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[Chronique] Le Singe Fume Sa Cigarette – Hologram Lo, Caballero, Lomepal

On conte une histoire touchante, le Belge éclate de rire, pour faire croire qu’il a compris. En général les français rient à cette blague sur les belges de Charles Baudelaire, les belges moins. Cette drôle de vidéo c’est l’interlude du Singe fume sa cigarette. Un genre d’humour franco-belge et c’est comme les poèmes de Baudelaire, c’est à prendre au second degré. Si vous n’êtes pas amateur d’humour ou si vous n’avez pas apprécié celui-ci, le projet dont il est question aujourd’hui compte bien mettre tout le monde d’accord : les français, les belges et même les amateurs de Charles Baudelaire.

Le singe fume sa cigarette est un LP dont le nom est issu d’une fusion à la DBZ du Singe de Rue de Lomepal et du Freestyle de la cigarette fumante de Caballero.  Lomepal, c’est le parisien, on a presque plus besoin de le présenter tant ses récentes apparitions ont fait parler de lui. Pour ceux qui seraient passés à côté du singe, voilà une piqure de rappel : il a d’abord sorti 20 mesures en septembre 2011, un bref EP plutôt soigné, dont 3 instrumentales sur 5 sont signées par le très talentueux DJ Lumi. Puis il collabore avec Walter pour réaliser 22h-06h, un 14 titres très technique rassemblant de nombreux emcees. Il y apparaît à de nombreuses reprises et y fait la rencontre de Caballero. Lui, c’est le bruxellois natif de Barcelone qui squatte depuis peu la scène rap francophone. Membre des Corbeaux, il sort son EP Laisse moi faire en juin 2011. Il participe à 2 freestyles Give me 5 puis apparaît sur 22h-06h. Il concocte ensuite le très bon Freestyle De La Cigarette Fumante et promotionne aujourd’hui son dernier opus sur les désormais incontournables freestyles Grünt.

Et il n’y a pas à dire, le dernier opus est propre. Les deux amigos avaient déjà diffusé l’intégralité de leurs projets gratuitement mais là, c’est le gros lot. Il y a 10 titres, 3 clips, et en prime, un site web au design raffiné. On n’oubliera certainement pas Hologram Lo’ qui distille à nouveau ses productions, à chaque apparition toujours plus surprenantes tant elles sont justes.

Commencer par présenter l’album en commençant par l’intro n’est pas un  subterfuge de chroniqueur visant à présenter linéairement et simplement le projet. Sincèrement, cette surprenante introduction vaut vraiment le détour. L’ambiance concert de hard-rock qui précède les signatures vocales n’est pas des plus attendues pour introduire un album rap mais l’effet qu’elle provoque traduit parfaitement ce que prépare le singe et sa cigarette : secouer le rap dans tous les sens pour lui insuffler une nouvelle intensité. Fini le temps où le rap ne me souhaitait pas la bienvenue, maintenant 20 mesures le singe de rue lui flingue le cul, on sent que les trois compères ont enfin acquis le niveau nécessaire pour défendre fièrement leurs visions du rap. C’est donc avec plein de motivation et d’énergie qu’a été composé Le Singe fume sa cigarette.

Les thèmes sont nombreux et respectés, mention spéciale au couplet très poétique de Lomepal sur  La vague, où le champ lexical de l’eau est utilisé à foison et avec brio. Entre Le Singe fume sa cigarette, freestyle franco-belge et Les Loups, on croirait presque avoir affaire ici à une douteuse animalerie. Pourtant les paroles sont mûres et plus profondes que de nombreux rappeurs 2.0 issus de la génération internet. Avec ce genre d’album, Lomepal et Caballero prennent la direction artistique qu’un public âgé de plus de 16 ans aurait pu attendre d’1995.

Pour ne parler que musique, les productions jazzy sous fond de trompettes de L’Horloge et Sur mes pas sonnent très années 90, l’ambiance est plus posée pour laisser place à des textes plus narratifs. Le reste est très éclectique, on retrouve des influences rock et soul, voire trip-hop dans des titres comme Ma réussite par exemple. Le tout est très harmonieux car chaque instrumentale est de qualité.

Il en est de même pour les textes. Les très nombreuses figures de style présentes dans chaque morceau nous assurent qu’aucun n’a été bâclé. Chaque morceau a son charme et contribue à former un tout cohérent autour de cet album. Mais nous vous laissons le plaisir de vous en rendre compte par vous-même. Jetez une oreille sur ce projet à l’architecture très agréable.

 

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One comment

  1. Excellent l’image d singe qui fume, vraiment bien réussi 🙂

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