Notre top projets 2020

2020 aura vraiment été une année bizarre et éprouvante pour tout le monde, y compris les artistes. Malgré tout, la qualité des projets que nous avons pu écouter témoigne des talents du rap francophone, toujours présents même en temps de crise. Tout cela ne nous a pas facilité la tâche au moment de sélectionner les meilleurs projets de ces douze derniers mois. Nous nous sommes toutefois mis d’accord sur dix projets, particulièrement touchants. Ne pouvant nous résoudre à laisser de côté certains projets chers à tel ou tel membre de l’équipe, une sélection de coups de cœur complétera, dans un prochain article, ce bilan de 2020.

10- Limsa d’Aulnay – Logique (partie 1 & partie 2)

On perçoit souvent les rappeurs de l’école des freestyles Grünt comme d’excellents techniciens qui stimulent avant tout nos cerveaux, avec des schémas de rimes vertigineux. Limsa d’Aulnay est venu nous rappeler cette année qu’ils savaient aussi stimuler nos glandes lacrymales. Son projet Logique part.1 commence par le morceau 4 décembre, au format largement inspiré de La vie augmente d’Isha, qui inaugure également son premier EP. L’hommage au rappeur belge n’a rien d’un hasard. Difficile de lister tout ce que Limsa a de commun avec Isha. C’est un « vieux rookie », débarqué “pour de vrai” dans le rap tardivement, pour y dévoiler son existence cabossée. Il accumule les EPs courts, les « part. » fragmentées, pour recoller les bouts de cette existence tortueuse.

Limsa sait aussi se mettre à nu sur ses morceaux sans jamais être exhibitionniste. Enfin, la plume de Limsa nous touche par des images simples et sincères dans lesquelles chacun d’entre nous peut se reconnaître. Ses morceaux solitaires, chantonnés, sont en fait une main tendue à l’auditeur. Frère d’arme d’Isha – avec qu’il a déjà un feat – sans être son héritier ou son imitateur, Limsa rappe pour ceux qui se sentent seuls.

Le rap, j’en ai plus rien à faire, ma grand-mère est plus toute jeune / Bientôt, j’aurais plus rien à perdre, quand j’étais bébé avec mon grand-père / C’est la seule qui m’a assumé mais c’est aussi la seule qui a su m’aimer / Donc j’vais continuer d’lui dire qu’c’est la plus belle dame avec des cheveux gris / Tant qu’son âme et ses deux yeux brillent, tu vois c’que j’veux dire”

Focus track:  4 décembre, c’est la date de naissance de Limsa. C’est aussi le premier titre de son premier EP. En nous faisant rentrer dans sa musique, il nous fait rentrer dans sa vie. Durant trois minutes, Limsa nous dévoile son existence, des terrains de foot trop petits aux proches disparus. Comme tout bon morceau introspectif, 4 décembre est assez intimiste pour que l’auditeur ait l’impression de regarder le film de la vie d’un autre, et assez universel pour qu’il puisse y projeter la sienne. B.O d’un confinement mélancolique réussi, le “hier ressemble à demain” de son refrain en est la preuve.

9- Soso Maness – Mistral

Sans avoir jeté une oreille aux projets précédents, à l’évocation du nom de Soso Maness, d’après ce que l’on pouvait lire dans certains papiers ou entendre dans des podcasts, on s’imaginait un énième clone de Jul, le quotidien de dealeur en plus. Le premier extrait de Mistral, le single So Maness, même s’il nous est arrivé de s’enjailler dessus, n’annonçait rien de bon musicalement. 

Et puis l’énorme déferlante d’interviews est arrivée. On s’est pris à alors apprécier le bonhomme, sa maturité, sa simplicité, son honnêteté. Des ingrédients que l’on retrouve dans Mistral : tout au long des 16 morceaux de l’album, on retrouve effectivement ce fameux quotidien du dealeur marseillais lambda, mais du point de vue d’un daron, qui a réussi à s’extirper de tout ça, et le raconte avec un certain recul, sans glorification. Et effectivement, il y a un peu du Jul chez Soso Maness, notamment sa capacité à raconter la vie de tous les jours de façon simple et touchante, mais avec un meilleur sens de la punchline, et plus d’introspection. Résultat, Mistral est un album varié, bien construit, durant lequel on ne s’ennuie pas, et dont il n’y a pratiquement rien à jeter, à commencer par les feats, qui sont tous réussis pour la plupart (mention spéciale pour celui avec Da Uzi). Une très bonne surprise, et un des meilleurs albums de cette année 2020. 

 “J’ai trop vu de larmes le soir à l’hôpital, trop vu de blazes sur les pierres tombales / Cette année le vent va tourner pour mes frères, c’est pour ça que cet album s’appelle Mistral” 

Focus track : Tout pour la FM. Dernier morceau de l’album, sur une instru boom-bap mélancolique, Soso fait le bilan, et se confie comme jamais, notamment sur un de ses frères morts. Il dit surtout aspirer au bonheur, à la positivité, après une vie traversée d’embûches et d’erreurs. C’est tout ce qu’on lui souhaite. 

8- Isha – La Vie Augmente III

Pour comprendre les albums d’Isha, souvent un coup d’œil sur la pochette suffit. LVA1 nous mettait en immersion dans l’intimité du rappeur, entre ses dents du bonheur, par le trou de la serrure.
LVA2 nous plongeait au creux de son âme, explorant les cicatrices, sous sa chair. Sur LVA3, Isha hybride son corps, se métamorphose. Cet album se fait moins introspectif que ses prédécesseurs, à l’exception du conclusif Décorer les murs où la parure du style épique de Sofiane Pamart vient rencontrer la nudité des confessions du rappeur belge. Mais si Isha met à distance cette thérapie, véritable miroir de son ascension fulgurante, c’est pour revêtir de nouvelles carapaces.

Sur Les Magiciens, il se met dans la peau de ses ancêtres, victimes de l’esclavagisme, tandis que sur Coco, il dialogue avec la cocaïne, personnifiée en une travailleuse acharnée de la nuit, aussi dangereuse que familière. Isha dialogue désormais avec le monde plutôt qu’avec ses démons. La trilogie de La vie augmente se conclut ainsi par une ouverture, où le rappeur belge, qui sur LVA2 se sentait « tout petit face à l’infini », ambitionne désormais de caresser cet univers immense, avec l’écriture sensorielle qui le caractérise.

« Fais pas comme nous, nous prends pas pour idoles.
Longue vie à toi, nous, on va mourir jeunes »

Focus track: Les Magiciens est un morceau d’ouverture, de découverte, pour l’auditeur, mais aussi pour Isha. Une ouverture à des sonorités que le rappeur n’a pas l’habitude de fréquenter. Une ouverture à la souffrance de ses ancêtres, et à une thématique historique. Une ouverture à un nouveau type d’écriture pour l’artiste, dont la plume qui s’accroche habituellement avec tendresse au moindre détail, se fait ici plus abstraite, évocatrice, impressionniste, emplie de feu et de sang.

7-  Dinos – Stamina

Dinos propose avec Stamina son album de consécration. Une consécration humaine, pour quelqu’un qui rappe depuis une dizaine d’années et qui parvient enfin à arriver au plus haut niveau.  Une consécration artistique également puisque les 14 titres proposés sont le résultat d’un travail, d’une endurance impressionnante et prouvent au grand public que Dinos n’a plus de leçons à recevoir des plus grands de ce milieu. Il en est devenu un.

14 titres où le thème de l’amour revient beaucoup parmi plusieurs morceaux tels que Je Wanda, Prends Soin de toi, ou encore Diptyque soulignant ainsi une certaine continuité de l’écriture dinosiénne. Mais, il serait réducteur de ne réduire ce projet qu’au sentiment amoureux tant cet album marque également sa libération personnelle, lui permettant de développer sa perception personnelle de la France de 2020 et de son propre vécu à travers elle.

Dinos invite aussi de nombreux guests (surprises) à l’instar de Nekfeu comme marque de son ascension et de son évolution au sein du game. Cela lui permet aussi de jouer au jeu de la référence, aspect important du hip-hop, comme avec Leto sur le son Le nord se souvient , qui fait écho au titre du projet de ce dernier Le Nord. Mélodieux, ce feat met en valeur les similitudes des deux artistes qui s’accordent et se complètent parfaitement, tout en montrant combien leurs parcours furent laborieux, et comment leur trajectoire fut aussi similaire, donnant alors à leur réussite un goût de revanche savoureux, comme on peut le voir avec la punchline

« Avant j’étais en danger, maintenant j’suis l’danger »

Focus track: Dinos impose sa musicalité sur cet album, et pour cela il s’entoure des meilleurs musiciens comme Sofiane Pamart, virtuose français du piano qui vient ici sublimer le morceau 93 mesures en ajoutant de l’émotion au texte.  Ce morceau détonne par la puissance des émotions perceptibles, ainsi que par les constats parfois sombres du rappeur.

6- Damso – QALF

Après deux longues années d’absence, Damso a fait son grand retour avec le tant désiré QALF. Ce comeback est suivi d’une promotion quasi inexistante, hormis quelques affiches dans le métro et des interviews pour Skyrock, Tarmac et Clique. La volonté majeure de Dems est de faire simplement parler la musique sans fioritures, comme le prouve la cover assez simpliste du projet. À savoir: le nom de l’artiste, le nom de l’album et la durée de ce dernier.  Absent des réseaux sociaux et pas captivé par les piques envoyées par son ancien mentor Booba, le rappeur belge veut désormais vivre heureux en exerçant sa passion avec dévotion, sans se pencher sur son passé. 

QALF est une bouffée d’air frais pour le rap français. Le projet est très riche musicalement avec de multiples sonorités. On passe de morceaux très rappés au début de l’album (LIFE LIFE, D’JA ROULE), à des ouvertures musicales et des propositions chantées et peaufinées comme il se doit  (POUR L’ARGENT, SENTIMENTAL, 911). On remarque également une progression certaine dans son chant. Damso a cette faculté à trouver sans cesse de nouvelles mélodies lumineuses, avec un rythme toujours aussi efficace. Les trois featurings avec Lous and The Yakuza, Fally Ipupa et Hamza, apportent une réelle plus-value, qui fait l’une des forces de l’album. QALF a également la particularité d’être difficilement cernable à la première écoute. Damso propose une aventure auditive, qui se doit d’être réécoutée plusieurs fois pour la comprendre entièrement. Il a pris des risques mais comme il l’a clairement exprimé en interview : l’avis des autres n’a que peu d’importance. C’est simplement la musique qu’il aime faire et qu’il fait avant tout pour lui, avant de satisfaire son public. Le rappeur belge nous offre donc une partie de lui que nous ne connaissions pas encore et s’ouvre désormais à de nouveaux horizons pour notre plus grand bonheur. À travers son quatrième projet, Damso semble enfin débarrassé de ses vieux démons.

« Ne joue pas avec mes nerfs et mes sentiments, j’me sens déjà très mal car mon fils me manque »

Focus track : Deux toiles de mer. Très introspectif, ce titre est une réussite du début à la fin, avec un changement d’instrumental audacieux et un vocal poignant de son fils. Damso nous offre tout simplement l’un des meilleurs morceaux de cette année 2020.

5- Deen Burbigo – Cercle vertueux

Pour tout avouer, on était un peu nerveux à l’idée d’écouter Cercle Vertueux : nous avions encore en souvenir la déception que son précédent album nous avait laissé à l’oreille. Non pas que Grand Cru soit un mauvais projet, mais certainement en deçà des attentes des auditeurs de Deen Burbigo, le kickeur charismatique de L’Entourage. Trois ans plus tard, nous voilà en train de lancer son nouveau projet, annoncé par le moyen Tout dedans. Rapidement, c’est la révélation : quelle agréable surprise!
Deen va au-delà de nos attentes, se dévoile honnêtement et prend quelques risques bien maîtrisés.

En totale indépendance sur le label qu’il a monté avec Eff Gee, SABOTEUR Records, le transfuge sudiste du 93 est percutant: Cercle Vertueux est dense, rempli de rimes techniques qui ont fait sa réputation de kickeur, tout en évitant le simple remplissage. C’est un concentré de bon rap, où rien ne semble artificiel ou forcé, tout s’enchaîne avec une certaine cohérence qui tient à un je-ne-sais-quoi, à la personnalité de Deen, tout simplement. Reconnu pour son interprétation nonchalante et sa voix grave, Deen Burbigo tente ici des expérimentations intéressantes et plaisantes sur son timbre de voix, et s’illustre avec des collaborations plus que réussies avec 7 beatmakers; dont les habituels En’zoo, Astronote ou Chileas, ainsi qu’une belle alchimie avec Junior Alaprod sur le titre Cercle Vertueux. Bref, ce projet est une véritable réussite, proposant un équilibre savoureux entre nouveauté et authenticité, fruit du travail d’un artiste mature et lucide.

Premier disque d’or
J’ai pas l’temps d’m’enflammer
J’vaux toujours pas beaucoup plus que le silence

Focus track: On aurait pu vous parler du super feat tant attendu sur Immunité Diplomatique ou de Cercle Vertueux et son clip astucieux, mais nous avons plutôt choisi VROOM! son featuring avec Eff Gee, qui nous a agréablement surpris et que nous avons écouté en boucle avec beaucoup de plaisir.

4- Freeze Corleone – LMF

Près de deux ans après l’excellent Projet Blue Beam, Freeze Corleone a passé un cap avec LMF. 17 titres sombres et maîtrisés, de la déflagration Freeze Raël à la démonstration Chen Laden
Porté par la production stratosphérique de Flem, (Freeze ayant en quelque sorte trouvé son propr Therapy), LMF laisse entrevoir toute la palette du rappeur italo-sénégalais. Chen Zen s’érige en fossoyeur de prods, combinant la puissance de Bowser, la précision d’un Stretch 4 et la technique de Marco Verratti. Son écriture, ciselée et imagée (comme sous LSD), constitue toujours un point fort : Freeze brille autant dans l’égotrip primaire que dans les punchlines occultes. 

Outre la dimension problématique de ses textes, le point faible de l’album réside dans l’apport de certains invités, Despo Rutti et le Roi Heenok en tête, leur prestation donnant au projet une impression de grand n’importe quoi contrastant avec le sérieux du reste de LMF. Si ce premier album apparaît comme l’accomplissement artistique du Prof Chen, on peut se demander s’il parviendra à renouveler sa recette, laquelle, -brute et sans concession-, risque de l’enfermer dans un registre trop étriqué. 

« Chaque couplet c’est de la dynamite,
je gagne 2 à 3 fois plus qu’un jeune cadre dynamique »

Focus Track : Big Pharma. Plutôt que l’évidence Freeze Raël, la 8ème piste de LMF mérite qu’on la retienne. Presque minimaliste, le morceau dégage une atmosphère oppressante digne d’un polar. La voix calme et froide de Corleone sonne presque comme une menace murmurée à l’oreille de l’auditeur tenu en haleine.   

3- Nepal – Adios Bahamas

Après avoir laissé retomber l’émotion, il fallait qu’on vous dise à quel point Adios Bahamas est une vraie pépite, qui a marqué toute notre année 2020. Trop bon pour l’étiquette “album posthume”, ce projet du rappeur masqué est un cocktail qu’on a envie de boire… et reboire, autant seul chez soi à regarder les étoiles, qu’entre deux rires à l’apéro avec les potes. Technicité des rimes, émotions du verbe si bien traduites qu’elles te retournent le cœur, feats réussis ou encore des prods variées qui montrent aussi bien la maîtrise de Népal, que ses prises de risques musicales.

Mélancolie et souffrances sont bien présentes dans ce projet, mais on ressent également un vrai côté solaire lors de l’écoute. Les très réussis titres Sundance, Lemonade, Là-bas, sont beaucoup plus légers et positifs que ce qu’il nous avait proposé jusque là, avec du chant ou des sons qui sentent le soleil et les sourires : Népal était dans une logique d’évolution créative, qui font de ce premier album un projet plus que réussi. Avec Adios Bahamas, Népal/ KLMbeats sort de sa zone de confort tout en restant fidèle à lui même, nous livrant un album complexe mais complet d’un rappeur imparable, rempli de douleur, continuant d’essayer de voir la beauté de ce monde. Merci à lui pour ce bijou qu’il nous laisse en héritage et merci à ses proches de ne pas l’avoir laissé reposer au fond d’un tiroir. 

« Cette ville est sinistre, partout l’ble-dia s’immisce / Faut pas qu’on oublie la magie qu’y’a dans nos iris/ Te laisse pas désarmer, la réalité, tu la crées en partie/ Chaque action : un grain dans l’sablier qui t’est imparti« 


Focus track : On retiendra de Népal le génial morceau Trajectoire, qui forme une synthèse du projet, au texte poignant et qui résonne avec puissance depuis la disparition de l’artiste. En boucle chez nous depuis janvier.

2- JUL – 13 Organisé

Jul avait tout à perdre avec un projet aussi énorme que 13 Organisé. La liste des morceaux et le nombre de participants avaient même inquiété les fans sur les réseaux sociaux, qui craignaient un manque de cohérence et de solidité. Mais comme souvent avec Jul, les difficultés sont balayées d’un revers de main et sa force de travail fait le reste. Résultat : l’un des meilleurs albums de l’année, un héritage de qualité et un lien inédit entre toutes les générations du rap marseillais.

Ce projet commun a su contenter tout le monde, en plus de faire danser toute la France et de former un beau précédent dans la sphère fermée des albums collectifs. Les puristes ont pu apprécier le niveau toujours honorable de leurs anciennes vedettes et les chineurs se sont pris à découvrir de nouvelles voix venues de la cité phocéenne. Le tout est un plaisir pour les oreilles, un buffet où l’on pioche ce que l’on veut pour au final savourer tous les plats. Quel succès pour un artiste qui semble presque faire l’unanimité partout.

La misère ça fait peur comme des mecs qui rentrent chez toi déguisésMaintenant, j’suis parano, même quand je vais pisser« 

Focus track : L’étoile sur le maillot. Il se passe quelque chose d’incroyable sur ce morceau entre 2’03 » et 4’18 », Le Rat Luciano, SCH puis Jul, explosent la production et nous laisse avec un regret ou un espoir : celui de les voir tous les trois sur un album commun.

1- Laylow – Trinity

Sans surprise et comme beaucoup d’auditeurs l’annonçaient sur les réseaux, Trinity est « L’album de l’année ». Pourtant, cette qualification aussi abstraite que fortuite semblait presque démesurée à la sortie du projet : 2020 n’avait que quelques semaines, et donner à cet album la position numéro 1 devant tous les autres projets que le rap francophone allait concocter dans l’année n’avait pas tellement de sens. Et pourtant !

Avec une grande attente autour de la sortie de ce premier album, une direction artistique millimétrée, des featurings fédérateurs et un concert unique sur les planches de l’Olympia : Trinity avait un terrain préparé pour devenir l’un des projet les plus marquant de 2020. Et lorsque vient le moment du bilan, le pari est tenu. Dans ce premier album, il a su présenter à un plus large public la musique qu’il développe depuis de nombreuses années. A travers les collaborations aux côtés de Lomepal et Alpha Wann, il donne une nouvelle visibilité à ses titres sans pour autant surfer sur les codes du morceau commercial. Résultat : sa musique se démocratise, et son identité si spéciale continue de s’affirmer. Pour les auditeurs de rap francophone en 2020, rares sont ceux qui ont échappé à Trinity

Tant dans la forme que le fond, Laylow a travaillé plus d’un an sur un album-concept dont la qualité est plus que frappante : de la construction de l’album à la musicalité pure en passant par l’interprétation de l’artiste : les morceaux dialoguent, se répondent, et narrent une histoire aussi personnelle qu’universelle. Une histoire de passion, de romance, d’adrénaline, de peines et de solitude, qui fait de part son authenticité et sa transparence un vrai bijou musical. 
Trinity, c’est l’histoire d’un premier album, porté par l’expérience et la créativité de ses projets successeurs, et né de l’ambition d’un artiste à la passion aussi grande que sa sensibilité. Pour le « man of the year », 2020 n’est autre que le théâtre d’une explosion à laquelle nous attendions tous d’assister.

« Des fois, j’ai l’impression d’être un logiciel
Programmé pour lui mentir et faire tomber sa ficelle
J’veux bâtir un paradis sûrement bien trop artificiel
Et j’fais la gueule même dans les défilés d’mode »

Focus Track : Dehors dans la night. Non sans rappeler la structure en deux parties de I Don’t : Need U / Know sur son précédent projet, le morceau semble mettre en relation deux facettes de l’artiste. L’une chargée d’une mélancolie nappée par une mélodie lancinante sur la première partie du morceau, l’autre portée par l’énergie que lui confèrent ses émotions. Un dialogue clé de l’album, qui prépare l’auditeur aux nombreuses contradictions qu’il aura à découvrir au fil de l’écoute. 

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