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[Live report] OrelSan à la Halle Tony Garnier de Lyon

12h. Facebook m’avertit que l’événement auquel j’étais « intéressé » a lieu ce soir. Je savais les places en fosse depuis longtemps épuisées, mais, curieux, je vérifie la disponibilité des places assises. Surprise : des places en fosse ont été remises en vente ! Stratagème pour éviter la revente de billets ? C’est fort possible, tant les annonces de revente de billets allaient bon train sur l’événement, avec des tarifs à plus 50% supérieurs au prix d’origine. Je prends mon billet pour le soir.

19h. Deux longues files d’attente symétriquement disposées convergent vers les entrées du site de la Halle Tony Garnier. Successivement usine d’armement durant la première guerre, puis marché des bestiaux, et depuis 30 ans salle de concert et d’exposition, la Halle dénote des salles de concert du même acabit type Zénith. A l’intérieur de la salle, l’original toit crénelé impressionne à plusieurs dizaines de mètres au-dessus de nos têtes, et donne l’impression que ce lieu n’est pas vraiment adapté pour les concerts.

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20h. Diamond Deuklo rejoint la scène, moi la file d’attente des vestiaires. Même si le personnage est sympathique, on aurait préféré une « vraie première partie » donnant de l’exposition à un rappeur peu connu du grand public. Sa mission est toutefois remplie : chauffer la salle sans faire d’ombre à son successeur. Je rejoins ensuite le milieu de la fosse, entouré de cette classe moyenne blanche majoritairement lycéenne et étudiante, presque paritaire, à 60% masculine et 40%féminine.

20h45. Le large rideau se lève et dévoile OrelSan posté sur une plateforme suspendu ; le concert débute magistralement avec une interprétation de San moins fatiguée qu’aux Victoires de la musique. Les musiciens se révèlent en fond : Manu Dyens à la batterie, Eddy Purple à la guitare, Skread et Phazz aux machines. Exit la montée progressive de certain concert, la soirée embraye sur le désormais hymne Basique. OrelSan nous propose alors explicitement de revoir les bases et enchaînent avec trois extraits de son premier album : Différent, Jimmy Punchline et Courez courez. Le public, semble-t-il connaisseur, est ravi.

Après cette parenthèse nostalgique, les titres de son dernier album vont s’aligner les uns après les autres. On retient l’excellent enchaînement grime ZoneDans ma ville, on traîne. Les instruments prennent tout leur sens dans ce concert et sont merveilleusement bien dosés. Les prods ne sont pas du tout dénaturées, comme ça peut parfois être le cas avec un rendu trop jazz ou trop rock. Au contraire, elles sont sublimées, décomposées puis recomposées, retravaillées avec justesse, et enfin prolongées. Merci au quatuor.

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Crédits : Photograsmique

Une bonne partie du dernier album jouée, la lumière rougit et OrelSan entame son Suicide social. Malgré les années, le coup reste imparable et le public bouche bée. Une interlude vidéo met ensuite en scène un homme masqué, c’est le retour de RaelSan pour le plus grand plaisir des spectateurs. Enfin, le concert devient complètement intimiste lorsque démarre Notes pour trop tard. L’émotion se fait ressentir parmi la foule. Un (autre) grand moment du concert. On aurait très bien pu s’arrêter là mais le concert se prolonge sur divers rappels suite aux « Aurélien, une chanson ! » scandés ironiquement par la foule. Basique retentit une dernière fois et achève une foule en ébullition.

22h30. Baissée de rideau. OrelSan a totalement réussi un concert professionnel et rondement mené, seulement le troisième de sa tournée 2018. La scénographie était propre et maîtrisée, même si elle manquait quelque peu d’originalité, voire de folie. Le groupe qui l’accompagne était impeccable. La qualité du son a été très bonne, malgré l’acoustique douteuse de la salle. Fidèle à lui-même et généreux, passant d’une émotion à une autre, OrelSan a autant conquis ses spectateurs que ses streameurs.

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