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Le bilan du troisième trimestre 2015

Nous voilà en octobre, l’année est dorénavant bien lancée, et comme pour les précédentes on s’attend à bon nombre de gros projets pour cette saison 2015-2016 du rap game. En attendant, il est l’heure pour la rédac’ du Rap en France de faire un retour sur les sorties et événements marquants de ce dernier trimestre, entre juillet et septembre !

Cinq EP qui nous ont marqués

L’EP n’est certes pas le format le plus marquant de l’industrie musicale, et dans le rap comme dans tous les styles de musique il est plus aisé d’être marqué par les albums ; néanmoins, certaine de ces galettes plus courtes  qu’un album s’avèrent parfois convaincantes, parfois merveilleuses, parfois explosives. Ce trimestre ne fait pas exception à  la règle, et cinq de ces extended  play ont particulièrement retenu notre attention dernièrement.

Tout début juillet, sortait l’Ovni, quatrième projet solo de notre cher Paco. Une claque. Relativement attendue, au vu de ses précédents projets, mais le montreuillois nous a tout de même bluffé par sa maîtrise incroyable des mots, et son harmonie frappante avec les prods de celui qu’on nomme Mani Deiz (accompagné par Shaolin et Greenfinch). Pas grand chose à redire sur ce projet, si ce n’est répéter que cet ovni mérite vraiment d’être capturé et balancé pleine puissance dans vos enceintes et vos écouteurs. (Chronique ici)

Quelques jours plus tard, le 12, c’était au tour de Néfaste de sortir son EP Premier Pas ; les plus observateurs d’entre vous l’auront compris, son premier projet, et non des moindres. Pour un début, Néfaste a commencé fort et pose des textes d’une grande qualité sur des prods d’une réussite équivalente : Ben Maker, Itam et Mani Deiz (oui, encore lui…) ont le boomb bap dans le sang autant que Néfaste et ses invités de marque (Tragik du Gouffre, Mélan, Lyo, Lekma de RSKP, Sam’s) savent poser. Une preuve de plus que le rap dans sa forme la plus classique n’est pas mort. Pour ceux qui douteraient du talent du MC, sa poignée de punchlines pour Give Me 5 est une preuve de plus que ces gens là se méprennent. (On vous parle plus d’un extrait de l’EP ici)

A la fin de l’été, pour accompagner nos rentrées et redonner un coup de bonne humeur comme il sait si bien le faire (…!), notre Lucio Bukowski préféré nous offrait un énième EP, L’Homme Alité. Et force était pour nous de constater avec bonheur et presque une forme de lassitude que malgré le fait que la recette servie soit chaque fois la même, on la dévore toujours avec autant de passion. Les six titres de cet EP sont une preuve de plus que l’imagination et le talent du lyonnais ne connaissent ni limite ni essoufflement, et que les proses de Lucio sur les prods d’Oster Lapwass sont une des plus belles choses de paysage rap actuel. Beau, un peu (…!) triste, mais surtout beau. Très beau. (Chronique ici)

Le 18 septembre, sortait un autre projet issu des tréfonds de l’Animalerie, mais cette fois d’une toute autre nature : Pannacotta, le premier projet du groupe Bavoog Avers. Là, il fallait qu’on en parle, non seulement parce que le projet défonce, mais aussi parce qu’il apporte une touche de fraîcheur fort appréciable dans l’étendue du rap game français. Envoûtant et original, et surtout réussi : la magie noire des BVGV ne fait probablement que commencer, et pourtant, pour un coup d’essai…! (Chronique ici)

Et enfin, comment ne pas évoquer l’EP explosif qui a atteint le haut de la pyramide le 25 septembre dernier ? NQNT 2. Le retour, l’explosion démesurée de Vald Sullyvan, un projet affreusement réussi, porté par un Vald insupportablement hautain, supérieur et décalé. Mais sincère, si l’on sait lire entre les lignes qui sont elles-mêmes dissimulées entre d’autres lignes. Ou tout simplement qu’on sait apprécier son groove hors norme, ses textes implacables et son talent incroyable que subliment BBP et Dolor à la prod. Dites bonjour ou pas, on s’en fout, mais allez chopez ce projet, et écoutez-le en le regardant dans les yeux. Si vous ne vous transformez pas en poisson, vous aurez au moins droit à un face à face avec l’un des projets les plus marquants et réussis de cette fin d’année. (Chronique ici)

Trois albums qui nous ont marqués

Si la majorité des albums sortent plus tard dans l’année, dès ce mois-ci en réalité, on a tout de même relevé trois albums qu’on vous conseille vivement d’écouter. Très vivement. En fait, écoutez-les.

Le 14 septembre, nous venait des tréfonds du plat-pays un album nommé A l’heure, qu’on doit à L’Hexaler. Malgré ses quinze années de carrière et ses multiples apparitions (avec son groupe SPK en 2005, une démo solo en 2007, un projet avec la Fine Équipe en 2008, et un prologue en 2009), cet album est le premier du MC de Liège. Sur des prods de Nizil’Hexaler clame haut et fort les raisons pour lesquelles son nom était déjà reconnu et respecté sur la scène rap indé francophone. Largement à la hauteur de nos espérances, le rappeur belge s’est également bien équipé pour sortir cet album, fidèle à l’esprit de solidarité de la scène indépendante. Swift Guad, Paco, Jeff le Nerf, Rockin Squat, l’Indis, Scylla, la Bastard prod, Oncle Tom, Demi Portion, Aketo, Nir.K et Koma de la Scred, ainsi que Dj Aral, Dj Eskondo et enfin Dj Rolex apparaissent sur l’album, lui donnant dès sa sortie des airs de classique réussis. Et pour cause. C’est un classique réussi. Rappelez-vous, l’album contient des tracks de ce niveau…

La semaine d’après, le 22, même rengaine pour un rappeur qu’on connaissait d’Omerta Muzik : un certain Melan, venu de Toulouse. Avec un style toujours aussi corrosif et larmoyant, Melan nous lâche une galette de 20 titres à l’ambiance catalane et triste. Une guitare sèche pour ouvrir le projet, un chant de sa grand-mère espagnole pour le clôturer. Des titres forts comme Princesse ou Le deuil des corbeaux, pour ternir la partition triste à laquelle l’artiste toulousain nous a habitué depuis son premier Vagabond de la rime. Quelques petits rayons de soleil viennent apporter de la luminosité à l’ensemble du tableau, mais l’on retiendra surtout la mélancolie melanienne, sujet qu’il maîtrise parfaitement, entre larmes, trahison et attachement à sa famille et sa terre espagnole. Melan, malgré la récurrence de ses thèmes, reste fidèle à lui-même et se fout bien des conventions. Un album à déguster avec une dose d’amertume et un zeste de chagrin (servir froid, comme la vengeance).

Trois jours plus tard, dans un registre plus léger, bien plus léger, on assistait à l’envolée d’un animal marin, dont le parcours est jalonné d’une tracklist de onze étoiles, toutes plus brillantes les unes que les autres. Sorti de son aquatrip, Hippocampe Fou décollait ce jour là, et nous avec : son deuxième album, Céleste, est brillant de poésie, de rythme, de mélodies, d’images, de voyage. Avec en prime les apparitions de Gaël Faye, Céo et même The Procussions, on suit avec délice les pérégrinations célestes d’Hippocampe Fou aux quatre coins de son imagination débordante et entraînante. Un album à écouter d’urgence ! Une dizaine d’euros pour un ticket à vie qui emmène si loin et si haut, c’est un cadeau des cieux… (chronique ici)

.. et pléthore de sons à ne pas rater !

En vrac, ce trimestre aura également  été riche en sortie de titres de qualités à tout va. On a pu assister aussi bien à des coups d’éclats de jeunes rappeurs en pleine expansion, comme Népal avec ses 66 mesures, nous prouvant une fois encore le talent qui émerge de la 75è session, mais aussi Georgio avec le single Les Anges déchus, les gens déçus, extrait de son album Bleu Noir sorti cette semaine (chronique ici), ou encore l’excellent Croquemort du Jazzy Bazz, annonçant son album solo pour l’automne. Le phénomène PNL, quant à lui, a également sorti J’suis PNL, extrait de son album Le monde chico à paraître à la fin du mois et on a pu assister à la sortie du track Rolling Stone, qui nous a fait découvrir Jorrdee, un jeune rappeur au talent presque indécent dans le cloudrap.

Les grands noms du rap n’ont pas non plus été avare de sorties, et Oxmo Puccino a dévoilé le premier extrait de son album La voix lactée, Une chance. On a également pu assister au retour d’Abd Al Malik, en l’occurrence une collaboration avec Laurent Garnier, nommé Allogène, doublé d’un clip puissant. Un retour pour le moins original et inattendu, qui a légèrement divisé les fans ; mais l’affaire reste à suivre concernant la sortie de son album Scarifications ! Du côté de Montreuil, le Swift Guad nous a gâté d’un clip déclarant son amour à notre capitale, Paris mon amour, précédant la sortie de son album Vice et Vertu vol. 2 (chronique ici)

Quant au boss du rap game, B2o, nous ne parlerons bien sûr pas de Validée pour des raisons évidentes, mais le duc a sorti un track exclusif nommé Attila, comportant cette particularité d’être rappé, de A à Z. Vraiment rappé. Et qui plus est, sans auto-tune. On n’y croyait plus…

Double bonus, juste pour vous :

Il nous était impossible de ne pas terminer ce top sans vous parler de deux autres projets ayant vus le jour dans cette période : tout d’abord la mixtape de DJ Weedim, Boulangerie Française, sortie le 22 juillet, un milk-shake de la scène émergente du rap français et d’autres noms plus connus et reconnus de très bonne qualité, dans laquelle on retrouve aussi bien Vald qu’AlKpote, Joe Lucazz, SPri Noir ou encore A2H, treize tracks qui se dégustent comme des petits pains ; ensuite, une mixtape instrumentale, qu’on doit à Mani Deiz, Too Much Memory II, sortie le 21 septembre, proposant 15 beats d’une qualité Mani Deizienne, donc sans grand chose à redire, à part qu’en plus d’être très bons, ces tracks sont comme à chaque projet du beatmakeur libres d’utilisation ! Une bonne raison de plus d’aller choper le projet !

 

About Hugo Rivière

Entêté monocellulaire impulsif, sentimental, très humain et complètement dingue

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