ladegaine_

Entre la sortie de l’EP SEIN La Vie fin 2017 et aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé pour vous ?

Beaucoup de trucs, tout en fait.
Déjà le premier EP, tout est fait en indé et auto-prod. La totale, les enregistrements, la diffusion, les mix, tout ça, c’est nous. On avait fait tout ça dans la chambre de Joseph, alors qu’on était encore au lycée. Une fois qu’on a sorti le projet, on a fait un concert, une première date. Et en fait, il y avait pas mal de pros qui étaient là, on a rencontré un manager, on a rencontré du monde et tout s’est fait assez vite. On a signé en maison de disque quelques mois après et c’est mortel.

Depuis, on est juste à composer et créer. Depuis qu’on est en label, on s’occupe seulement de la partie musique et création, et ça nous donne plein de liberté en plus. Dans le sens où, tu peux déléguer à mort sur toutes les missions annexes, genre sorties d’albums, liens avec les plateformes et tout, qui est super chronophage. Nous on est concentré sur juste faire de la musique et c’est ça qui nous plait.

Après, c’était trop cool aussi comme travail de trouver la pochette, bosser sur la sortie, trouver le nom de l’EP, et tout ça, mais là, notre situation est parfaite pour la création et bon, on a plus de budget quoi. ça permet de faire des trucs qu’on aurait pas pu avant.
On est des rappeurs vendus, vive les labels !

Est-ce que vous trouvez que c’est allé vite pour vous ?

On nous pose souvent la question et pas vraiment.
Enfin, on pense qu’il n’y a pas vraiment de rapport de lent ou de vite dans la musique, c’est particulier. Genre, il y a des gens qui vont mettent 10-20 ans à être reconnus pour leur musique, donc là, on peut dire que c’est lent. Mais après, tu as des artistes comme Angèle qui sortent d’un seul coup, et là son album, il est Disque de Diamant en moins d’un an et là,  on peut dire que ça va vraiment très vite, puisqu’elle se retrouve direct en tournée des Zéniths et tout. Mais nous, on n’est pas trop dans ce cadre-là. Nous ça fait 1 an vraiment qu’on fait de la musique et ça va vite, mais ça prend le temps qu’il faut. On a le temps de faire ce qu’on veut, de se rôder sur scène et sortir les clips tels qu’on les veut, donc je pense que c’est important la manière dont les choses se déroulent. C’est un bon timing, on ne trouve pas que ça aille trop vite.

Alors, oui, on est jeunes, on a 20 et 21 ans, ça fait 1 an qu’on est dans la musique sérieusement en tant que SEIN, mais on ne met pas de notion de trop lent ou trop rapide sur nos projets.
Ce qui a été hyper rapide, c’est entre le moment où on a sorti des trucs au tout début et la signature. Là, pour le coup, c’est vrai que c’est allé vite. Après, on n’est pas arrivés, c’est pas parce qu’on est « reconnu », qu’on est « connu ». On est pas du tout des resta, du tout, du tout.
Ce qui est bien, c’est que chaque jour, il y a du nouveau, chaque jour on apprend des nouveaux trucs, chaque jour on a des nouveaux fans et ça avance, c’est super cool.

Maintenant que vous êtes en label, quel est votre processus créatif ?

On a pas de méthode particulière, mais on fonctionne sensiblement selon un même procédé. En fait, les prods, enfin les bases des prods sont faites soit par Balth, soit par moi (Joseph), qu’on met dans un grand dossier sur internet où on met tout. Et quand on est notifié que l’un de nous a bossé sur un truc, on va voir, on écoute, on retravaille dessus, puis très vite, on se retrouve au studio à deux. On a un studio à Voltaire, dans lequel on va bosser ensemble. Mais en gros, chaque base est faite par l’un de nous, et ensuite on se retrouve à deux pour bosser dessus. Généralement, on compose la base et ensuite, on construit un texte.
Autant, ça va très vite sur les bases des prods, les compos, on en a beaucoup et on fait les choses rapidement, autant on est super minutieux sur le taff à deux, sur les arrangements, les harmonies, le texte etc… ça, ça peut prendre beaucoup plus du temps.

Nous, on touche un peu à tout et on aime bien faire des morceaux très « produits », très arrangés.

Avant, on écrivait chacun de notre coté, mais on a fini par se rendre compte que c’était pas forcément une très bonne idée. On partait dans tout les sens, et du coup pour cet EP, on a commencé à écrire à deux, c’est un nouveau processus et ça nous convient bien pour le moment. Nos textes sont plus efficaces et plus concis, maintenant qu’il y a deux cerveaux qui se penchent dessus…

Votre côté déjanté, l’aspect décalé dans votre musique, ce sont des personnages ou c’est vous tout simplement ?

C’est un peu des deux. Le coté un peu second degré de notre musique s’est fait naturellement, c’est ce qu’on aime. C’est pas une création « gaguesque », c’est juste qu’on a une sorte d’autodérision dans la vie qui se retrouve dans nos chansons. Donc, c’est un peu de nous, et on fait ce qu’on aime.
Après, tout artiste, toute personne qui crée, a un personnage à mon sens, parce que forcément, tu n’es pas le même quand t’es en studio ou sur scène, que dans la vie de tous les jours et que tu vas chercher ta baguette, même quand tu restes authentique dans ce que tu fais.
La frontière entre personnage et artiste, je pense qu’elle n’existe plus vraiment aujourd’hui, c’est un mélange de tout. Sauf quand carrément, ta création c’est un concept, genre Lorenzo par exemple, qui a clairement un personnage.

Aujourd’hui, il y a un coté intrusif un peu cool à ne plus avoir trop de filtre entre le coté personnage et le coté artiste : plus t’es naturel et toi-même sur scène et dans ce que tu fais, plus ça peut toucher des gens. Maintenant, les gens ils adorent voir les artistes sans filtres dans leur vie sur Instagram ou les réseaux, et ça peut avoir un coté très cool.

Après nous du coup, on ne se pose pas trop de questions et on laisse faire les choses naturellement. Notre musique avec notre coté un peu potache, c’est venu tout seul, on ne l’a pas cultivé. Mais ce qu’on fait, ce n’est pas seulement ce côté décalé, on parle de ce qu’on vit. Et d’ailleurs, c’est justement un peu différent dans cet EP parce que nos vies ont vachement changées quand on a signé. On reste les mêmes, mais il y a plusieurs nouveaux thèmes qui rentrent dans l’équation…

Et du coup, c’est quoi la nouvelle vibe, l’atmosphère de ce nouvel EP, Ultra ?

Il y a un peu de tout, de ce qui compose nos vies. À la base déjà, il faut savoir que Balthazar, il a une formation et une culture un peu plus rock et que moi (Joseph), c’est un peu plus rap, donc ça se ressent dans nos sons. On évolue, un son peut être très rock, on a des trucs très électro, des trucs plus rap ou plus pop. C’est la musique qu’on aime faire, donc c’est ce qui se retrouve dans l’EP. Naturellement, il y a un truc super éclectique qui se dégage de notre EP, et c’est ce qui se traduit : tout le monde peut trouver sa place quelque part.

Sur scène, on aime autant faire un truc rap où tout le monde saute, qu’un truc pop où tout le monde chante avec les portables sortis et tout… D’ailleurs, ça se traduit bien comme ça sur scène : quand c’est rap, ça saute partout, quand c’est pop, les gens ont la main en l’air, etc…

C’est cool, on ne se met pas de limite et ça nous permet d’expérimenter sans frein en studio, on fait des trucs comme on veut, on pousse le curseur dans la techno si on a envie et on voit ce que ça donne. Après, on garde ou on ne garde pas, mais c’est intéressant.
Après, il y a peu d’artistes aujourd’hui qui se catégorisent vraiment dans un seul genre, ça ne serait pas étonnant, ou alors pas beaucoup, que Booba sorte un truc pas mal axé electro, après les trucs récents qu’il a sorti ou le feat avec Christine And The Queens. Nous, on a pas vraiment de zone de confort, mais on trouve ça cool quand les artistes sortent de la leur, surtout quand c’est bien fait.

C’est vrai que vous faites pas mal de choses différentes, ce qui amène les gens à chercher vos inspirations/influences et à vous chercher des « parents ». Ça donne des mariages assez drôles dans vos commentaires YouTube…

Ouai, même en interview, on nous demande toujours, comment vous vous définiriez ? Et franchement, on n’a jamais su répondre à cette question. Après tout le rap maintenant, ça veut tout et rien dire !

On nous dit, vous êtes à la frontière entre Columbine et Marc DeMarco, c’est vraiment une zone très large quand même, on le droit à du tout et n’importe quoi.

Nous on a vu, l’enfant caché d’Odezenne et Stupeflip…

C’est déjà un peu plus précis et un peu plus dans le thème.

Ou même Téléphone et Thérapie Taxi…

AH AH AH, ça ne nous étonne pas, il y a bien des gens qui disent qu’on leur rappelle Partenaire Particulier. Mais, c’est flatteur, parce que ça reste des trucs cools et ça veut dire que notre musique parle à plein de monde !

Nous on n’est pas sectaire, mais ce n’est pas non plus une fin en soi d’être éclectique. Ce n’est pas une volonté de faire n’importe quoi, pour faire du n’importe quoi. On ne va pas en studio en ce disant, bon on a ça, on a ça, maintenant il nous faut absolument un truc de salsa. Ce sont juste nos influences et ce qu’on aime faire. Il y a une cohérence entre chaque morceau, et ce coté éclectique vient de notre histoire et de notre ADN.

Comment s’est déroulé la connexion avec Bastien Doremus (producteur, mixeur, Christine And The Queens, Columbine, …)

Il y avait un contact commun dans nos labels, on est allé dans ses studios et on a papoté au calme. Le mec est génial, on a vu qu’on avait plein de références en commun et qu’il était super ouvert. C’était cool de pouvoir parler avec quelqu’un d’ouvert sur la scène electro expérimentale, qui écoute aussi des gros sons super traps. Et plus on parlait, plus on se disait « putain, ça nous ferait trop plaisir de bosser avec lui ». Et ça s’est fait. Ça s’est tellement bien passé, c’était génial. Il y avait 2 jours de session et on est reparti avec 2 sons hyper bien arrangés et complétés avec sa couleur particulière, qui a un peu dirigé  la couleur de l’EP…

D’ailleurs, quel est la « couleur » de ce projet ? Parce que le premier EP était rouge, en référence au single et à la cover, et là, la cover est bleu turquoise, pourquoi ?

Parce que c’est la mode ? Tout le monde fait des pochettes unies un peu sexy… Non mais, sans rire, sur le premier EP, il y avait un vrai délire avec la couleur rouge qui était importante, autant là…
Au départ, on voulait l’appeler Ultraviolet, mais du coup, on a dû le réduire en juste Ultra, pour des raisons de … bruits de couloirs qui font qu’on ne peut pas l’appeler comme ça.

La raison, c’est que les couleurs, ça permet d’exprimer pleins de choses, c’est super utile. Ça permet d’imager plein de trucs. Je me rends compte que même dans les textes on aime bien en parler. Les néons, les couleurs, ça met direct des ambiances. C’est chaud ou froid, et c’est super évocateur.

(Balthazar) C’est soumis à interprétation également, personne n’à la même expérience d’une couleur. Surtout toi Joseph, qui est daltonien level 10 milliards.

(Joseph)Ouai, je suis le mec qui comprend rien aux couleurs

Pourquoi le rouge alors ?

(Joseph) Bah je ne sais pas du coup. Nan, mais surtout pour le titre Rouge, qui venait d’un sample de batterie avec quelqu’un qui disait « rouge » derrière. On avait construit tout le morceau autour de ça, autour du sang, d’un truc un peu violent, pop rock qui évoque l’amour. Ça faisait sens que la cover rappelle le single.

Et ça traduit un peu la rage, l’amour, le sang, la violence, la vie quoi !
On avait la rage contre le bac, ça avait un côté un peu frais, un peu jeune, ça faisait sens pour nous, du moins à l’époque.

(Joseph) Alors que moi je n’aime pas du tout le rouge, du coup, c’est encore plus drôle. Mais là du coup, bleu turquoise, c’est un peu plus neutre comme couleur.

@ladegaine_
@ladegaine_

Vous avez fait leur première partie et votre pochette est, du coup, un peu dans le même style. Est-ce que vous n’en avez pas marre que les gens fassent un rapprochement entre vous et Thérapie Taxi ?

(Joseph) Si, j’en peux plus de Thérapie Taxi, on les déteste (rires).
Non, c’est des potes à nous de ouf. Après, oui, la pochette est très similaire, on a fait un mea culpa général, c’était pas calculé.
(Balthazar) Excuses publiques, c’était pas voulu.
C’est des potes, on les voit souvent et on les adore. On avait pris contact à la sortie de notre premier EP, ça nous a permis d’ouvrir notre public, on a fait un feat avec eux, ils nous ont mis sur pleins de premières parties, ce qui nous a permis d’élargir grave notre communauté. On ne les remerciera jamais assez.
Mais, ce serait nul qu’on soit définis, vu comme les « petits » de Thérapie Taxi. On est un peu le groupe que Thérapie Taxi à fait connaitre dans un sens, mais on n’a pas envie de rester leur première partie toute notre vie. C’est cohérent que l’on nous rapproche d’eux tout le temps, mais ce n’est pas une étiquette.

D’ailleurs, vous pensez quoi de l’étiquette « rap de blanc / rap de iencli », que certains peuvent vous coller ?

Si les gens nous catégorisent dedans, il n’y a pas de complexe à faire du rap de blanc. En vrai, on est blancs et on rappe, donc on est dedans. Les gens qui l’utilisent pour définir un style musical, c’est des gens frustrés, parce que ça n’a aucun sens. Mais en vrai, on ne sait même pas si on fait du rap de blancs, on fait de la musique populaire et c’est tout. On est un groupe de rap autant qu’un groupe de pop française en vrai, et on l’assume.

On est carrément blanc, c’est un fait. On n’aspire pas à être considéré comme des rappeurs qui viennent du bled (rires). Les gens cherchent un peu à se retrouver, à se projeter chez certains artistes, donc c’est logique qu’on ait un certain public, et que certaines personnes ne se sentent pas du tout touché par notre musique. Longtemps, le rap ça a été la musique des milieux populaires, c’était une musique de plainte, de protestation, de révolte. Et c’est beaucoup moins le cas maintenant, le rap c’est la nouvelle variété, mais pas dans le mauvais sens : et il y a plein de styles, de sous genres et de nouvelles vagues. Ça fourmille et il y a plein de nouvelles choses, de trucs cools, et forcément tout ne touche pas tout le monde, c’est la base. Après, c’est dommage de se brider et de se priver d’un style à cause d’une implication sociale derrière…

Nous, on est des gros babtous et on assume. Et si ça pose un problème, ils n’ont qu’a nous coller l’étiquette fourre-tout « pop urbaine », le problème est réglé.

Comment vous abordez la scène ?

On adore ça.
On a la chance d’avoir un tourneur qui nous trouve beaucoup de dates, on a fait genre 70 dates de août 2018 à aujourd’hui, donc c’est vraiment pas mal ! On a fait des premières parties, des énormes salles, des petites salles, des festivals, bref, c’est le pied. On a rencontré plein de scènes différentes, pleins de publics différents, ça nous permet d’appréhender la scène avec sérénité. Peu importe ce qu’il va se passer, nous on va faire notre concert et on va kiffer. Que ça soit devant 10 ou 4 000 personnes, on va être sur scène pareil et on va kiffer de ouf.

Il y a un coté un peu aléatoire qu’on kiffe, on ne sait jamais comment ça va se passer. On adore ça, on s’adapte au public, on interagit avec lui, on change un peu la set list. On fait tout pour que ce soit toujours le bordel, que ce soit toujours chaud, surtout que l’on a pas sorti 10 milliards de morceaux. Alors pour se créer notre propre identité et laisser une marque, il faut un live solide. On est musiciens et sortir nos instruments en live, c’est un vrai kiff, c’est montrer une partie de notre univers. Quand les gens sont bouillants et s’amusent, c’est un peu ça aussi l’ADN de SEIN, ça fait partie de notre musique.

Vous connaissiez le MaMA Festival avant d’être programmé dessus ?

Oui, de nom. C’est un peu le lieu où les têtes émergentes de la musique montent sur scène, donc de bouche à oreille, on en a entendu parler, c’est réputé à Paris.
Balthazar y est déjà allé, et moi (Joseph), j’ai habité dans le 18e donc un festival à Pigalle, bien sur que je connaissais.
Ils ont chopé des super têtes, au moment où c’était encore un peu underground, qui percent les années d’après, c’est assez impressionnant.

Lors de la soirée où vous êtes programmés, il y a aussi Julien Granel et un rappeur qu’on aime beaucoup ici, Hyacinthe. Vous en pensez quoi de ces artistes ?

Bah, c’est des potes, c’est une soirée de notre tourneur. Donc, c’est que nos potes. Hyacinthe est dans notre label, Julien, il est dans le label voisin, d’ailleurs on était avec lui hier soir. Les deux, ce sont des bêtes de potes et ça fait grave plaisir de partager la scène avec eux. On a jamais joué ensemble, mais je pense que ça va être bien, ça fait un mélange pop et rap, ça va être cool.
C’est archi cool de partager la scène avec des artistes que tu kiffes, mais là en plus, ce sera avec tous les gens avec qui on bosse sur le live, les ingés sons,les techniciens et tout, donc c’est vraiment grande famille, ça va être génial, on va bien se marrer.

Est-ce qu’il y a des feats à venir ?

Sur l’EP Ultra, il n’y en pas. Mais on est en train de bosser sur l’album, qui sortira entre juin et octobre 2020, et il y a des feats, oui. Mais c’est dur les feats, on sait pas encore trop comment si prendre, tu fais comment quand tu kiffes un artiste et que tu veux un feat ? Du coup pour le moment, on n’a fait qu’avec les gens hyper proches, on a enregistré des collab, mais avec nos potes. C’est pas compliqué, on les invite au studio, on se marre, on taff et c’est bon. Mais inviter des artistes qu’on ne connait pas forcément, on a jamais fait. On verra quand on aura sorti l’EP et qu’on aura plus de crédibilité…

Quelle serait votre collaboration idéale, sans limite de moyens ?

Tyler, the creator, je suis fan (Joseph), mais je ne sais pas ce que je ferai avec lui ? Je suis pas fan des feat en franglais, je trouve que ça fonctionne jamais.
(Balthazar) Damon Albarn. Lui il est trop fort, trop de respect pour ce qu’il fait.
Ce serait archi cool, mais c’est pareil, c’est anglais et regarde le truc avec Romeo Elvis, ça rend pas forcément bien, même si c’est Damon Albarn.
(Joseph) Hamza, ça me ferait kiffer
(Balthazar) Si t’a énormément de thunes, tu appelles Kurt Cobain

Sinon, des ingés sons, des gens qui taffent dans l’ombre
Genre, bosser avec un super ingé américain, où tu fais un mois entier avec lui aux US, genre le mec derrière Astroworld de Travis Scott : Mike Dean.

Question Bonus : vous devez composer une équipe de foot composée uniquement de rappeurs, vous sélectionnez qui ?

Au goal, il nous faut un grand, genre Jean Jass. Même si JJ, il ressemble à Pavard.
Déjà, on se met où nous ? Allez, Joseph en défense & Balth en milieu défensif polyvalent.
On prend, Memphis Depay, l’attaquant de l’OL qui a sorti un son aussi.
Il nous faut une défense solide, genre Ninho avec Kanye West. Même s’il joue en Timberland, c’est du lourd.
Ou on prend aussi Stormzy et Skepta qui mettent que des high kick à la Cantonna.
Les ailes, Alpha Wann, il est trop vif dans sa punchline, il capte tout de suite le délire, c’est parfait.
Et qui a une phase sur le retour de Zinedine en 2005 ? C’est Sneazzy non ? Vas-y, on prend Sneazzy.
A gauche, Jul, il sort trop de trucs, il serait un super distributeur. Hamza aussi, obligé. Hamza, c’est Hazard qui fait du rap.

En coach, on prend Fianso, évidemment. S’il faut mettre une meuf sur le terrain, on prend Shay, et en cheerleader, Big Flo et Oli.

@ladegaine_
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