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Lecture Aléatoire #9

Nouveau numéro pour notre série de lectures aléatoires que l’on ne présente plus. Vous ne le savez sûrement pas, mais le Tour de France de cyclisme commençait ce 2 juillet. Donc si comme moi, vous n’en avez rien à battre du vélo, venez faire un petit tour de France en musique avec LREF. On passera par Le Havre, Montpellier, Toulouse, Créteil et l’Essonne. Et allez les Bleus.

Médine – Boulevard Vincent Auriol (2005)

Le terrible incendie du Boulevard Vincent Auriol survenu en août 2005 n’aura amené qu’une seule et maigre consolation : un nouveau classique au rap français. Difficile pour moi de résumer ce morceau en quelques lignes, car il fait partie de ceux que j’ai le plus écouté dans ma vie, aux côtés de Demain C’est Loin, Vieux Avant l’Âge et autres incontournables. L’instrumentale n’y est pas pour rien. L’ambiance est sinistre comme l’histoire de cet homme, immigré et père de famille dont la famille entière périt ce jour-là et que Médine a décidé d’incarner le temps d’une chanson. Un rôle tellement pris au sérieux que l’on s’y croirait. L’atmosphère monte au fur et à mesure du morceau, jusqu’à en devenir suffocante. Le récit du brasier est, en véritable contraste, à glacer le sang. Un chef d’œuvre musical qui, en plus de rendre hommage aux familles décédées, fait office de reportage protestataire sur les conditions de vie des immigrés en France.

En panne de cœur, en mal du pays,
Mon fils et ma fille, pleurent leurs amis chaque soir dans leur lit,
Dans quelques mètres carrés fermés de contre-plaqué,
Pour que le froid hivernal se trouve contrecarré.

Vin’s feat Melan – Ça va merci (2014)

Sur son street album Freeson, Vin’s a eu la bonne idée de faire deux collaborations avec son camarade toulousain Melan. La première, Me Parlez Pas, a eu son petit succès grâce au clip dont les vues dépassent les 400 000 vues sur Youtube. La deuxième, Ça Va Merci, forcément moins connue car non clippée, est tout aussi réussie musicalement. Si les deux MCs sont preuve d’une superbe agilité technique sur une prod très entraînante, c’est surtout un petit truc en plus qui les distingue de la masse de talents actuels (Melan en tête)  : des voix criantes de véracité donnant une valeur incontestable à leurs textes.

Y a les amis, les autres et les faux-frères,
Dur d’éclaircir mes doutes, écoute j’garde la tête haute parce qu’il faut l’faire,
On est du style à rester sur nos gardes,
La main sur l’coeur à compter sur nos gars, le passé marqué dans nos regards.

Ness et Cité feat Daddy Lord C – Mais qu’est-ce tu veux petit ? (1999)

Ceux qui suivent nos lectures aléatoires savent qu’on aime bien mettre au moins un petit son old-school par épisode. Pour cette neuvième session, le label Din Records et le collectif de La Boussole sont à l’honneur puisque après Médine, c’est au tour du groupe Ness et Cité de tourner dans nos lecteurs. Un bon titre à l’ancienne en featuring avec Daddy Lord C, qui se démarque par ses off-beat que lui seul savait gérer aussi brillamment à l’époque. Un style sans précédent qui inspira sûrement Dooz Kawa lorsqu’il reprit l’instrumentale de ce morceau pour son titre Do Ré Mi.

C’est plus le festival de Cannes plutôt un festival de canés,
Des gars connus dans leur coin de rue, reflets de ces conneries de cain-ris,
Rien dans l’écrin, pas de tripes, juste des cerveaux cryptés,
Coup de cran d’arrêt dans le grand écran, modifie ton script.

Pejmaxx – Danse avec des Palmes (2012)

Ce morceau, c’est le bal des oppositions. Une mélodie légère et enfantine face à un beat lourd, la poésie de Pejmaxx contre sa voix explosive, et un refrain qui résume les contradictions existantes entre ses objectifs et les moyens mis à sa disposition : « Nage avec des ballerines, danse avec des palmes ». Un morceau fantastique lorsqu’on prend la peine d’en décoder les paroles. Pejmaxx reste selon moi l’un des rappeurs les plus sous-estimé de ce game, mais je ne m’attarderais pas plus sur son cas que j’ai déjà évoqué ici.

J’ai suivi les cours pour pas avoir un cerveau d’tocard,
Ça m’protège pas de la belle étoile et du morceau d’ton-car,
Je te le dis gentiment, j’ai pas besoin de piment dans ma vie,
Tu rachètes pas mon amitié avec des compliments.

Smoker feat Nubi et Endo – Été de Banlieusard (2007)

L’été est là et pour certains c’est synonyme de vacances à la plage, camping ou voyage. Smoker, Nubi et Endo nous racontent le leur, entre routine, manque d’argent, alcool, pétards, drague, frime, barbeuc sur le parking et quelques sorties en boîtes ou à Paris-Plage. Parfois plaintif, leur discours constitue malgré tout un véritable hymne à l’Été de Banlieusard. Les performances de Smoker et de Nubi sont comme à leur habitude tout en style et en technique. Le titre est issu de l’album La Roue Tourne de Smoker qui contient d’autres très bon titre comme Respecte les Tiens, Confession, Les larmes du Ciment ou encore Cash Money avec Pit Baccardi et Al Peco.

Ok les mans, sortez les Ray-Bans, levez les bécanes,
Sortez les pes-sa impeccables à la Beckham,
18 Août on s’prend les couilles au tier-qu’
Sosso est parti au de-blé, nous posés on mate les poules on s’check.

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