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[Live Report] Chroniques de Mars II + Biffmaker Party

 

Chroniques de Mars II – Samedi 30/08

Photo: French Connection/MUCEM
Photo: 2013 Le Bijoutier

 

Commencé plus tôt le samedi, les chroniques s’enchainent sur une nouvelle table ronde, consacrée aux clips musicaux. Cachin est toujours maître du micro et est entouré cette fois de Stéphanie Binet, journaliste, les réals d’Equinox Films et de Red Out Black, l’ancien membre du groupe mythique Uptown Mourad Mahdjoubi, les rappeurs marocains de Shayfeen, MOH et enfin Philippe Subrini. On arrive (en retard) alors que le clip de The Message (Grand Master Flash) est projeté sur l’écran géant.

Immédiatement qualifié de clip de transition entre party rap et conscious rap, on enchaine avec le Planet Rock d’Afrikaa Bambataa. L’image du rap n’est alors qu’embryonnaire et la discussion tourne autour de son évolution. Malgré de nombreux changements, le clip de rap comporte des constantes ayant traversé les âges : le quartier, le crew, le bling-bling et les femmes. Exemple avec Bad Boys de Marseille, version classique et remix récent par la nouvelle génération. Deux styles différents pour deux budgets très différents aussi. Alors que l’image est prépondérante aujourd’hui, les producteurs n’investissent plus dans les clips comme précédemment ; au Maroc, tout est autoproduit, donc la question ne se pose pas.

Poursuite de la réflexion, le clip serait une caution d’authenticité, voire de vérité pour le rappeur, surtout pour une génération qui ne survit quasiment que grâce à ça, du moins en terme de visibilité. Le clip est alors pensé comme un support publicitaire et réalisé en conséquence. Soit. Puis bien sûr, le débat glisse sur ce que l’on voit dans les clips. La violence est présente, puis il faut protéger les enfants. Mais non, c’est de l’entertainment, du second degré puis le public le demande, c’est ce que font les américains… Eternel débat entre vérité et image, paroles et discours, chacun se fera son avis.

Retour aux clips avec l’excellente vidéo de Shayfeen pour le morceau Would Asfi Boss, qui les ont révélés. Le réalisateur de leur clip explique alors la situation marocaine, alors que les jeunes d’aujourd’hui ont digéré les mêmes références que les français. Le débat s’achève sur des extraits de clips marseillais de Ghetto Furtif, RPZ ou encore Sucre Roux.

Petit break musical avec un set de Rebel et Dj Djel, qui offrent un court panorama musical de l’histoire du rap à travers une petite sélection de morceaux. Habituellement mixé en trois heures, les musiciens se contenteront d’une demi-heure ici. Pause le temps d’une cigarette pour enchaîner avec une nouvelle table ronde. Intitulé : la culture Hip-hop, une question de valeurs. Ambiance Zulu et old-timer assumée à fond, avec Jow.L représentant français de la Zulu Nation, Julien Valnet, la rappeuse Veuve Noire, Miguel Nosibor, danseur, Nathalie Barreaux, co-fondatrice de la Maison du Hip-Hop, les MC syriens du groupe Refugees of Rap et enfin Imhotep.

C’est ce dernier qui entame le débat avec un avis sur la perte progressive des valeurs instillées par la culture HH de par sa médiatisation. Justement Jow.L explique l’importance qu’a pu avoir la ZN dans les ghettos américains, son rôle et ses actions en termes d’éducation et d’épanouissement. Le hip-hop était alors vu comme une forme de conscience individuelle et collective. On parle de responsabilité, d’éducation, de culture, de transmission.

Les Syriens de Refugees of rap expliquent leur volonté de syncrétisme entre rap et culture locale, alors que cet art était inconnu là-bas jusqu’en 2007. Ils présentent leur rap comme une continuité d’un art conscient ou engagé, alors que leurs paroles étaient essentiellement descriptives jusqu’au début de la Révolution, par crainte de représailles de la part du régime. Activisme musical donc, même si on oublie de dire que ce n’est pas une caractéristique incombant uniquement au rap.

Les arguments s’échangent mais convergent tous vers la même direction, rendant le tout peu vivant et clairement dirigé idéologiquement. Le point d’orgue est atteint lorsque l’on énonce que la perte de valeurs dans le rap est dû aussi à la perte générale de valeurs de la société. On a fait le tour. La journée s’achève sur une performance des rappeurs syriens, de très bonne facture, aux inspirations orientales et d’une efficacité redoutable.

En conclusion, on reste sur notre faim. Si les performances étaient toutes d’un excellent niveau et ont permis de découvrir de nouvelles choses, de nouvelles sonorités et de nouveaux artistes, on regrettera le manque de substance et le parti-pris idéologique lors des conférences, qui ne font pas honneur à la richesse et la diversité d’un art en constante évolution. On salue tout de même l’initiative et l’on espère voir se multiplier ce genre d’événement, dans des musées ou ailleurs, à Marseille ou ailleurs.

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About Jibé

Amateur de snares qui claquent et de kicks qui portent, j'aime les freestyles à base de kalash et de double-time.

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