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[Interview] Stensy : « Ma musique peut être difficile à aborder au départ… »

Vous n’avez peut-être pas encore entendu parler de Stensy ? On vous permet de rattraper votre retard avec cette interview aux petits oignons de ce jeune rookie du rap français…

Un flow autotuné harmonieux et frais, un mix rap et chant, une écriture habile, des prods rythmées et aériennes : C’est le cocktail musical, que propose Stensy, nouveau jeune espoir du rap français. Avec 2 projets au compteur, Stensy s’est construit rapidement un univers bien à lui : un son entre turn-up et introspection, une esthétique vaporeuse qui rappelle l’image estivale de Myth Syzer et les débuts de Columbine. Après son premier projet Rotations (à écouter ICI), le rappeur du 78 sortait en octobre la mixtape Club Vide (à écouter ICI) et pour l’occasion nous l’avons rencontré…

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Pour commencer, est-ce que tu pourrais nous présenter ton projet avec tes propres mots ?

Alors, Club Vide est une mixtape sortie courant novembre, composée de 10 titres, auxquels viennent se rajouter 2 titres bonus, SUV et Normal (qui est le dernier titre à sortir, pour bien finir l’année). Comme mon premier projet Rotations, il est produit par Wizman, avec des co-prods avec d’autres producteurs comme Vaati par exemple. C’est pas vraiment la suite de Rotations, mais on reste dans la même veine : des énergies turn-up avec un côté plus deep, que j’avais pas pu forcément exploiter avant. Par exemple, il y a le titre Toujours Autant, qui est plus ou moins la suite de T-shirt blanc, mais aussi SUV qui est un peu plus profond et sincère, avec une énergie plus sombre.

Pourquoi donc le nom « Stensy » ?

Je vais être honnête, je sais pas vraiment. Le nom m’est venu assez naturellement. Avant je faisais du graff et quand j’ai commencé à rapper, j’ai switché et voila ! Je trouve que ça sonne bien, c’est des sonorités qui me plaise bien, et me correspondent.

Quand on écoute cette mixtape, on ressent une espèce de conciliation de deux vibes. A l’écoute, Toujours Autant est un peu une transition entre les deux, est-ce que c’est quelque chose de calculé ?

Pas vraiment.
Un soir j’étais avec Wizman, il m’avait déjà envoyé une prod sur lequel j’avais commencé à poser. Là, j’étais avec lui, et il sort une prod que je kiff. Le lendemain, j’avais rien écris dessus mais au réveil, j’ai commencé à poser, j’ai fait un yaourt avec des phases que j’avais déjà quelque part, et on s’est rendu compte que ça rendait bien. Et comme on avait fait tout ça à la suite, on s’est dit pourquoi pas en faire un morceau en deux parties. J’aime bien, ça représente une sortie de transition vers un coté un peu plus solaire…

D’où vient cette envie de mélanger deux vibes aux tonalités différentes sur un même projet ?

En fait, plus que Rotations, Club Vide est un projet qui me ressemble. C’est tout simplement moi. Donc il y a des moments où tu es plus « down » et des moments où tu es « up », et c’est ce que je voulais rendre. Je kiff le turn-up, faire danser les gens, mais j’ai un coté un peu plus introspectif et solitaire.

D’où le nom Club Vide

Exactement, tu as mis le doigts dessus, c’est le contrats que je voulais montrer. Ce titre, je l’avais déjà avec les deux premiers morceaux que j’ai enregistré, donc ça a un peu dirigé le reste du projet.

Quel est ton lien avec l’ODP ?

Je connais grave Sirap, depuis genre 4-5 ans et quand il s’est rapproché de l’ODP, bah on s’est également rapproché. Et maintenant, on roule ensemble, c’est la famille.

Ça te dérange que beaucoup de gens t’associent seulement avec Sirap ? Par exemple, on voit souvent dans les commentaires sur tes clips « C’est lui la belle voix sur les trucs avec Sirap ? »

Pas du tout, c’est flatteur même. Sur Tracksuit, le titre avec Sirap, je suis vraiment content du morceau en plus, donc c’est cool. Il y a plein de gens qui ont kiffé et qui m’ont découvert avec ce morceau, et celui de Fucked Up aussi d’ailleurs. Du coup, ça me permet de développer des facettes différentes et de toucher d’autres gens… Je peux pas être mécontent de ça.

Tu es sur la 1er Grunt Tape qui est sortie il n’y a pas très longtemps. Qu’est-ce que ça fait ?

Ah, Jean Morel !
C’était grave cool. C’est un vrai gars et il y a peu de gens dans le journalisme qui osent mettre des artistes avec si peu de visibilité en avant, qui prennent des risques avec des petits artistes. Maintenant, les gens attendent que ça prenne avant d’en parler. Donc, full respect à lui, il m’a donné beaucoup de force à la sortie du projet, il m’a invité sur son émission sur Nova, c’était super, donc gros s/o à lui !

Tu as fait peu de scène pour le moment… Comment tu abordes ça ?

J’en ai fait quelques-unes. Ma toute première, c’était là, juste avant l’été 2018. Je kiff ça, c’est vraiment un plaisir de monter sur scène. Je travaille ça pas mal, je suis assez exigent là-dessus. Je suis toute seul sur scène et il y a pas mal de chant dans ma musique. Et quand ce n’est pas travaillé, ça se sent tout de suite, alors je taff vraiment dessus. Avec envie et ambition ! D’ailleurs, je serais à la Boule Noire le 7 février, si les parisiens veulent venir me voir (Billets ICI)…

Tu es donc dans le rap autotuné, pourquoi tu es parti là-dedans ?

Ça vient pas forcément de quelque part en particulier… Je suis né en tant qu’artiste dans cette période-là. Quand je m’enregistre moi-même depuis le début (je ne vais pas en stud), j’en ai mis tout de suite. Je trouve que ça apporte un coté plus léger aux mélodies, à ce que je chante… Un petit côté bonbon et aérien.

 

D’ailleurs, comment tu t’es construit ton image, ton univers esthétique ?

J’avais pas envie et j’étais pas forcément légitime de transmettre une image genre, faire des street clips. Même si c’est chanmé et que je consomme beaucoup de clip très trap, je savais que c’était pas moi. Du coup, mon univers est venu assez naturellement, je travaille beaucoup avec Marion Marazani sur le volet visuel. C’est une amie de longue date et j’aime beaucoup ce côté nuage de lait qu’on a développé.

Du coup, tu joues pas mal avec ton physique et un côté esthétique un peu féminin… Est-ce que c’est pour toucher un publique différent ? Tu n’as pas peur de regretter cette étiquette ?

Bah, finalement mon publique n’est pas très féminin, selon les stats ; je sais que c’est plus des mecs qui m’écoute. Et franchement je calcule pas, j’essaye juste de chercher l’image qui correspond le plus à la musique
Et en vrai, je fais pas du son boosté à la testostérone. Donc je ne regrette pas, mais je fais hyper attention à cette image, j’ai déjà fait sauté des clip qui me correspondait pas donc j’y accorde de l’importance.

On va être honnête, tu n’as pas encore une grosse audience, mais tu as déjà été repéré par de gros médias. Est-ce que tu as une idée de pourquoi ?

Je ne sais pas trop, mais les médias qui jouent le jeu, ça fait grave plaisir. On y revient, mais les gens qui donnent de la force aux petits artistes, c’est chanmé. Et j’ai une bonne équipe qui travaille les relations avec les médias, donc ça aide et c’est très cool.
Ma musique est peut-être difficile à aborder pour un auditeur de rap lors d’une première approche, je sais que c’est dur d’accrocher au début. Donc, si ça touche une frange plus large, tant mieux !
Je fais pas quelque chose d’extraordinaire et de très innovant. J’ai pas de cœur de cible, ni stratégie : je fais de la musique comme elle me vient, et c’est cool si ça touche pleins de personne, mais c’est pas l’idée de départ. Je suis fier et ravi que ma musique parle à autant de gens.

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Quelle est ta relation avec les voitures ? On en voit dans tout tes clips !

Oui, je sais et j’essaie d’atténuer ça. Bon, je dis ça, mais on va sortir le clip de Drift, donc bon…
En vrai, je viens du 78, et là bas, tu as pas de voiture, t’es mort. J’ai grandi là-bas, j’ai eu mon permis très tôt. O, a fait des longues rides avec mes potes, il n’y avait que ça à faire… Du coup, on a une grosse attache à l’idée de la ride… Et j’ai eu 31/31 au permis ! [rire]

Au début de ton clip de Homeboys, tu es dans un fleuriste… C’est assez original pour un rappeur !

C’était mon choix : on devait le faire autre part au début, mais pour une question d’autorisation, on n’a pas pu et finalement, on a atterri chez un fleuriste. En fait, l’idée était de représenter le travail, sous différentes formes. Quand je dis dans le refrain : « ça fait longtemps qu’on bosse, bosse », c’était pour montrer ça … Le clip illustre le refrain du clip.

Quelles sont tes influences ? Tu écoutes quoi en ce moment ?

Hum, j’aime pas ce genre de question. Je dirais l’album de Meek Mill et ses bons choix de prods. Même si je suis pas trop à jour, j’écoute ce qui sort… Je sors d’une période Lunatic et là j’ai écouté du Loud hier.
Niveau influence, j’ai énormément de mal à me projeter dans la musique d’un autre, donc c’est dur de parler d’influence. Il n’y a rien qui m’a donner envie d’écrire et me lancer. C’est plus une histoire d’énergie qu’il y avait dans mon groupe de pote, quand on a commencé à rapper au lycée, quand j’avais 16 ans…

Pourquoi la référence à Van Nisterlooy ?

C’est un souvenir d’enfance. Quand je regardais des matchs de Première Ligue… Je sais pas, il m’avait brusqué, il était ultra chaud, donc je m’en souvient, et puis il y a une question de rime, pour que le tout ai du sens. Bref, excellent joueur.

Petite question bonus, si tu devais composer une équipe de foot avec que des rappeurs, ce serait quoi ?

Wow le mondial c’est fini. [rire] Franchement j’en ai aucune idée, c’est une question sérieuse ça ! Je serais arrière droit, moi, déjà.
Bon comme je parle de foot avec Balle de match, je vais faire ça sérieusement, faut me laisser réfléchir.
Je mettrais Sirap au goal, il arrête tout. Freeze Corleone en défense, il les dégage tous. Très chaud projet d’ailleurs.
Je mets Meek Mill en numéro 6, il est hargneux en vrai, il revient toujours même quand il se fait dépasser. Pour le numéro 10, il faudrait un mec super sensible mais qui envoie des vrai peuf ! J’mettrais Blackbear, je ne sais pas si vous voyez qui sait. Il est super technique et il envoie des banger incroyaux [sic].
En attaque, le numéro 9 ? Dur ! il faut un vrai renard des surfaces.
Déjà, je met Wizman en défense centrale. Sinon en 9, je mettrais peut-être Hamza ? Il est petit mais je suis sûr qu’il a une bonne frappe. Nan, mais en vrai je mettrais Aya Nakamura en 9, la plus efficace
Ensuite, il faut des mecs rapides sur les coté droits et gauches … Benny Blanco à gauche, il donne que des purs centres, des bangers. Maintenant, on va y aller au pif. Allez, Tory Lanez au milieu également.
Là j’ai quoi ? 3 défenseurs, un goal, & un numéro 9 ? Hum… Il me faut des milieux… Vas-y, je fais une défense à 3 et un milieu à 5. Donc, Vaati à droite, même s’il est pas très foot.
Il me reste 1 joueur ? Le milieu c’est ça ? Donc je mets un combo : l’ODP ensemble en un seul joueur comme ça, ils sont imbattables !

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