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[Interview] Diabi Taylorisme : « Je ne sais pas vraiment ce que je suis, je fais juste de la musique. »

Membre de La 75ème Session, le mystérieux collectif tout droit sorti des entrailles de la capitale, et talentueux producteur d’un vingtaine d’années, nous avons rencontré Diabi Taylorisme, aussi bien à l’aise au studio qu’en interview ! A l’occasion de sa collaboration sur Alph Lauren II et de la sortie de sa beat-tape Enter The Dojo Volume 2, nous avons décidé d’en apprendre un peu plus sur sa personne et sa musique.

Depuis combien de temps es-tu dans le beatmaking ?
Ça fait vraiment quatre ans que j’ai commencé !

Et tu n’as jamais tenté le rap ?
Si, j’ai commencé par faire du rap mais le truc c’est que c’était horrible (j’ai sorti 2/3 sons que j’ai très vite supprimés) ! J’ai continué dans mon coin, je demandais des instrus à des beatmaker mais vu que personne ne voulait m’en passer, je me suis mis progressivement à en faire. Et puis finalement, je n’ai gardé que les prods et j’ai balayé le texte. Mon seul texte que tu peux trouver sur le net c’est un 8 mesures sur le projet 2Fingz (La Folie Des Glandeurs) dans le freestyle qui regroupe tout le monde, qui s’appelle La Fête Est Finie ! Je me rappelle que RapGenius avait mis toutes les lyrics du son avec tout les artistes qui y participaient, mais ils n’avaient même pas eu mon blaze, personne ne savait que c’était moi ! Par contre ils avaient annoté mon texte (rires)

Comment tu t’y serais pris dans les années 90, quand Internet était bien moins développé, pour réussir à te faire un nom dans la musique ?
C’est une bête de question ! Déjà je n’estime pas encore m’être fait un nom dans la musique,  j’ai encore beaucoup de chemin à faire. Je crois que ça se serait passé au coup de chance dans les années 90. Pour le coup, avoir internet aujourd’hui, que tu sois beatmaker, rappeur, que tu fasses de la vidéo ou un art en général, tout le monde peut voir ou entendre ton travail ! C’est un super avantage ! Et puis tu peux tout apprendre tout seul aussi. Par contre dans ces années là, je ne sais pas vraiment comment je me serais débrouillé. Déjà j’aurais appris moins vite c’est sûr, puisque là tout est basé sur la consommation, donc tout arrive archi vite et tout est accessible facilement. Presque toutes les semaines un nouveau projet débarque, avec de nouvelles influences etc. J’aurais mis bien plus de temps à me construire une culture et une identité musicale. J’aurais eu beaucoup de mal à contacter des emcees aussi ! Si un rappeur avait une boite mail à l’époque c’était un miracle !(rires). Ou sinon, il aurait fallu directement connaître les mecs. A mon avis, tout ce que je fais aujourd’hui aurait été beaucoup plus compliqué à réaliser dans les 90’s.

Il y en a quand même quelques uns qui ont réussi à se faire connaitre, comme Dj Pone ou Cut killer, mais ils étaient rares.
Ces gars là tu les comptais sur les doigts de la main. Et puis, ils n’avaient pas encore un réel statut de beatmakers, producteurs ! Eux, c’était des Dj’s à la base ! Vraiment des touches-à-tout en terme de sons. Après, il y a eu une légère démocratisation du métier, ce qui a permis à des beatmakers/producteurs de se mettre en avant et de se faire un nom en France.

En ce qui te concerne, c’est donc le rap qui t’as amené à créer tes propres intrus ?
Ouais, je me suis mis à faire mes prods et petit à petit, j’ai pris beaucoup plus de plaisir à faire mes prods, à mixer mes morceaux et à savoir tout ce qui se passait en studio. La première fois que je suis rentré en studio, j’ai passé plus de temps avec l’ingé son que dans la cabine, ça me fascinait nettement plus. Et puis au fur et à mesure, j’ai passé plus de temps à faire des prods qu’à écrire mes textes, et c’est aussi ce qui m’a permis d’élargir ma culture musicale. J’étais vraiment axé rap et je me suis aussi intéressé au jazz, au rock. J’ai commencé à acheter des vinyles, collectionner tout ça… Mais ça a mis du temps en fait !

Dans tes sons on peut aussi voir que tu as une grosse influence américaine côté rap, via tes remix et les samples utilisés notamment.
Oui carrément. En fait j’ai un grand frère qui se bute au rap, et les premiers skeuds que j’ai écouté n’étaient qu’américains, c’est à dire De la soul, Slum Village, Nas, Biggie, Snoop, Dr.Dre, Wu-Tang ! J’ai eu droit à ma période de rap français aussi, avec du Lunatic, Sear lui-même, Oxmo, les compils de première classe, Time Bomb, mais j’étais plus dans le délire cainri, surtout pour la musicalité ! Au niveau de la production, ils avaient une certaine longueur d’avance sur nous. Même si je comprenais pas grand chose en terme de lyrics, ça me parlait (rires).

Depuis le début, tu as donc toujours ( inconsciemment ?) préféré les mélodies aux textes en fin de compte.
C’est ça, mes textes je les faisais seulement parce que je kiffais rapper avec mes potes mais c’est vrai que les intrus m’ont toujours plus parlé, ça me touchait plus. Et encore plus aujourd’hui, pour moi la prod’ fait 50 % du taf et puis c’est la première chose que tu entends au début du morceau aussi, avant même que le rappeur ne se mette à kicker ! En vrai, si  la compo ne plaît pas, on a vite tendance à passer à autre chose, sauf pour les amateurs de textes purs et durs, ou ceux qui aime le slam, ou même la chanson française ! Dans ces deux styles, la musicalité est parfois en arrière par rapport aux textes.

Un peu comme Georges Brassens et sa gratte finalement.
Ouais il n’y avait rien d’extraordinaire en terme de musique chez Brassens, il était juste avec sa petite gratte et ses accords vraiment lambdas, mais grâce aux textes ça t’entraîne, tout à un sens chez Brassens, tout s’imbrique, il te raconte une histoire ! Même la guitare a un rôle en fait, c’était comme un duo ! Mais oui, il y avait quelque chose de différent avec Brassens. Il y en a beaucoup comme ça dans la chanson française, des artistes qui privilégiaient les textes.

Dans le domaine du rap français, Népal est aussi un peu comme ça sur certains sons, notamment sur ses 66 mesures.
Ouais carrément, c’est un son super épuré, je suis d’accord ! Il y en a aussi plein d’autres artiste, comme Le C-sen, tu l’écoutes plus pour les textes et moins pour la prod en fin de compte. J’en ai découvert un récemment aussi, il s’appelle Ashkid! Je suis tombé sur un morceau à lui qui s’appelle Nostalgie ! J’ai trouvé qu’il y avait un truc dans sa manière de rapper. C’était captivant, il mélangeait plein de trucs d’un coup et ça donnait un beau résultat. Mais pour revenir sur Népal, tu as effectivement raison ! Mais il sait faire de tout aussi ! (rires) D’ailleurs il sort bientôt son projet, 444 nuits, et j’ai écouté quelques sons, c’est bouillant, on passe au next level !

Il est également membre de la 75e session ! D’ailleurs j’avais une question à propos de ce collectif, comment tu le vois évoluer ?
Il est en pleine expansion. A la base quand je suis rentré dedans c’était un collectif un peu restreint, un petit groupe avec quelques têtes qui ressortaient genre Georgio, 2fingz, et après, tout le reste c’était des hommes de l’ombre en quelque sorte, clippeurs, rappeurs, tout était assez imbriqué ! Puis on a connu la période de Soleil D’hiver par Georgio, La Folie Des Glandeurs par 2fingz, on était tous à fond sur les projets de chacun, genre il y avait une partie des mecs de la 75sess qui développaient le projet d’Espiiem, et t’avais plein d’autres rappeurs qui gravitaient autour du collectif et qui commençaient à préparer leur projets, comme Sheldon ou Fa2l, Limsa,Sanka un peu après aussi, on a lâché tous les lions ! (rires) Mais ouais il y a une bonne émulsion qui s’est faite, ça touche un public de plus en plus large.

Vous avez pris de l’assurance aussi à travers vos projets.
Oui, on a sorti de plus en plus de morceaux, on a écouté les morceaux et on s’est amélioré puisqu’on corrige en fonction des remarques. Mais ouais c’est chanmé, on agrippe aussi pas mal de monde, des concerts peuvent se faire grâce à ça aussi. C’est une explosion qui nous permet de prendre de l’ampleur, on est moins dans quelques groupes « fermé » mais plus des collectifs ouverts. Il y a juste les clips qu’on a un peu laissé de côté, mais on va se remettre dedans, un peu comme les John Doe, c’est juste une question de temps. Je suis quand même super content de ce qui se passe dans la 75ème session en ce moment, tout le monde se tire vers le haut, c’est de la concurrence positive en quelque sorte ! Forcément, on devient aussi rigoureux, pour satisfaire tout le monde le mieux possible. Et puis on peut maintenant se greffer à d’autres artistes, intervenants, médias, c’est un truc qu’on aurait jamais pu faire il y a quelques temps.

Mais est-ce que Georgio et son succès ne font-il pas un peu d’ombre à la 75ème Session, ou au contraire ça vous apporte encore plus de visibilité ?
Déjà, Georgio s’est détaché de la 75e pour pouvoir gérer au mieux sa carrière solo , parce qu’a un moment c’est compliqué d’être à la fois acteur du collectif et de sa propre carrière. Il n’est plus vraiment dedans, mais il garde des liens avec nous ! Tu vois, à son planète rap pour la promo de Bleu Noir, il n’était qu’avec les gens du Dojo par exemple, Vesti, 1spire, Népal, Sanka, M le Maudit, Sopico, Hash24, donc ça ne fait pas vraiment d’ombre au collectif, il le représente moins qu’auparavant certes, mais dès qu’il peut le mettre en lumière, il le fait !

Donc ça forme une sorte de nébuleuse à partir de plein de petites têtes et « hommes de l’ombre ».
Ouais c’est ça, une nébuleuse qui apporte toujours quelque chose à chacun, et ça a toujours fonctionné comme ça. Sauf qu’à une époque c’était plus restreint, mais aujourd’hui beaucoup de personnes gravitent autour. Ça apporte beaucoup de force et ça nous permet de créer à fond, de ne jamais s’essouffler, l’ordi du dojo est rempli d’EP, ça enregistre tous les jours. C’est de la concurrence positive et de l’entraide !

En parlant de concurrence, Diabi Taylorisme, c’est une référence au capitalisme, toujours produire plus et mieux ?
C’est de la productivité en fait, faire avec peu de moyens et rapidement, et surtout bien. En fait c’était un gars de la 75ème session, Khadaf, qui m’avait attribué ce nom là, parce que je faisais tout rapidement. Je faisais tout d’un coup, je passais des nuits sur mon ordi. Je trouvais que ça allait bien avec mon taff, sans prétention non plus !

C’est comme ça que tu as su te différencier des autres beatmakers ?
Non pas vraiment, il y a quand même un très haut niveau en France ! Des mecs me mettent des gifles tous les jours et sortent bien plus de sons que moi, même si certains sont bien moins médiatisés. Il y a une très grosse concurrence, très rude. Il y a des artistes qui ne se rendent pas compte de leur travail mais ils sont énervés, c’est dingue ! Donc c’est plus grâce à mes contacts que je me suis fait que j’ai su me différencier en quelque sorte. Alpha et Georgio je les connaissais déjà depuis un petit temps par exemple. C’est vrai que c’est triste à dire mais sur Internet il y a plein de talents, qui n’ont pas toujours les contacts nécessaires, c’est compliqué.

De ton point de vue, tu te sens plus musicien ou beatmaker ?
C’est la grande question ! Je ne sais pas vraiment, je dirais peut être un mix des deux, je suis arrivé à un stade où je touche à tout. En fait, pour moi, le beatmaking ça a souvent été affilié rap, tandis que musicien ça touche plein d’autres styles, t’es dans un autre truc, certaines personnes ne considèrent pas les beatmakers comme musiciens. Ce que je fais ressemble plus à un entre-deux, il y a des moment où je sample et ce n’est pas vraiment de la composition, et d’autres où je compose vraiment avec mes doigts et ça en devient. Vu que je touche à tout, je ne sais pas vraiment comment je me définis, je fais juste de la musique, après les gens me mettent l’étiquette qu’ils veulent, et puis tant pis ! Beatmaker, Producteur, Musicien, tapeur de pad je sais pas !(rires) Je ne sais plus vraiment ce que je fais, je me suis détaché du rap, et c’est un peu le principe de l’entonnoir : je prends de tout et je fais de tout. Trap, soul, rock, rn’b, jazz, je ne me fixe plus vraiment de limites sûrement parce que mes influences sont de plus en plus larges, je suis archi curieux aussi, je me bute à dix mille truc et le résultat forme un joyeux bordel, j’aime bien (rires).

Tout à l’heure tu parlais de samples, est-ce que ton environnement t’influence dans tes productions, c’est à dire qu’un son ou bruit entendu quelque part te donnerait envie de le replacer dans une instru par exemple ?
Pas vraiment, en fait le truc c’est que les bruits entendus ça me le fait plus pour des rythmiques, comme quand je prends le métro par exemple, et que j’entends les wagons bouger ça va faire comme une succession de kicks, et je peux les ressortir dans des intrus. Mais sinon c’est surtout au niveau de la musique que je trouve mes samples, tous les jours j’ai mon Youtube d’ouvert, Radio Nova qui est ouvert aussi, je fouille aussi dans mes vinyles, et tous les jours j’écoute des sons, je télécharge énormément d’albums. Je prends tout et n’importe quoi, et je mets tout dans mon iPod. En fait c’est généralement quand je marche dans la rue que j’écoute le plus de trucs, parce que chez moi je fais les sons avec un but précis en tête, et c’est dans la rue que souvent je repère des samples, ou durant mes grandes nuits musicales.

Pour ce qui est des situations, tu as plus un penchant pour l’ambiance confinée du studio ou l’ambiance agitée des concerts ?
Le studio ! Parce que tu vois, tous mes potes me qualifient de mathématicien, pour moi la musique c’est des maths ! (rires) Sur scène, on est vraiment dans l’à-peu-près parce que tu ne dois surtout pas t’arrêter, et forcément ça peut donner un résultat moyen parfois, tandis qu’au stud’, c’est là où je prends tout mon temps pour créer quelque chose, c’est là ou il y à émulsion en fait, et je kiffe à fond, c’est vraiment mon truc. Même si sur scène il se passe quelque chose d’autre, le contact avec le public tout ça, mais je me sens bien plus à l’aise dans un studio.

Si tu es un mathématicien, c’est peut être pour ça que tu t’entends bien avec Alpha Wann ?
Ouais sûrement ! (rires) Ouais lui c’est carrément ça, en terme de structure, de texte, ou même dans la façon dont il élabore un morceau, c’est des maths. Quand je fais un morceau c’est sûrement pareil aussi, donc à ce niveau là on s’est beaucoup rejoint, sur Alph Lauren II notamment.

Et de ton côté, tu as un joyeux bordel à sortir bientôt ?
Ouais, il y a une beat-tape que j’ai sorti là ! Prods de rap avec de la trap, du boom-bap, un peu de tout ! Et à côté je bosse sur un EP depuis un an, j’ai une dizaine de tracks, mais je vais en garder 5-6 je pense. Il est beaucoup plus musical, avec un peu de house, de soul… En fait, j’ai voulu tenter un nouveau délire, histoire de changer de registre. Ce qui m’a beaucoup influencé dans cet EP, c’est la scène. Dans la vie qu’on mène via la scène, ça a un peu changé ma vision de la musique. Ce n’est plus comme quand je venais de connaître Georgio et qu’on faisait des sons avec Sanka, Rooster, on a vraiment une autre vision de la musique depuis les tournées, bien plus large et ouverte tu vois. Faire du son avec Lo’ (Hologram Lo’) m’a aussi bien changé !

En parlant de Lo’, qui est chez Dondada Records, comment as-tu intégré le label ?
En fait, on a enregistré le projet de Georgio , A l’abri dans le studio d’Hologram Lo’, parce qu’ils avaient déjà bossé ensemble sur Soleil d’hiver. Et du coup on passait plein de temps chez lui, on a commencé à bien se connaître, j’écoutais ce qu’il faisait et il écoutait ce que je faisais. De fil en aiguille il a sorti Deeplodocus et il m’a demandé de jeter un œil dessus et j’ai fini par mixer tout le projet. On a passé peut être un mois entier chez lui à bosser à fond. Il avait aussi quelques morceaux d’Alpha enregistrés qu’il m’a demandé de mixer et tout naturellement j’ai fini par rouler avec le label. J’ai été greffé à tous les autres projets, celui de VM the Don, et après on a fait Alph Lauren II, j’ai mixé la moitié du projet et produit un titre.

Tu as aussi produit un son sur la réédition de Feu.
Je m’y suis pris trop tard pour lui donner une instru sur Feu, je lui ai dit que je lui passerai une instru pour la réédition. Je le croisais souvent pendant la conception de son album et il me faisait écouter des tracks donc la connexion s’est faite tranquillement aussi.

Dondada Records, ça t’a offert plus de liberté pour produire, pour élargir encore plus ton travail et le perfectionner ?
Carrément ! Le principal problème à une époque, c’est que je ne faisais que des sons avec Georgio, et le fait de commencer à me rattacher à d’autres artistes ça m’a ouvert une autre voie. Par exemple, produire pour Alpha m’a ouvert d’autres portes et ça m’a apporté quelque chose d’autre musicalement. Il avait tendance à me dire de me lâcher dans mes prods, parce que j’étais un peu restreint.

Donc tu vois ta musique évoluer quotidiennement ?
J’ai vu une évolution de dingue mais pas qu’en bien. Je sors moins de projets et je deviens bien plus exigeant. Mais je suis content parce que j’arrive à mieux structurer mes morceaux exactement comme je les imagine et il y a beaucoup de délires que je fais maintenant que je n’aurais jamais pu faire à l’époque. Par exemple, je n’aurais jamais pu faire la prod de Skyclub de Népal, que j’ai faite quand je bossais sur le projet de VM the Don, parce qu’il m’avait fait écouter des sons qui m’ont ouvert l’esprit je pense. En fait, La 75ème session m’avait fait ça à une époque, me pousser à aller plus loin, et Dondada fait la même chose sur moi aujourd’hui (même si la 75 continue à me le faire), donc je me demande qui sera le prochain à me pousser comme ça… (rires).

 

Il y a 10 ans de ça, est-ce que tu te voyais mener la vie que tu mènes aujourd’hui  ?
Vraiment pas ! Si on m’avait dit que plus tard je ferai des prods, déjà j’aurais ri, même à l’époque du lycée quand je me mettais à rapper ! Pour avoir consommé pas mal de musique, je ne me suis jamais dit que je ferai comme les mecs que j’écoutais à l’époque. A la base, je ne voulais pas être producteur. Sauf que la première fois que je suis rentré en studio, je me suis tout de suite tourné vers l’ingé son comme je te l’ai dit auparavant, mais avant ça j’étais déjà en école de son ! Donc c’est aussi ça qui m’a poussé à produire. Je n’aurais jamais pu croire qu’un jour je serais avec toi en train d’en parler, c’était carrément improbable pour moi ! Et puis maintenant, je me demande chaque jour ce qui va se passer demain. Les tour bus, les Zénith, les studios, tout ça c’est déjà énorme pour moi, donc qu’est ce qui peut se passer de plus ? J’aimerais bien, plus tard, avoir mon propre studio, ce serait dingue, vraiment.

Avoir ta propre radio, là où tu mettrais tes sons favoris ça pourrait t’intéresser aussi ?
Ouais aussi ! Si j’ai assez de sous, j’essaierai même de racheter des radios plutôt populaires (dans le meilleur des cas)  pour faire découvrir aux gens, un peu comme fait la Radio Nova par exemple, ne plus laisser les radios dans cet état d’esprit de crainte d’un audimat faible, ne pas prendre de risque et penser avant tout à la rentabilité plutôt qu’au vrai côté artistique tu vois, c’est ce qui manque sur nos antennes.

 Si vous avez aimé l’interview, n’hésitez pas à la propager sur les réseaux sociaux, et on vous conseille vivement d’écouter les travaux de Diabi Taylorisme, disponible sur son souncloud (voir plus haut) et ici.

About Tim Levaché

Chaque jour mes tympans avalent des kilos de lyrics et de tapes pour le bien de mon cerveau.

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