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[Interview] Set&Match : « On a décidé d’être généreux parce qu’on arrive avec un vrai projet ! »

MTP Bop a lula, Passe Pécho, Sunset ou encore Kush. Impossible d’être passé à coté de ces hits de Set&Match. Véritables odes à la chillance, ils représentent à merveille le trio formé par Bunk, Faktiss et Jiddy Vybzz. C’est à l’occasion de la sortie de leur premier album Cosy Bang Bang que nous sommes allé à la rencontre des trois emcees originaires de Montpellier.

Bunk, Faktiss et Jiddy Vybzz, je vous laisse vous présenter pour commencer : depuis combien de temps est-ce que vous rappez, votre nombre de projets ?
Bunk : On est les Set&Match, on rappe depuis un petit moment, 2010 ! Avec Faktiss on a sorti un projet en duo, un EP mais vraiment entre nous. C’est-à-dire que ça n’avait pas été distribué, on l’avait pressé pour le fun et on l’avait un peu bicrave ou donné… C’était clairement pour le fun. On a ensuite formé Set&Match, on était 4 emcees à la base et on a sorti un projet nommé « Comment te dire ? ». Pareil que pour notre premier EP à Faktiss et moi, c’est un projet qui a été distribué bien plus tard par Believe sur les plateformes digitales comme iTunes, mais on l’a surtout bicrave de mains à mains. C’était plus un street album en gros. Après le départ de Spazz, on a sorti un projet gratos qui s’appelait « Setautomne », puis le premier EP commercialisé « Tudo Bem », et là on prépare notre premier album Cosy Bang Bang, qui sort le 15 juin !

D’où vient votre nom de groupe ?
Faktiss : C’est moi qui l’ai trouvé, c’est un délire entre potes. On sortait plusieurs noms comme ça, certains nous faisaient délirer et d’autres non. Au final on a grave adhéré à celui-ci, il y a un petit coté arrogant qui nous fait kiffer.

Vos lyrics sont clairement portées sur la chillance à l’état pur et sur les potes, vous vous inspirez de votre vie en général ?
Bunk : Comme on a un rap assez lifestyle, c’est vrai qu’on se laisse inspirer de nos relations entre nous. Mais il y a pas mal de films, d’autres morceaux de musique… Beaucoup de lifestyle, et les instrus aussi qui nous emmènent dans des univers particuliers. C’est énormément au feeling !

Et vous avez commencé à gratter à quel âge, chacun individuellement ?
Bunk : C’est très compliqué comme question. Tu sais entre le moment où tu commences à gratter, que c’est sacrément nul, et le moment où tu commences à écrire quelque chose de réellement intéressant, il peut se passer plusieurs années voire carrément une dizaine d’années ! La première fois que j’ai écrit j’avais peut être douze ans, au collège, et je grattais parce que j’écoutais IAM. Mais de là à édifier ces jours comme étant ceux qui ont lancé ma carrière dans le rap, clairement pas non. Comme notre inspiration vient vraiment du quotidien, c’est notre rencontre qui a fait qu’on a continué l’aventure. Je ne sais pas, c’est très difficile à dire. Pour eux aussi c’est à peu près pareil.
Jiddy Vybzz : C’est pareil pour nous.
Bunk : Ils se sont chauffés entre eux en fait, ils se connaissaient déjà.
Faktiss : c’est vrai qu’il est plutôt beau gosse le Jiddy ! (rires.)
Jiddy Vybzz: C’est surtout notre rencontre qui nous a motivé.

Et votre rencontre s’est faite comment justement ?
Bunk : Eux se connaissaient avant, mais moi j’ai rencontré Faktiss via MySpace à l’époque en arrivant sur Montpellier. On a fait un morceau, et il y avait Spazz, Jiddy et d’autres mecs qui gravitaient autour. Enfin, on n’était pas au centre mais il y avait plusieurs équipes qui se mélangeaient, des Dj avec qui on organisait des soirées… Ce n’était pas vraiment un collectif puisqu’on n’en a jamais formé un, mais ça aurait pu. Et ensuite, ça a glissé.

Au niveau des instrus, vous n’avez qu’un beatmaker attitré ? MiM ?
Bunk : Ah non, sur l’album il y en a 9 différents ! En réalité, MiM c’est d’abord un pote, c’est aussi le mec qui nous accueille dans son studio et qui mixe nos morceaux, et c’est un beatmaker mais on n’a pas encore vraiment fait de collaboration avec lui à part le générique de En Passant Pécho. Sinon, on a fait des essais mais on se dit que si on fait un truc avec MiM, il faut que ce soit vraiment lourd puisqu’on est très souvent ensembles, mais on n’a pas encore trouvé la formule parfaite.

Parlons d’En Passant Pécho : comment est-ce que vous vous êtes retrouvés à faire le générique de cette websérie ?
Bunk : C’est grâce à MiM justement.

Cela a donné un coup de boost à la fois à la série, et à vous non ? Le fait que vous soyiez en générique vous a donné de la visibilité, et a attiré vos fans vers la websérie.
Bunk : T’as tout dit ! C’est exactement ça. Je pense que cela nous a rendu service, il y a eu une sorte d’émulsion avec Tealer aussi.

Tealer et vous, c’est la même clique ?
Faktiss : C’est pas vraiment la même clique, mais ce sont devenus des potes. Des gens avec qui on s’entend bien, et avec qui on passe des bonnes soirées aussi.
Bunk : Après chacun sa route aussi, nous n’avons pas commencé grâce à ça. Oui, cela nous a fait monter d’une marche, mais aujourd’hui Kush marche bien mieux que Passe Pécho. Enfin peu importe, c’est une expérience et ce n’est qu’un générique de série, c’est à dire que notre rap ne se résume pas du tout qu’à ça, heureusement !

C’est ça le problème du coup : faire en sorte que ceux qui vous ont connu via « En Passant Pécho » ne se disent pas que vous n’êtes QUE les gars du générique…
Bunk : Pour ça il suffit de faire du son et des clips comme on le fait maintenant. Pour Cosy Bang Bang on a décidé de faire une pré-commande très tôt et de lâcher beaucoup de singles, parce qu’on s’est dit que cela faisait vachement longtemps qu’on n’avait pas donné de nouvelles, on a décidé d’être généreux parce qu’on arrive avec un vrai projet !

Cosy Bang Bang, c’est un combien de titres, et quelle est la couleur de l’album ?
Bunk : T’as déjà Kush , Quoi D’neuf, Chiens Sauvages, Fallait pas m’inviter… Après t’as beaucoup de morceaux qui sont bien plus spéciaux et qu’on a décidé de ne pas clipper. Il y a un morceau que les gens ont découvert, On dirait le sud, qu’on va probablement clipper bientôt. Pour la couleur c’est dur d’en donner une, mais c’est toujours un peu du chill et de la fête, et un peu de conscient aussi. Le groupe a évolué, et sa parole aussi.

Et au niveau de l’élaboration de l’album, cela vous a pris combien de temps à peu près ?
Bunk : 1 an environ. On a écrit en 3-4 mois, mais ensuite il faut mixer, trouver un nom, faire la pochette… Il faut taffer le truc ! Un album ce n’est pas que la musique, c’est tout un concept.

Combien de featurings sur votre album, et avec qui ?
Bunk : Il n’y en a qu’un, avec Dope D.O.D.

Sérieusement ? Vous les avez contactés comment ?
Jiddy Vybzz : Sur Twitter.
Bunk : Ce sont eux qui ont tweeté un morceau à nous, et on s’est rencontré comme ça en fait. A part eux, aucun autre featuring.

C’est histoire de bien vous mettre en place pour votre premier album ?
Bunk : Non, c’est juste qu’il y a un vieux systématisme de faire des feats afin d’être validé et tamponné par d’autres emcees… Nous on s’en fout clairement de ça.
Jiddy Vybzz: Il n’y pas énormément de groupes qui font des feats au début.
Faktiss : Par exemple les Saïan Supa Crew, quasiment aucun feat sauf avec des chanteuses !
Jiddy Vybzz : Tranquille dans tout les cas, on a le temps. On ne cherche pas forcément des feats, mais si certains s’ouvrent à nous pourquoi pas ?

Vous êtes plus studio ou scène ?
Faktiss : Ce n’est pas la même chose, pas la même énergie. Quand t’es en studio, t’es là pour créer un morceau, un univers, un délire. Quand t’es sur scène, t’es là pour mettre en pratique cet univers et voir comment le public réagit. En soi c’est comme si t’étais en train de préparer une sauce, et quand tu la goutes tu vois un peu les différents effets qu’elle te procure. Pour moi, c’est le coté « remerciement ». Je lâche tout et je donne tout sur scène, et les gens voient et te disent directement si ça prend, ou non.

Et si ça ne prend pas ?
Faktiss : Si ça ne prend pas, t’inquiètes pas pour moi ! J’ai mes frères avec moi sur scène, quoiqu’il arrive ça passe !

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Raphael Brami
"MC, toi et moi, trop d'choses qui nous séparent"

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