[Dossier] Le Rap et la Présidentielle 2022 : ces ralliements surprenants

À quelques semaines du vote pour le prochain président des Français, les rappeurs sont de plus en plus impliqués en politique et n’hésitent plus à en parler ouvertement. Après la rumeur de Nekfeu aux meetings de Mélenchon, voici un petit tour des prises de positions des nos stars du rap game…

JuL déclare son admiration pour Jean-Luc Mélenchon : « Ce n’est pas un fatigué, ça fait un an qu’il charbonne la présidentielle ! »

Jean-Luc Mélenchon confirme décidément son ancrage dans la cité phocéenne. Il y a quelques jours, l’élu des Bouches-du-Rhône et candidat à la présidentielle a reçu l’appui de JuL, immense star du rap FR et maire officieux de la ville. Ce dernier a dit voir dans le patron de La France Insoumise une source d’inspiration : « j’aimerais bien avoir la même énergie que lui à 70 ans, pouvoir continuer de sortir trois ou quatre albums chaque année ! ». D’après les déclarations du rappeur, le soutien pourrait même se muer en collaboration : « je suis en contact avec ses équipes pour cette histoire d’hologrammes. Ce serait bien de pouvoir faire six ou sept showcases à la fois dans plusieurs villes différentes, donc on va essayer de discuter autour de ça ».

Gims soutiendra finalement Anne Hidalgo : « Valérie Pécresse me snobe, je suis écœuré de la droite »

C’est un tandem qui semblait pourtant fonctionner. Alliés de circonstances pour les élections régionales, Gims et Valérie Pécresse n’ont cessé de s’éloigner depuis que cette dernière a avoué ne connaître que très peu la musique du rappeur. Ecœuré par cette attitude, l’ancien leader de la Sexion d’assaut a récemment annoncé son soutien à Anne Hidalgo, candidate du Parti Socialiste et actuelle maire de Paris. Parfaitement transparent dans sa démarche, Gims a assumé « faire ce geste électoral pour les subventions », avouant « ne pas trop savoir ce que propose cette personne » (tout comme, à sa décharge, une partie non négligeable de la population). Interrogé (ICI) sur les très faibles scores d’Anne Hidalgo dans les sondages, l’artiste n’a pas hésité à faire le parallèle avec l’industrie musicale : « je pense que certains candidats achètent des votes, tout comme certains rappeurs achètent des streams ! »

47 Ter et Philippe Poutou : « Notre démarche artistique sera désormais décoloniale, antipatriarcale et anticapitaliste »

Quelle aventure et quelle évolution pour le groupe 47 Ter ! Tout a commencé cet été, quand Pierre-Paul, Blaise et Lopes ont emprunté la Mercedes familiale du premier pour aller passer quelques jours dans la villa familiale du second, sur l’île d’Oléron. Après une monumentale erreur du GPS, ils se sont retrouvés bien loin de ladite île : à Blanquefort, dans la banlieue de Bordeaux. C’est là, alors qu’ils s’étaient arrêtés pour demander leur route, qu’ils tombèrent sur Philippe Poutou, venu quant à lui prêter main forte à ses anciens camarades de l’usine Ford sur un piquet de grève. En rade de batterie et visiblement assoiffés, les membres du trio furent conduits par le candidat à la présidentielle au local du NPA le plus proche. On ne saura probablement jamais ce qu’il s’est passé entre ces murs, mais les conséquences en ont été radicales : à la sortie du local, Pierre-Paul, Blaise et Lopes se sont empressés de brûler leur véhicule et de s’enchaîner à l’usine Ford en hurlant aux grévistes de se saisir de l’outil de production. Rapatriés de force à Paris par leur label, les trois amis passent actuellement de squat en squat et multiplient les entretiens avec des médias anarcho-communistes pour évoquer leur nouvelle orientation artistique.

Ichon dégouté : « Sans Taubira dans la course, je n’ai pas envie de voter… »

Ichon appellera-t-il a l’abstention ? C’est en tout cas ce que pourrait laisser croire sa dernière déclaration médiatique. Le rappeur, que l’on sait proche des idées de gauche, ne cache pourtant pas sa tristesse quand au retrait, depuis le 2 mars, de Christiane Taubira de la course à la présidentielle. De fait, n’ayant pas ses 500 parrainages d’élus requis pour être officiellement candidate, l’ex-Garde des Sceaux a dû abandonner la campagne pour la magistrature suprême, et ce malgré le soutien de la Primaire Populaire. Une décision qu’Ichon regrette, bien qu’il la « comprenne ». Mais pour une fois qu’une « meuf un peu différente, un peu décentré par rapport à la politique » se présentait, le rappeur aurait aimé pouvoir la suivre. Reste à savoir donc pour qui le vote d’Ichon se tournera maintenant, lui qui, à ce stade « n’a rien décidé ».

Sadek : « Zemmour n’a pas que des idées débiles ! C’est juste qu’il fait peur »

On connait Sadek pour sa bonne humeur, sa carrière et ses sorties sur « t’as deux bras, deux jambes, bah va braquer ! » De là à la droite et un discours « méritocratique », certains diront qu’il n’y a qu’un pas. Et bien ce pas, Sadek l’a franchi, pour ne pas dire enjambé, voir sauté. Dans une longue interview fleuve (à lire ICI), ce dernier s’est en effet prononcé sur les politiques d’extrême-droite, Marine Le Pen et Zemmour en tête. Sur la première, aucun doute, Sadek la conspue : « c’est une meuf inutile, qui craint et qui fait plus de mal qu’autre chose ». Mais sur Zemmour, son discours change : bien sûr, il lui reconnait des idées dangereuses, nocives. Mais il lui dit avoir des « qualités en tant qu’orateur ». « Zemmour fait peur, mais il est impressionnant aussi. [Il] n’a pas que des idées débiles ! Mais c’est juste qu’il fait peur ». De quoi laisser songeur, quand on connait le programme et les idées du candidat à la présidentielle, notamment sur les thèmes de la sécurité et de l’immigration…

Dosseh feat Freeze Corleone – S/O Jean Lassalle le Lossa

Une nouvelle collaboration et pas des moindres pour le Freeze. En effet, il sera présent sur le prochain album de l’artiste du label SPKTAQLR, dont on attendait le retour depuis longtemps : Dosseh ! Lorsque la tracklist a été dévoilée (par ICI), ce titre a directement retenu notre attention car nous connaissons l’amour que porte le rappeur Orléanais pour ce « candidat du réel » mais nous n’étions pas au courant pour le membre du 667. Serait-ce pour appuyer leurs Street Cred’ ou pour revenir à un Rap plus engagé ? Dans tous les cas, nos deux artistes ne font qu’encenser l’homme politique sur Twitter depuis quelques semaines. Voici leur déclarations : « Tu comprends pas mon dialecte mais j’dis qu’des vérités S/O Jean-Lassalle » ou encore « Vous êtes tous des petits moutons et le grand berger se nomme J.E.A.N-Lassalle ». Que pouvons nous attendre du morceau ? Des punchlines expliquant la campagne du candidat, un story- telling racontant une soirée Strip Club entre les trois individus ou carrément un 16 mesures de Jean-Lassalle ? Veuillez surveiller le ciel !

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