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Médine x Olympia. (+ portfolio en bas d’article)

C’était ce vendredi 13 septembre que Médine investissait l’Olympia. Avant ça, il y avait eu une date prévue en mai dernier, puis annulée. De quoi s’attendre à un show qui se promettait très bien ficelé. Depuis quelques semaines, ses réseaux sociaux l’annonçaient, le rappeur et son équipe étaient à l’entraînement. Puis deux ou trois jours avant, des noms de guests avaient surgi. On parlait parmi tant d’autres de Ladea, Youssoupha et Kery James. Alors oui ce soir là, on s’attendait à ce que l’Arabian Panther fasse ses griffes sur le décor feutré de l’Olympia.

Flynt l’avait annoncé sur les réseaux sociaux : il débuterait son show à 20h. Et à 20h précises, l’enfant du 18ème déboule sur scène et fracasse la première partie. A coups de classiques de son répertoire, il pose les premières briques d’une soirée qui déborde de promesses. C’est forcément sur un goût de trop peu que son set de vingt-cinq minutes se termine après Un Pour La Plume, J’Eclaire Ma Ville, Haut La Main et une Balade Des Indépendants qui rendent très bien en live. Il laisse sa place à Tiers-Monde qui balance une session plus rythmée, dans un autre délire. La salle commence à être bien remplie et à trépigner d’impatience. Après une petite session interactive avec le public sur Salaam, il passe la main à la vedette de la soirée.

Tout n’est pas surprise. Les vidéos notamment de son concert à la Boule Noire en sont la preuve. Mais pourtant tout fait son effet et tout commence par l’entrée de la bête Médine dans l’arène. C’est un poing qui s’ouvre et le rappeur surgit. Magistral, derrière son masque à la Bane. Le pas est lent, et la tension de l’attente fait place à une autre tension. Peut être plus terrible, tant Médine prend la place de celui qui surplombe avec domination la foule. Ambiance imposée par le maître. Il est cette force, toute en puissance. Une carrure lourde qui donne le ton, celui d’un flow haché et sec, où chaque punchline a la résonance des slogans. « Qu’ils ouvrent des écoles ils fermeront des prisons » de Victor Hugo, repris dans Oracle introduit la chose. Pièce par pièce, morceau après morceau, Médine se dévêtit et tombe le masque. Jamais seul, toujours épaulé par ses apôtres: Tiers Monde et Brav‘.

Le concert n’est pas une suite basique et fluide de morceaux piochés dans toute une discographie. Il est tout autre, avec ses grands moments d’intensité et de suspension. Il s’articule autour de tableaux et c’est bien ces points forts – et parfaitement réglés – qui donnent le rythme. Le rap prend son souffle théâtral. Médine interprète, plus qu’il ne rappe, même s’il n’en perd pas son phrasé de carnassier. C’est donc dans la peau de Massoud que Du Panjshir à Harlem prend réellement vie, alors que Tiers Monde a revêtu le costume de Malcolm X. Les deux se répondent et s’alignent dans un jeu de lumières. Des duels de la sorte il y en aura plusieurs, notamment sur le Blockkk Identitaire Youssoupha rentre à son tour dans l’arène. Entre les deux serait-ce une métaphore de la mort ou bien un triple K qui fait le pont ?

Youssoupha ouvre la porte à l’arrivée du rap français, scandé qui rappelle un Kery James qui viendra clôturer le défilé de MCs. Tous viennent poser un texte, alors que c’est un piano qui s’affole sur les platines de Proof. Il y aura Tunisiano, Lino, Sinik, Ladea. Histoire de se dire aussi, que malgré tout, malgré ses rancœurs, le rap français n’en oublie pas son unité.  Plus tard c’est Orelsan qui viendra fermer la porte des guests. Un Courage Fuyons fluide et puissant, paradoxalement enjoué par ses chœurs. Voilà, ce que promettent les dates parisiennes, des noms, des featurings. Le concert de Médine en est sûrement un parfait exemple, de ce qui se fait de la mise en scène et de la set list, digne de la capitale (et pourquoi pas de province d’ailleurs?).

La soirée prend à contre pied la notion de crescendo. L’ouverture est forte et les surprises viendront vite. Le reste de la soirée se décline dans quelque chose de beaucoup plus introspectif. Le fauve se calme et baisse les armes. Biopic et le chant de Kayna Samet donneront les dernières notes de ce show. Une dernière fois Médine se travestit pour Enfant du Destin. Un regard très fin et juste sur la guerre qui enferme la jeunesse israélienne et palestinienne dans une oppression qui n’est peut être pas héréditaire. Les remerciements minimalistes mais honnêtes viendront, de quoi se rendre compte que Médine à l’Olympia, c’est le rap indépendant qui s’impose dans les lieux de la culture. C’est Le Havre qui investit Paname.

 

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