Home / Interviews / [Interview] Wild Sketch « C’est cool de voir que les rappeurs osent plus de choses visuellement. Ça ne peut qu’être bénéfique pour eux. »

[Interview] Wild Sketch « C’est cool de voir que les rappeurs osent plus de choses visuellement. Ça ne peut qu’être bénéfique pour eux. »

On vous parlait il y a quelques mois d’une fabuleuse odyssée graphique qui était arrivée entre nos mains, et qu’on a chroniqué dans la foulée : les Incroyables aventures de John Hash. 76 pages de pur délire graphique et scénaristique, mettant en scène l’insaisissable Alkpote, aux prises avec de nombreux ennemis alors qu’il se retrouve au cœur d’un inquiétant complot. Réalisées à quatre mains par le bien connu duo Wild Sketch, ces 76 pages réussissent le pari de faire copuler joyeusement deux univers qui jusque là ne s’étaient jamais rencontrés : la bande dessinée, et le rap français. Ce projet hors norme (7 ans d’élaboration) se démarque dans tous ses aspects : le refus des techniques numériques, le choix osé du personnage principal, l’auto-édition… Rien n’a été laissé au hasard, et tout ces éléments contribuent à faire des Incroyables aventures de John Hash une franche réussite. On en a très longuement parlé dans notre chronique, qu’on vous invite bien sûr à lire si le sujet vous intéresse.
On est revenus avec Tom, moitié du duo d’auteurs Wild Sketch, sur la gestation de ce beau bébé de papier, les défis rencontrés, le futur (garanti sans boule de cristal), et l’évolution visuelle du rap français. Rencontre avec un artisan passionné, prêt à défendre bec et ongles son métier et son indépendance.

Alors, ça fait 6 mois bientôt que les Aventures de John Hash sont sorties. Vous faites quel bilan pour l’instant, les retours sont bons ?

Ha bien sûr, bien sûr, il y a énormément de positif…
Le premier tirage est parti en deux semaines, c’est un bonheur ! On voulait déjà voir comment ça allait se passer, résultat on a réimprimé et là on écoule ça à flot doux. Notre volonté c’était vraiment de faire un objet inédit en France, et l’accomplissement final c’est surtout ça : avoir cette BD intégralement faite à la main, avec hip-hop, graffiti, rap et complots, tout mélangé !

Et Alkpote lui dans tout ça, il en est content aussi ?

Grave, lui depuis la sortie il est comme un fou. On lui apporte beaucoup d’amour. Et vu qu’on utilise son image, on lui a proposé un partage équitable sur notre projet. Même si on voulait garder un maximum de contrôle sur le contenu de la BD. Donc que du positif aussi pour lui !
Après sinon il nous a motivé à fond pour entamer le volume deux, et il nous parle aussi de faire un maxi exclusivement sur le thème de la
BD. Dans la lignée de la bande originale qu’on a fait sur son dernier album.

La dernière track d’Inferno ?

Ouais voilà. On a déjà celle là, John Hash Snow qu’on reprendrai normalement, et tout le reste ce sera que de l’inédit. D’ailleurs ce qu’on a essayé de faire avec ce son, c’est un peu aussi ce qu’on a voulu faire avec la BD. J’sais pas si t’as écouté l’album, mais ce morceau là dénote vachement du reste. On a essayé de faire un genre de capsule temporelle, autant sur la façon dont Alk plie ça à l’ancienne que sur la prod avec ses sonorités années 80. Alex [aka I.N.C.H. qui signe la prod du morceau] raffole de tout ces trucs, les vieux synthés et tout. On a voulu vraiment donner un peu une saveur de passé, de nostalgie au son.


Ha mais en fait vous vous êtes directement impliqué dans la réalisation du morceau ?

Ouais bien sûr. C’est moi qui ai choisi la prod, j’ai un peu guidé Alk sur les textes, j’étais au studio pendant l’enregistrement, j’ai accompagné Alex pendant le mixage… On a été étroitement lié au morceau et on est ravi du résultat et des retours d’auditeurs.


Inversement, dans quelle mesure votre héros s’est impliqué dans la Bd ? Il vous soufflait quelques ténébreuses 
idées de scénario ?

Nan nan nan, le scénario il nous a complètement laissé faire. Bon après quand on en parlait avec lui, ça lui arrivait de nous souffler quelques idées oui. Mais le scénario c’est 100% Wild Sketch, on voulait aussi le surprendre !
Par contre là où on l’a vraiment impliqué, c’est sur l’écriture des textes. Une fois qu’on a terminé la partie dessin, on est monté le voir avec les planches vierges et on a pensé aux textes ensemble. Là il nous a vraiment sorti des idées auxquelles on aurait jamais pensé…
Genre au tout début, quand ils sont dans la voiture et qu’ils vont à l’hôtel, t’as Brigitte qui lui dit « Moi j’aime bien les animaux », et lui il lui répond « Je vais t’emmener au Zoo de Vincennes voir Sélim du 94« . Ou le « Mille milliards de putes » en hommage au Capitaine Haddock, ça sort tout droit de lui tout ça. Ce genre de réplique on y aurai jamais mieux pensé que lui même.

Vous avez bossé comment pour l’élaboration du scénario d’ailleurs ? Vous aviez déjà tout un plan en tête ou vous avez un peu navigué à vue ? Je vous avait un peu écharpé dans la chronique qu’on a publié au début de l’année, et j’ai cru comprendre que t’avais quelques trucs à redire là dessus.

Nan nan là dessus t’as vraiment été objectif. En fait cette volonté scénaristique de pas s’attarder sur les personnages secondaires et de pas avoir d’histoire profonde, c’était pour rendre cette sensation du héros égocentrique sur lequel tout glisse, rien n’a de prise. Il va traverser toutes sortes d’aventures, mais il va pas bouger, il reste froid et quasi immuable. Un peu comme est Alk dans la vraie vie en fait ! Cette BD c’est vraiment une image de son personnage, de sa carrière. D’ailleurs t’as surement pu le voir, mais on a voulu faire comme un récapitulatif de ses textes. Dans les premières pages c’est beaucoup des vieux textes, et après ça finit sur des textes qu’il a écrit quand il bossait avec Weedim. Il y a comme une sorte de chronologie ! Mais sinon l’idée c’était que le lecteur n’ait pas le temps de se poser, un peu comme le héros qui traverse plein de trucs violents mais qu’à pas l’air non plus de s’en faire plus que ça. C’est vraiment l’impression qu’on a voulu rendre. Un héros perdu dans le tourbillon.
On a cherché aussi à recreer l’impression qu’on avait en lisant les Marvel : celle d’être immergé dans un univers où tu comprends pas la moitié de l’histoire, mais où t’as quand même envie de savoir la suite.
Après ça va continuer exactement pareil dans le tome 2 : on va toujours pas spécialement développer de personnages secondaires, mais on va ce coup-ci plus ficeler le scénario, essayer d’avoir une trame un peu plus lisible et digeste pour les lecteurs.
De base on navigue pas à vue : on a depuis le début prévu une trilogie autour de John Hash. Le deuxième ça va être une ambiance qui mélange l’Egypte ancienne et le Seigneur des Anneaux, et pour le troisième ce sera dans le futur…


Et ça avance comment tout ça ?

Oh ça avance pas du tout, on a déjà mis 7 ans à faire le premier tome, calme toi ! En vrai j’aimerai bien qu’on enchaîne vite, mais comme tu t’en doutes on a beaucoup de choses à faire, et ça c’est un très gros chantier. Ce qui est sûr c’est qu’on va pas attendre deux ans, parce que pour Alkpote c’est maintenant que les choses bougent. Il le mérite bien, après toutes ces années de dur labeur.

C’est vrai qu’en ce moment et depuis les projets avec Weedim il est plus visible que jamais, surtout avec les tournées et son dernier album qui vient de sortir.

Grave. Je crois que t’as lu l’interview sur Noisey, et j’ai pas spécialement encensé Dj Weedim. Mais grâce à lui, on a quand même vu Alk faire de belles tentatives. Ça l’a grave motivé à refaire des sons, et et ça lui a permit de pondre des tueries comme Pluie diluvienne ou Pyramides !
Et là Inferno est vraiment génial, il est au top de sa forme.


Comme à l’époque où sniffait Van Damme…

Exactement. Il a eu un petit coup de boost qui fait que ça remonte, et on est très content de voir que depuis 1-2 ans ça marche mieux pour lui. C’est aussi pour ça qu’on l’a choisi comme héros à la genèse du projet : Aux yeux d’énormément de MC c’est le meilleur en France, de loin. Et le plus sous-estimé aussi !Malgré tout, il a toujours eu un plus gros succès d’estime que commercial. En vrai tout le monde l’écoute en cachette…
Nous en tout cas on l’aime, depuis bientôt 10 ans qu’on se croise !

Du coup ça doit faire plaisir d’avoir collaboré au dernier track et de se faire dédicacer dessus.

Carrément ! Ça faisait aussi partie du deal aussi qu’on lui fasse une BD et que lui fasse les morceaux qui vont avec, qu’il joue le jeu sur la promo alors que c’est plus du tout dans ses priorités. Mais sinon je t’avoue que je suis pas du tout une groupie. Il m’en faut vraiment beaucoup pour aduler un être humain. Mais ça fait plais’ quand même !


Et puis vous êtes aussi aux commandes sur la pochette… La ressemblance avec celle de l’album du même nom de
Motorhead c’était voulu ?

Je vois pas spécialement laquelle c’est, mais c’est vrai que Alk nous avait plus orienté dans une imagerie un peu Rock, un peu Métal. Il nous a envoyé pas mal de modèles d’inspiration dans ce délire. A la base d’ailleurs on lui a proposé deux pochettes : la première tu l’as surement vue passer sur les réseaux, c’était celle avec une photo de sa tête en feu ; et la deuxième c’est celle qu’on a gardé au final. Notre préférence allait plus pour la première, mais il kiffait pas trop la photo, alors on est restés sur le dessin actuel.
Maintenant que il n’y a plus cet horrible graphiste de Néochrome pour s’occuper des pochettes, Atef a insisté pour qu’on la signe !
Revenons un peu sur la BD en elle même. Le premier tome est donc paru en auto-édition et visiblement ça a plutôt bien fonctionné. Vous comptez rester sur cette même formule pour la suite ?

Évidemment. L’auto-édition c’était un choix, on ne veut céder aucun pourcentage à qui que ce soit sur ce projet. On voulait avoir les pleins pouvoirs de décisions sur absolument tout et on est très content du résultat qu’on a eu.
On a eu des propositions de plusieurs géants du crowdfunding, qu’on a toutes déclinées. On voulait porter le projet nous même parce qu’on était assez certains de sa viabilité. On pouvait pas jauger à quelle quantité on allait la débiter, mais on était assez sereins là dessus. La fanbase d’Alkpote est super fidèle, et on se doutait bien qu’il y en aurait plein qui seraient prêts à découvrir l’empereur dans d’incroyables aventures sur papier. On espère quand même que le deuxième tirage continuera à bien s’écouler sur notre site… [NDLR : www.wildsketch.fr] Mais sinon c’était quand même une forte aventure de tout faire sois-même de A à Z. Enfin, maintenant on est dépucelés et ça se passera mieux la prochaine fois.

Avec le recul, il y a des choses que vous auriez faites différemment ?

Bien sûr. Tu sais on a commencé là BD il y a 8 ans, on avait seulement 18 ans ! Alors ouais il y a plein de dessins qu’on aurait aimé refaire, des bouts d’histoire qu’on aurait tourné autrement… On a surtout dû enlever beaucoup de passages de la BD. Genre quand ils sortent du love hôtel, on avait une partie de course poursuite dans un bus avec des zombies et des guest-stars légendaires. Elle était cool, mais bon on a été obligés de faire des choix et  de raboter pas mal pour que tout tienne sur 76 pages. On voulait pas que ça ressemble à une bible.
Enfin, on en fera peut être une quand on aura les 3 tomes…

Est ce que vous avez l’impression que ce petit succès a attiré l’attention sur vous ? Vous avez des propositions
d’autres gars qui par exemple voudraient eux aussi leur BD ou travailler avec vous ?

Ouais beaucoup de gens avaient entendus parler de ce projet dans la Saison 1 des Marches de l’empereur, et son éclosion fut un véritable moment de joie. Tu sais, on ne vit pas du dessin. Le ratio salaire/temps de travail ne vaut rien, surtout quand tu rajoutes le matos et tout le reste. C’est pour ça qu’on sélectionne vraiment les artistes avec qui on collabore. Il y en a qu’on rencontre, qu’on aprécie ou en qui on croit. Mais je suis obligé malgré tout de décliner beaucoup de demandes parce que nous ne sommes pas des infographistes, et beaucoup ne saisissent pas le côté unique de nos visuels.
Il y a Vald qui nous a manifesté son intérêt pour une BD. A la base il m’avait contacté pour Xeu, son dernier album en date. Mais déjà avec Agartha ils ont refait faire mon aquarelle par leur graphiste attiré… Du coup au final sa cover toute blanche m’a très bien satisfait. C’était plutôt facile à trouver. Il m’avait quand même demandé un truc à la base, c’était un portrait en cristal que je lui ai fourni quand même. Finalement ça va être utilisé comme cover pour le fameux leak de NQNT3.

Ça sortira en physique, donc ?

Ouais, mais pas avant l’année prochaine j’crois. Il y a encore du boulot de mix etc. Ce sera utilisé sur le re-upload sur internet, c’est déjà pas mal. Comme il l’a jamais mis sur sa chaîne officielle…
Enfin, ça va faire tout de même plus de 5 ans que nous suivons d’un œil bienveillant le parcours de Valentin, on verra par la suite comment ça évoluera.

30420558_1848755315155680_4799992291633812703_oJ’ai aussi vu la cover de Joe Luccaz X Char que vous avez teasé tout récemment… Il y a toujours du taff du côté du Gouffre ?

C’est simple, tout ce qui sort du Gouffre on est dessus. On est très proches d’eux. Tu sais comme je disais, Wild Sketch on en vit pas du tout, mais on essaye à travers ce nom de faire valoir notre façon de faire artisanale, et surtout de kiffer, de bosser avec des gens qu’on apprécie, c’est qui est le cas des Gouffriers. Si demain Booba m’appelle, il aura rien. Je fournirai que dalle à ce garçon. Tu lui diras.
Sinon là il y a l’album de Char qui arrive, et crois moi personne n’est prêt pour ce qu’il prépare. Normalement ça devrait sortir en fin d’année. Il y a aussi la suite de Nous contre eux qui arrive. Encore une fois, trilogie ! Il veut faire que des featuring inattendus et inédits dans le rap français, comme sur le volume 1, avec plein de combinaisons qu’on avait jamais vu. Par contre quand ça arrivera… On verra.

Vous avez déjà beaucoup parlé de vos influences Rap, mais d’un point de vue strictement BD c’est quoi qui vous a
le plus marqué ?

Franchement, je pourrais te citer plein de trucs. Une grosse influence en BD, ça a été Maëster, lui il était plus dans le dessin de presse [NDLR : principalement pour Fluide Glacial] et le dessin politique, il a notamment créé le personnage de Soeur Marie-Thérèse des Batignolles, la fameuse bonne sœur en rangers. Pour moi c’est un des meilleurs quand il s’agit de caricatures, il est super fort pour saisir l’essence d’un personnage.
A part ça bah j’ai envie de te dire tous les classiques : Morris, Goscinnny & Uderzo, Franquin, Hergé, Edika, Stan Lee
Mais mon influence principale, que je cite à chaque fois, elle vient pas du tout de la BD : c’est Drew Struzan. Sans le savoir, tout le monde le connait : c’est un artiste peintre qui était surtout connu pour ses affiches de films. Tous les Star Wars, E.T. l’extra-terrestre, les Goonies, Retour vers le Futur, Indiana Jones, Blade Runner… Tous ces posters Hollywoodiens de dingue faits à la main, c’est lui ! Il était là avant les ordinateurs. Tous ces trucs que les gens refont mal en numérique maintenant, lui les faisait 20 ans avant à l’aérographe. Il était intransigeant sur ce coté « fait main ».
Ces vieux posters de films, ils ont énormément influencé mon style, et quand j’ai découvert qu’ils étaient tous de lui, je m’en suis vraiment senti très proche : cette exigence, le côté artisanal de ses affiches, le refus de l’ordinateur… C’est exactement ce qu’on cherche à faire à travers Wild Sketch dans le paysage rap francophone.

ooook
Mais pour les Aventures de John Hash en particulier, la plus grosse influence ça a été John dans Terminator. Il a vu le futur, et il essaye de le transmettre à ses contemporains.
Ça aussi ça fait partie du message Wild Sketch : il faut se pencher sur le mystère, sur l’inconnu. Suivre les points d’interrogation… John Connor il a changé le cour de l’histoire pour s’opposer aux robots. Nous on s’oppose aux ordinateurs, et on pense que tu peux changer le cour de l’histoire et des prophéties si tu prends conscience que tu peux aussi être John Hash.
Sinon l’autre énorme influence en ciné ça a été Evil Dead, la première trilogie de Sam Raimi, le patron du film de zombies. Et aussi le reboot qu’il y a eu récemment en série : Ash vs Evil Dead. Le personnage de Ash, c’est John Hash. C’est exactement Alkpote dans la BD. Il est égocentrique, il kiffe les filles, il a pas peur de l’action, il est complètement insensible… Ils sont vraiment très très proches.
Donc ouais, Terminator et Evil Dead ça a été deux sources d’inspiration majeures.
En fait avec le recul, la BD ça a vraiment pas été l’influence principale…

oooooook
On sent aussi l’esprit graffiti qui est vraiment super présent dans la BD et dans vos dessins en général…

Tout a fait. Wild Sketch est vraiment parti de ça : à la base je viens du graff, Zak du dessin. On se complète bien. Quand on a commencé, lui allait m’envoyer un portrait de Mac Tyer, et moi je rajoutais une petite phrase, je faisais un joli lettrage « Le Colonel ». Puis on s’est dis qu’on allait pousser le truc un peu plus loin, plus gros, mais à la base ouais je viens vraiment du graffiti.
Et plus ça va, moins j’en fais. Ça m’a vraiment apprit à posséder la lettre, mais maintenant c’est plus la peinture et le muralisme qui m’intéressent. Et puis bon, passer des nuits blanches sur des voies ferrées j’ai plus le temps…

Et l’animation, c’est un truc qui vous tenterait ? Un dessin animé John Hash ce serait vraiment dingue.

Ça tombe bien que t’en parles, on aimerait bien mettre en route le clip de la chanson John Hash Snow. C’est un chantier qui se compte en mois aussi ça. Surtout vu qu’on utilise pas d’ordinateurs ! Faire des animations à la main comme Walt Disney, c’est un boulot sans fin. On serait contents de tomber sur un gars qui est prêt à faire le chinois derrière l’écran pour tout retranscrire en 3D… En tous cas ouais faire de l’animation avec Alkpote ce serait très très beau, mais trop de travail…
On veut bien superviser.

L’aspect visuel du rap a énormément évolué depuis quelques années. On est passé de délires gangsta super clichés à des trucs vraiment léchés, que ce soit au niveau des clips, des artworks, des pochettes ou de la comm’… L’identité graphique d’un rappeur est devenue vraiment un objet de réflexion primordial. Ça t’évoque quoi tout ça ? Vous vous placez où là dedans avec Wild Sketch ?

On a commencé il y a une dizaine d’années en pleine crise du rap « puces de Clignancourt » avec les T-shirts dégueulasses, les covers Photoshop atroces… Pendant plus de 5 ans on a bouffé des visuels similaires et des portraits sur les pochettes. C’était dur. Mais effectivement il y a un gros mieux ces derniers temps.
De notre côté on s’est battu à fond en allant démarcher des artistes nous même pour montrer notre travail et notre état d »esprit, pour les sensibiliser au fait qu’il fallait allier le visuel à la musique. Parce que c’est aussi un élément important dans un projet ! Et voir que les rappeurs s’impliquent plus maintenant, osent des choses visuellement ça ne peut qu’être bénéfique pour eux. Bon malheureusement il y en a qui font toujours un peu ça
de manière bancale… J’me souviens avoir déjà eu une discussion avec Gims à ce sujet. Maintenant je le vois concrétiser proprement pas mal de ses idées, ça fait plaisir… C’est cool de voir que de manière générale, le vent tourne. On veut du frais, du nouveau !
En espérant qu’à notre niveau on en a inspiré quelques uns pour qu’ils aillent sur des visuels fait main, j’en vois de plus en plus et ça fait grave plaisir. Je crois quand même sentir qu’en 10 piges d’activité on a eu une petite influence sur cette merde. Je le vois quand même, mine de rien on a réussi à faire passer nos concepts dans l’imagerie rap français en insérant des références du cinéma, des dessins animés, et des jeux vidéos… C’est aussi pour ces raisons qu’on a choisi Alk : c’est un concept à lui tout seul. T’en connais beaucoup des gars qui mettraient un masque de Dark Vador ou les griffes de Freddy Kruger pour taper un freestyle ? Il y en a très peu.
Ils sont tous hyper pointilleux sur leur images, mais la vérité c’est que la plupart sont des bacleurs.
Tiens, tu parlais de Joe Lucazz un peu avant. On a essayé de pousser un chouette concept avec son projet Paris Dernière qui sort bientôt. Tout est lié, de la tracklist à l’artwork en passant par les photos du livret… Ça va être un vrai beau projet du début à la fin.
Et il y en a plein d’autres en route que je te laisserais découvrir cette année !

 

On fait un gros gros bisous à Wild Sketch, merci à eux d’avoir rendu cette interview possible.
Les incroyables aventures de John Hash sont toujours disponibles sur leur site internet www.wildsketch.fr

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